Rapport Politique du Comité de Coordination du Mouvement Étudiant Révolutionnaire

 

 

Ce rapport explicite la compréhension actuelle de l’état de la lutte des classes dans le secteur de l’éducation du Comité de Coordination du Mouvement Étudiant Révolutionnaire. Nous procédons d’abord par un examen de l’état du secteur de l’éducation lui-même, pour ensuite regarder le reflet de celui-ci qu’est le mouvement étudiant. Nous terminons avec une appréciation critique de l’histoire de notre organisation.

 Notre analyse, bien que loin d’être complète, représente les trois ans de travail accumulés à construire le MER et à mener la lutte de classes dans des campus partout au Canada. Elle révèle le savoir que nous avons acquis de par l’enquête sociale lors du processus de tenter de modifier nos conditions d’existence, ainsi que l’expérience, soit d’avoir mené nous-mêmes des mouvements, soit de nous y être impliqué.e.s : TransformUS à l’Université de Saskatchewan, le Printemps Érable, le mouvement du Printemps 2015, les grèves de CUPE 3902/3903, et la campagne pour les AGs à l’Université d’Ottawa. Nous espérons que cette analyse s’avère utile pour toutes et tous les étudiant.e.s révolutionnaires au Canada, et qu’à l’avenir elle serve de guide pour notre travail.

 

A. Le secteur de l’éducation au Canada

 

Un survol

 

A1. Bien que les mesures d’austérité et la progression du Capital ont eu des effets incroyables dans toutes les parties de la société, leurs impacts sur l’éducation sont d’un intérêt particulier − ces derniers définissent en effet les conditions dans lesquelles œuvre le Mouvement Étudiant Révolutionnaire.

A2. Dans l’histoire, les universités se développent d’abord comme des organisations de travail, conçues de manière à protéger les intérêts du milieu académique et étudiant d’une certaine pression sociale plus large qui nuit à l’enquête de principe et à la transmission du savoir. Au fil du temps, les universités deviennent un moyen par lequel certaines classes − quelques-unes dominantes et d’autres subordonnées − produisent et se reproduisent. Sous le capitalisme, l’université est tout d’abord un outil de reproduction de la bourgeoisie ainsi que de ceux mandatés à défendre cette dernière. Ce n’est que dans la période de l’après-guerre que l’éducation supérieure au Canada s’élargit en accueillant une grande portion de la population blanche coloniale, y compris la classe ouvrière, afin de bâtir la masse ouvrière spécialiste nécessaire à une économie industrielle avancée. Au fil des cinquante dernières années, la démocratie interne des universités au Canada s’érode de façon importante, comme conséquence du pouvoir grandissant des gouvernements dans le fonctionnement des institutions. Plus récemment, les universités se retrouvent entièrement arrimées à la logique du Capital, provoquant la priorisation de certains programmes plutôt que d’autres, des partenariats avec le privé, ainsi que l’introduction de mesures bureaucratiques managériales pour gérer les établissements d’enseignement post-secondaire.

 A3. La restructuration de l’éducation supérieure à travers le Canada s’inscrit dans un processus qui a duré plusieurs décennies et qui vise à redéfinir le but de l’éducation. Ce qui est d’abord une institution hautement subventionnée offrant aux étudiant.e.s des compétences professionnelles et une éducation libérale, en devient une qui sert à former pour le marché du travail, à reproduire la culture capitaliste, et à vendre son éducation telle une marchandise qui améliore la position financière future des acheteur-trice-s.

 A4. Cette marchandisation de l’éducation conduit à l’expansion de sa clientèle, accueillant de plus grands éléments du prolétariat et des nations opprimées, surtout à travers 1) une augmentation du crédit qui leur est disponible ainsi que 2) une inflation du besoin de travailleur-se-s scolarisé-e-s dans l’économie. Cela s’accompagne toutefois d’une tendance rapide de hausse des frais de scolarités et d’un entraînement des étudiant-e-s dans une exploitation par l’endettement.

A5. Un changement majeur qui à pris forme pour surmonter le manque de financement causé par l’austérité est l’augmentation du fardeau que les étudiant.e.s assument en s’inscrivant a l’université. La proportion des frais de scolarités qui sont présenter récolter pour les revenues des universités à plus que doubler dans les trois dernières décennies. Au cours des trente dernières années l’on a vu une réduction rapide du au montant de financement que l’éducation post-secondaire reçoit a la fois des gouvernements fédéral et provinciaux. À beaucoup d’endroits au Canada ces institutions pouvaient recevoir près de 80% de leur financement des fonds publics. Maintenant ces institutons recoivent à peu près 55-65%, la plupart provenant de sources provinciales. Ceci à forcer les insitutions à chercher d’autres sources de revenues et de faire des coupures budgétaires pour guarantir la viabilité de leurs programmes.

A6. En ce moment au Canada, les diplomé.e.s universitaires avec des prêts étudiants peuvent s’attendre à partir avec 27 000$ de dette, et la moyenne pour les nouveaux diplomé.e.s est d’environ 15 000$. Cette dette a un inpact accablant sur les choix de vie des diplomé.e.s qui seron forcé.e.s de ce concentrer sur repayer leurs dettes au lieu de poursuivre d’autres buts. Étant donné les opportunités de travail existantes, 1 diplomé.e sur 4 devra prendre un travail de base, qui ne s’applique probablement pas a leurs champ d’étude, simplement pour payer leur dette étudiante. Cela mène presque 15 % des diplomé.e.s a faire défaut sur leurs prêt chaque année, tandis que dans la plupart des cas faire faillite n’affecte pas les dettes avant 7 années après la diplomation. De cette manière, la dette affecte de facon disproportionnée les étudiant.e.s d’origines prolétaires et assure que malgré que l’éducation soit supposément un outil d’égalisation, les étudiant.e.s qui ne sont pas «indépendant.e.s financièrement», seront forcer de prendre un emploi prolétaire. De cette manière l’université est consciemment structurée appliquer et reproduire les divisions de classes dans la société canadienne.

De plus, sur certains campus les frais auxiliaires désavantagent les étudiant.e.s prolétaires en rendant des aspects essentiels de la communauté étudiante optionnels, menant à des choix difficiles pour les étudiant.e.s prolétaires entre essayer de sauver de l’argent et avoir accès à des services comme la défense des locataires ou des services de garde. Cela veut aussi dire que ces services essentiels sont mis sur le dos des étudiant.e.s au lieu d’être adéquatement financés et sans assurer aucune indépendance.

A7. Ceci permet d’expliquer pourquoi les jeunes pauvres et prolétaires sont si peux representé.e.s dans les universités, alors que ces dettes vont affecter disproportionnellement les femmes, autochtones, transgenres et autre personnes opprimées qui ont systématiquement face à des revenues plus bas.

A8. Les programmes de rétention des diplomé.e.s qui on pour but de les garder dans la province ou le pays sont en train d’être coupés ou restructurés pour économiser dans les budgets provinciaux. Ceci augmente le fardeau de l’éducation assumé par les étudiant.e.s et atténu les questions de dettes étudiantes. Tandis que similairement, les bourses offertes par le gouvernement son en train d’être transformées pour réduire les coûts, ou en certaines instances favoriser certains sujets d’éducations ou de recherche d’une manière plus subtile que le financement directe. Comme résultat, les étudiant.e.s sont subventioné.e.s afin qu’ils et elles entrent dans des programmes d’importance pour l’industrie, reproduisant et hégémonisant l’idéologie capitaliste-colonialiste en offrand des avenues d’ascension sociale pour des étudiant.e.s prolétaires et de nation opprimée.

A9. Les mesures d’austérités on exacerbées l’alignement capitaliste des institutions en augmentant la pression pour chercher des méthodes de financement alternatives dans le secteur privé. Bien que les écoles post-secondaire maintiennent traditionellement une structure collégiale, le pouvoir a été largement concentrer dans un segment grandissant bureaucratique d’administrateurs et de conseils des gouverneurs supervisant le tout qui sont prédominament des représentantes des gouvernements locaux et de l’industrie. Leurs Modus Operandi est de fonctionner comme un bras du capital, qui déplace fidèlement le fardeau de l’austérité sur le dos des étudiant.e.s, des enseignant.e.s et du personel.

A10. Ce changement est lié à la transformation de l’économie canadienne qui a vue les emplois de service et de gestion augmenter aux dépends des emplois industriels. Ceci veut dire que des gens son en train d’être éduqué.e.s pour gérer des travailleur-euse-s, aux lieux de monter dans les rangs comme cela se passait traditionellement. Les lieux de travail deviennent de plus en plus bureaucratisés. Ainsi, la bureaucratisation de l’éducation est un mirroir à la bureaucratisation de la majorité des secteurs de la société canadienne et à son tour, l’université change pour offrir les nouveaux outils avec lesquelles la bourgeoisie maintien son contròle sur l’économie canadienne.

A11. Les conditions austères ont permi aux administrations universitaires de rediriger le financement de l’éducation des étudiant.e.s vers la recherche corporative et les infrastructures. Cela dans les faits aide a la stabilisation des profits corporatifs dans une économie en récession en employant des ressources post-secondaire publiques pour subventionner leurs projets et recherches. Notament on a les administrations de Dalhousie, Guelph, et semblerait-il l’Université de la Saskatchewan fabriquer des déficits en se basant sur une distinction rhétorique entre le « financement académique » et le budget total de l’université. Ceci leurs a permis.es de mentir aux étudiant.e.s, membres du personnel et enseignant.e.s pour qu’ils et elles acceptent des coupures hautement réactionaires et « d’urgente nécessitée » qui aident à encore plus enraciner le modèle bureaucratique de direction dans le mode de fonctionement des universités. Presque universellement, ceci a négativement affecté les programmes et espaces qui favorisent la critique sociale et la pensé radicale et sapé la qualité des espaces d’éducations.

A12. Pour surmonter l’insuffisance du financement, les tailles des classes ont énormément augmentées. Cette pratique est destinée à surpasser les limites physiques du campus alors que les cours en ligne deviennent de plus en plus viables, et ils sont conçu pour accomoder un nombre extrêmement large d’étudiant.e.s. Cela distance ceux et celles qui sont inscrit.e.s des professur.e.s et cause des études inadéquatement guidées, car les classes plus larges ont l’effet de dissuader les discussions critiques. Pour les professeur.e.s, avoir à corriger les travaux d’un grand nombre d’étudiant.e.s a exiger des procédures nouvelles d’évaluation, qui s’éloignent de procédures plus nuancées et des manières plus directes de tester l’aptitude et la connaissance, au profit de formes très standardisées et méchaniques, tels que les évalutations standardisées et les quiz en ligne. Cette méthode empêche les étudiant.e.s de démontrer la qualité de leurs connaissances et de leurs aptitudes, et réduit donc l’éducation à un simple jeu. Cela engendre un désengagement vis-à-vis de contenu pertinent, et transforme l’éducation en un processur passif plutôt qu’engagé. Ce processus, dans son ensemble, représente le but ultime de l’éducation ‘commodifier’, dans lequel l’éducation-commodité a su être rationalisée. L’université deviens donc une usine de production d’éducation standardisée, de pauvre qualité; une véritable usine à diplôme.

A13. En dehors des salles de classes, le manque de financement mène à la liquidation d’espaces nécéssaires et pratiques tels que les bibliothàques et les laboratoires, ou de les consacrer à autre chose, au détriment des étudiant.e.s, pour que leurs coûts d’entretien puisse être retournés à l’institution.

A14. Dans l’ensemble des institutions, les fonds accordés aux universitaires pour la recherche en prend un coup car ils nécéssitent de plus en plus de financement externe. Plusieurs sources de financement proviennent du privé, ce qui oblige les professeur(e)s et les étudiant(e)s à favoriser les besoins de l’ndustrie au dépend de travail intéressant et socialement bénéfique. Alors que le financement public pour la recherche indépendante était auparavant accessible, ces sources on changées leurs priorités de manière majeure depuis les 5 dernières années. Le conseil des Sciences Sociales et recherches des Arts et Lettres (SSHRC) et le conseil des Sciences de la Nature et de la Recherche en Ingénierie, deux des plus grandes sources de financement public pour la recherche académique au Canada, ont fait des changements explicites à leur réprésentation et leur mandat pour partiulièrement financer la recherche qui vise à promouvoir les intérêts des entreprises canadiennes. Il est aussi bon de mentionner que les bourses financer par l’État, ainsi que plusieurs des grandes bourses provenant d’organisations caritatives, tentent idéologiquement de guider les boursier-ère-s canadien.ne.s en privilégiant certains domaines d’études. Présentement, les extractions de ressources, les politiques autochtones, et les politiques publiques sont des domaines qui ont l’air d’intéresser la bourgeoisie canadienne.

A15. Le changement institutionel interne de pouvoir s’éloignant des professeur(e)s et membres du personnel en faveur de la bureaucratie administrative a changé l’état de la main d’oeuvre au sein des Universités. Cet état engendre de nouvelles relations avec un fragile personnel enseignant, embauché par session, à la merci de leurs employeurs. Ils et elles ne se voient pas accorder la protection de travail qu’ont les titulaires, sont mal payé.e.s et n’ont pas droit à des termes d’enseignement convenables ou à la sécurité d’emploi. Cela empêche les enseignant.e.s de developper de fortes compétences en enseignement, dû au manque d’exposition au milieu, rend difficile leur implication dans la communauté post-secondaire, diminue leur capacité de faire de la recherche éfficace, tandis que la facilité avec laquelle ils/elles(*) sont embauché.e.s et licencié.e.s signifie que les étudiant.e.s ne reçoivent pas la qualité d’éducation qu’ils auraient obtenu d’enseignant.e.s qui seraient passé.e.s à travers un processus d’embauche plus ardu. Mais encore plus important, leur manque de sécurité de travail fonctionne comme un moyen de discipline du travail intellectuel; un environemment où les universitaires radicaux-ales et franc.he.s peuvent être punis à cause de leur opposition aux politiques ou aux intérêts du capital dans leurs institutions.

A16. Pour diminuer d’avantage les couts de travaux académiques, les demandes croissantes sur le corps enseignant sont souvent atténuées en les remettant à la main d’oeuvre étudiante sous-évaluée. Tandis que plusieurs étudiants de niveau supérieur comptent sur des emplois en tant qu’assistant.e professeur.e.s ou rechercheur-iste-s, ils ne sont pas offert un salaire sur lequel ils et elles peuvent vivre. Ceci en dépit de leur charge de travail en tant qu’étudiant.e, ainsi que les restrictions sur le montant de travail qu’ils sont autorisé.e.s à prendre. Alors que les universités cherchent plus loin chez les étudiant.e.s de premier cycle encore moins valorisé.e.s pour remplir des tâches auparavant laissées aux étudiant.e.s des cycles supérieurs, ce qui en apparence les mets en conflit les un.e.s avec les autres, particulièrement là où les assistant.e.s d’enseignements et de recherches ne sont pas membres des syndicats locaux. Aussi, dans plusieurs cas, les étudiant.e.s internationnaux n’ont pas les documents nécessaire leur permettant de travailler hors campus. Le resultat est que les étudiant.e.s aux cycles supérieurs sont obligé.e.s d’être bien nantis, sois par l’argent qu’ils et elles obtiennent grâce à leur milieu social, ou provenant de bourses, qui sont souvent idéologiquement attribués à certaines études dites ‘respectables’.

A17. Souvent négligés, le personnel non-académique est une des plus grandes cible de coupure au sein de ces institutions, avec des milliers ayant perdu leur travail à cause de mesures destinées à diminuer les frais. Le résultat est un manque de soutien pour les ‘travailleur-euse-s académiques’ et les étudiant.e.s, par les sécrétaires et autres travailleur-euse-s, et le manque d’entretien et de services. Alors que les Syndicats s’atrophient à travers le Canada, ces travailleur-euse-s sont souvent incapables de se défendrent contre ces assauts sur leurs conditions de travail.

A18. Les réductions du financement public ont progressivement motivées l’augmentation de la proportion d’étudiant.e.s internationaux inscrit.e.s aux institutions de niveau Post-Secondaire. Plusieurs institutions créent des politiques présentées comme étant des moyens d’augmenter la diversité culturelle et de forger des relations internationales entre les étudiant.e.s, alors que l’avantage matériel sous-jacent relève du fait que les frais de scolarité de ces élèves ne sont pas assujetis au même règles de subventions et contrôle que pour les étudiant.e.s canadien.ne.s. Donc, les étudiant.e.s internationaux sont utilisé.e.s comme source d’argent et ciblés par des politiques prédatrices, rendu légitime en évoquant une vision xénophobique de l’autres les séparant des résidant.e.s. En se faisant, les restrictions financières imposés sur les étudiant.e.s internationaux à travers les coûts exhorbitants de leurs frais de scolarité limite l’accès à l’éducation canadienne à ceux et celles parmis eux issu.e.s des classes sociales plus élevées.

A19. Dans une autre tentative de récupération des revenus perdus, les institutions Post-Secondaires sont en train d’investir dans le dévelopemment de propriétés immobilières et de résidences. Avec ceci, ils peuvent verser de l’argent envers des projets capitaux qui fournissent des bénéfices tangibles vers l’institution, et exploiter, du moins pour plusieurs universités, leur abondance de terrain. Pour augementer leurs revenus, les institutions ont renverser les politiques de contròle du loyer ou de déflation des prix, ce qui augmente les coûts des étudiant.e.s. Dans certains cas, ces prix ont été élevés au niveau de la valeur de marché, ou même plus, là où les institutions sont capable de capitaliser sur la difficulté qu’ont les étudiant.e.s internationaux de se trouver des résidences.

 

Situation Provinciale

 

A20. Les institutions post-secondaires de la Colombie-Britannique ont fourni un grand effort pour mettre le fardeau des coûts scolaires sur les étudiant.e.s de manière indirecte. En particulier, l’administration de l’Université on augmenté le fardeau financier des étudiant.e.s en augmentant les frais des étudiant.e.s internationaux de 10% et en élevant le coût des contrats de résidences de 20%. Ce changement aux prix de logements a amené le coût d’hébergement universitaire au niveau de la valeur de marché des hébergements de Vancouver, qui a présentement le prix immobilier le plus élevé parmis toutes les grandes villes du Canada. La réponse du mouvement #Iamstudent doit être louée pour avoir pu mobiliser des centaines d’étudiant.e.s autour de la question, hors de leurs associations étudiantes, et pour avoir agi en solidarité avec les étudiant.e.s internationaux, souvent oublié.e.s et divisé.e.s.

A21. Les prairies ont fait face à des hausses modestes des frais de scolarité. Cependant il y a une tentative prédominante visant à restructurer et à prioriser le flux de l’argent vers les investisseurs d’entreprises, en particulier les extracteurs de ressources naturelles. En Saskatchewan, les institutions Post-secondaires ont fait face à de modestes coupures de financement, ayant eu comme résultat des coupures massives et des mesures de restructuration. Le focus de l’administration est le démantèlement des programmations critiques et la restructuration, des mesures qui représentent la nature élitiste de ces administrations. L’université de l’Alberta a vu de fortes réactions de la part du personnel et des étudiant.e.s contre la concentration des pouvoirs institutionels entre les mains des administrateur-trice-s. Les universités du Manitoba ont aussi vu des hausses de frais de scolarité pour les étudiant.e.s internationaux.

A22. Les étudiant.e.s du post-secondaire en Ontario continuent de recevoir des montants de financements publics les plus bas par capita, et de payer les frais de scolarité les plus élevés. À cause de la grande diversité de la province (urbain/rural; nord/sud, etc). Il y a un nombre de défis à surmonter à travers l’ensemble de la province. Cela étant dit, les grandes questions incluent : la hausse des frais de scolarité, la corporatisation de l’éducation, l’élimination de la titularisation, et la restructuraion bureaucratique des institutions administratives.

A23. Le gouvernement du Québec a déposé un budget qui appelle à l’austérité dans l’ensemble des secteurs. Comme résultat, les universités autour de la province font face à des coupures de financement de 20-40 millions de dollars qui seront dirigées vers des coupures plutôt que des hausses de frais de scolarité. Les CEGEPs font face à la menace potentielle de privatisation. Tel qu’il est, les universités sont la cible principale du gouvernement. Et leurs étudiant.e.s sont perçus comme moins sensibles à ce type de menace que les étudiant.e.s de CEGEP. Ceci est fait pour diviser une potentielle coalitio et mitiger l’action entre les étudiant.e.s dans la rue.

A24. La Terre-Neuve et le Labrador ont les frais de scolarité les plus bas du pays, comme résultat de plus d’une décennie et demie de gel des frais de scolarité. La forte sympathie des partis bourgeois pour maintenir ce prix relativement bas est apparemment dû au caractère principalement de classe ouvrière de la province et la nécessité de construire une forte main d’œuvre éduquée pour développer le secteur d’extraction de ressources naissantes. En dépite de cela, des mesures d’austérité ont été dirigées pour privatiser les programmes d’éducation aux adultes et couper du financement pour l’éducation.

A25. Le Nouvelle-Écosse a fait face à des fortes mesures d’austérité qui ont motivé leur plus large université, l’université Dalhousie, à se lancer dans un profond processus de priorisation et restructuration au cours des dernières années. Le gouvernement a récemment dérégulé les plafonds de frais afin que les frais de scolarité puissent se réguler sur le marché et que les étudiant.e.s hors province peuvent être ciblé.e.s pour de plus haut frais. Bien que les cycles primaires et secondaires vont recevoir plus de financement, une grande partie de celui-ci s’appui sur des programmes réformés en faveur des entreprises afin d’employer l’éducation publique comme un outil du capital.

A26. L’Île-deu-Prince Édouard a vu de large assaut envers les professeur.e.s primaires et secondaires avec plus que 100 travailleur-euse-s qui ont perdu leur emploi dans les trois dernières années. Ceci se passe simultanément avec des coupures à l’éducation post-secondaire et des hausses de frais de scolarité. En 2010 l’Université de l’Île-de-Prince Édouard (UPEI) à monté les frais par 3,2%. En 2012 UPEI et Holland College ont vu leur financement être coupés de 3% par le gouvernement provincial. En 2013, UPEI à mise à pied 39 employé.e.s, la majorité d’entre eux étant des membres du syndicat CUPE. Cette année là, les frais de scolarité montèrent de 4%. En 2015, les frais de scolarité d’UPEI ont montées de 3,1%. Nous avons donc vu des hausses régulières de frais de scolarité entre 3% et 4%. Les coupures budgétaires et les hausses de frais ont affectées négativement à la fois les travailleur.se.s et les étudiant.e.s de UPEI. Tout cela coincide avec la construction d’un nouveau bâtiment d’ingénierie de Design durable. Avec les coupures budgétaires et les hausses de frais incessantes, la construction de ce nouveau bâtiment semble difficilement «durable». Il semble que les étudiant.e.s d’UPEI sont simultanément en train de payer pour ce nouveau bâtiment et de souffrir des effets de la diminution des ressources et de la qualité de l’éducation.

A27. Le Nouveau-Brunswick fait couramment face a des intense mesures d’austérité motivé par un déficit maximum qui défi la logique. Ceci aura un impacte stupéfiant sur tous les services publics avec chaque secteur étant informé de la nécessité de couper 10% de leur budget. Ceci va résonner à tous les niveaux d’éducation, notamment, le crédit d’impôt pour rester en province après la graduation post-secondaire sera coupé, augmentant grandement le fardeau de dette d’étudiant(e)s.

 

Écoles Secondaires

 

A28. Les conditions dans les écoles secondaires à travers le Canada continuent de se détériorer à cause de mesures d’austérités, à la fois en raison de consequences sur la qualité de l’éducation et d’un manque d’infrastructures qui dependent de batiments temporaires moins chers et inhabitables. Ceci à amener des enseignant.e.s à sonner l’alarme sur la taille excessive des classes et le manque d’attention pouvant être porter à chaque étudiant.e. La problématique est empirée par le fait que de nombreuses écoles coupent dans les ressources nécessaires pour les étudiant.e.s à besoins particulier et les placent dans les programmes ordinaires, ce qui est à la fois néfaste à leur développement et demande plus d’attention individuelle. Cela résulte en plus de travail pour les enseignant.e.s au detriment de la qualité de l’éducation et de l’attention reçues par chaque étudiant.e. Similairement, couper des programmes est encore une façon par laquelle les écoles et les commissions scolaires sauvent de l’argent. Le résultat est la qualité de l’éducation diminue plus rapidement pour les étudiant.e.s prolétaires, qui non seulement doivent se fier aux institutions publiques, mais n’ont généralement pas de ressources supplémentaires pour bonifier leur éducation.

 A29. À l’extérieur de la classe, les écoles publiques sont forcées de sauver de l’argent en permettant aux salaires des enseignant.e.s de stagner et en «rationalisant» la gouvernance de l’éducation loin des administrations communautaires ou municipales vers des organisations plus larges et moins à l’écoute de la communauté. Similairement à l’éducation post-secondaire, les commissions scolaires sont aussi à la recherche de frais de scolarité non-subventionnés d’étudiant.e.s internationaux pour augmenter leurs revenues. Conséquemment, nous avons vu une réponse large d’enseignant.e.s à travers le Canada faisant la grève pour s’opposer aux mesures d’austérités appliquées à eux et à leurs classes. Il est cependant vrai que les enseignant.e.s, souvent en raison de leur statut largement syndiqué.e.s, font l’expérience de salaires relativement hauts et d’une sécurité à l’intérieur de leurs rangs, les plaçant potentiellement à l’intérieur de l’aristocratie ouvrière. Cela veut dire que leur lutte pour leurs intérêts dans lesquelles ils et elles s’engagent pourraient potentiellement s’opposer aux intérêts des étudiant.e.s prolétaires à qui ils et elles enseignent et qu’elles et ils ne sont pas nécessairement soumis.e.s aux conditions matérielles incitant des tendances révolutionnaires.

A30. Au-delà de la degradation du financement des écoles secondaires, l’éducation primaire et secondaire continue de servir d’outil de discipline idéologique. Elle fait cela pour socialiser les enfants et les jeunes à se subordonner à l’autorité, à avoir des habitudes de travail extérieurement disciplines et à cadrer dans une discipline systémique ou industrielle. Le but premier n’est pas l’éducation, mais le contrôle social et la gestion du comportement, souvent pour pouvoir devenir travailleur.s.e

A31. Alternativement, ces moyens de contrôle social forgent une autre route pour les gens démonisé.e.s comme problématiques dans la société, créant une tendance générale pour les étudiant.e.s négligé.e.s, en difficulté ou à problème d’être sur une trajectoire vers la prison. Ce processus affecte dans une écrasante majorité les étudiant.e.s prolétaires, étant identifié.e.s rapidement comme étant supposément non-intelligent.e, des «étudiant.e.s à problème», qui ont besoin de classes plus faciles et acheminé.e.s vers une éducation appliquée ou vocationnelle. Souvent ces étudiant.e.s répondent à la qualité en degradation de l’éducation, à la dépendance sur des formes systématiques et non-créatives d’éducation et d’évaluation et sont habituellement les étudiant.e.s qui ont le plus besoin d’aide pour surmonter ces barrières désignées comme problèmes. Avec une éducation structurée pour reproduire une classe ouvrière loyale, il n’est pas surprenant que les taux de décrochage à tous les niveaux soient plus élevés pour les étudiant.e.s prolétaires.

A32. Il y a une tendance dramatique et de plus en plus troublante d’écoles répondant aux problèmes de «jeunes difficiles» avec des interventions policières menant à la criminalisation de la jeunesse. Certaines écoles ont commencé à utiliser la présence de la police comme dissuasion et non pour des mesures éducationnelles ou transformatives. Cela implique directement les étudiant.e.s dans le système criminel et les place dans des institutions encore plus marginalisées. Pour de nombreux.ses étudiant.e.s pris.es dans la navette école-prison, l’école devient un outil de répression étatique en soi.

A33. La détermination de qui est un.e étudiant.e à problème se fait en grande majorité sur des bases racisées, où les préjugés et les differences culturelles sont des motivations pour punir et voir comme «autre» les étudiant.e.s. Ces préjugés vont à la fois favoriser l’internalisation d’une position d’antagonisme chez les autochtones et autres jeunes racisé.e.s et enseigner aux autres étudiant.e.s à les voir comme des problèmes. Cette dynamique raciale aide à expliquer pourquoi près de 17% de la population carcérale canadienne est autochtone alors que ceux(celles)-ci sont environ 4% de la population du pays et pourquoi un jeune homme autochtone au Canada à plus de chance d’aller en prison que de finir son secondaire. Les écoles, à tous les niveaux, deviennent des méchanismes de maintien de la suprématie blanche et de renforcement du capitalisme. Sous le capitalisme, l’éducation n’est pas et ne peut pas être libératrice.

A34. Cette racialisation du prolétariat dans les écoles est étendue aux immigrant.e.s étudiant.e.s au Canada, où les étudiant.e.s sans-papiers se voient nier l’accès aux institutions d’éducation. Malgré la Loi sur l’Éducation donnant le droit à l’éducation aux moins de 18 ans peu importe leur «statut d’immigration» ou celui de leurs parents, ce privilège est souvent nié aux jeunes sans-papiers. En ce moment, il y a encore de la discrimination dans les écoles, la peur d’être déporté.e pour les étudiant.e.s migrant.e.s, qui culminent avec les parents d’étudiant.e.s et leurs propres futurs potentiels au Canada étant determinés par des conditions d’exploitation au travail sans accès aux services essentiels. Cela alors que les étudiant.e.s non-documenté.e.s au secondaire sont toujours sujet.te.s à des arrestation par les autorités dounières dans leurs écoles. Notons le cas à Toronto en 2006 de deux jeunes de 14 et 15 ans et de la même famille qui furent arrêté.e.s alors qu’ils étaient à l’école et emmené.e.s dans un centre de detention pour déportation, démontrant une autre forme de présence policière dans les écoles.

Il est important de noter que la surveillance et l’application étatique du «statut d’immigration» est, en dernière instance, un moyen de gérer une armée de réserve du travail extrêmement exploitable qui peut être déportée à n’importe quelle moment jugé opportun par la classe dirigeante. Définir les conditions de membership comme il plait aux capitalistes est aussi un moyen de gérer charactère aristocratique ouvrier de la classe ouvrière «citoyenne» en opposition au prolétariat racisé non-citoyen du Sud. Ainsi, nié l’éducation aux étudiant.e.s sans-papiers est un moyen de maintenir bas le cout de leur force de travail en gardant les communautés sans-papiers non-éduquées et non-spécialisées tout en leur niant l’accès aux services étatiques.

 

Éducation des Premières Nations

 

A35. L’éducation chez les Premières Nations et les peuples Inuits et Métis à l’intérieur du Canada souffre de négligenge systémique qui désavantage les jeunes autochtones dès le début de leur éducation publique. Puisque les écoles primaires et secondaires sur réserve sont financées par le le gouvernement fédéral et non par les gouvernements provinciaux qui financent les écoles hors-réserves, il y a une différence entre les ressources reçues par les écoles sur et hors-réserves. Cela fait en sorte que les étudiant.e.s sur réserve reçoivent, en moyenne à travers le Canada, 2000$ de moins que les étudiant.e.s hors-réserves. Ce manque de financement est davantage aggravé par la détérioration relative du pouvoir d’achat des communautés rurales par rapport aux municipalités développées quand cela concerne l’achat de ressources d’éducation. Ceci affecte négativement la performance des étudiant.e.s des Premières Nations, qui ont environ 20% plus de chances de ne pas atteindre les standarts provinciaux d’éducation que les étudiant.e.s non-autochtones. Ainsi, près de la moitié des jeunes autochtones du Canada qui vivent sur une réserve reçoivent une éducation inadequate, laissant plus de 60% d’entre eux et elles sans équivalent de diplome d’études secondaires – plus de 4 fois la moyenne nationale. Cela rend de nombreux.ses jeunes des Premières Nations moins employables et moins susceptible d’accéder à une éducation post-secondaire ou d’y réussir. Les étudiant.e.s Métis ou Inuit ont tendance à mieux performer que les étudiant.e.s des Premières Nations, quoi que toujours bien moins bien que les étudiant.e.s colons.

A36. Au Canada, les Inuit se font offrir du support pour l’éducation post-secondaire alors que les membres des Premières Nations sont supposés se faire offrir l’accès à l’éducation post-secondaire en tant que droit de traité, qui est géré par le Département des Affaires Autochtones et du Développement Nordique. Toutefois, cela laisse les plus de 45% des personnes s’identifiant autochtones sans-statut inélégible pour l’éducation post-secondaire. De plus, avec plus de 26 000 personnes par année appliquant à ce Programme de Soutient aux Étudiant.e.s Post-Secondaire, le Canada rejette plus de 5000 personnes du à un manqué de fonds. Souvent cela mène à prioritiser les demandes de financement d’étudiant.e.s autochtones pour des programmes moins dispendieux. Cela peut mener à une sur-abondance d’étudiant.e.s autochtones entrant dans des programmes avec des perspectives économiques pauvres et empêche le développement de l’exceptionnalisme académique autochtone.

A37. La nature corporative des universités causent fait en sorte qu’un grand nombre d’entre elles ont une relation rapprochée avec ,ou même des investissement dans, compagnies d’extractions de ressources naturelles. Au Canada, la bourgeoisie est dominée par les colons blancs. Les universités produisent aussi les basses classes privilégiées, comme les petit-bourgeois et la bourgeoisie comprador. L’éducation universitaire et les connections forgées par ces classes à l’école assurent leur placement par la Couronne comme gestionnaire de grands pans de terres volés, PDG de sociétés d’états et la majorité des postes dirigeants dans le capitalisme colonial et suprémaciste blanc canadien. Ainsi, les institutions d’éducation post-secondaire ont favorisé et continue de favoriser le développement du colonialism au Canada. Cela les place en contradiction avec la liberation des peuples autochtones du Canada. Malgré cela, beaucoup d’institutions d’éducation endossent une augmentation de l’enrolement autochtone comme un moyen de développer une armée de réserve du travail ainsi que les éléments comprador autochtones qui facilitent l’extraction de ressources. Souvent ils recrutent de jeunes autochtones pour travailler pour des compagnies attaquant directement les communautés autochtones. Dans beaucoup d’établissements, ces compagnies vont même être nôtifiées par l’école des étudiant.e.s avec des nôtes basses ou en chute qui pourront être cibler pour l’emploi sur les réserves si ils sont incapables de réussir à l’école.

A38. Au dela de ces désavantages matériels, les peuples autochtones continuent d’avoir à surmonter des préjugés qui les infantilisent comme dépendants et minent leur valeur sociale, ce qui à l’effet de rendre plus difficile pour eux de percer socialement dans les établissements d’éducation traditionnellement blancs. Un des premiers facteurs dans la reproduction de ces préjugés est le manque de contenu autochtone dans l’éducation canadienne et la propagation continuelle de l’ignorance envers le colonialisme canadien.

A39. En raison de ces barrières à l’acceptation des personnes autochtones dans les établissements post-secondaires, il y a eu une monté d’approches pédagogiques autochtones implantées dans ces institutions qui mettent l’emphase sur l’engagement communautaire dans les centres urbains autochtones et dans les communautés rurales où l’éducation est basée sur des pratiques liées à la terre. Ces programmes réussissent en résistant la logique coloniale d’inclusion dans une académie occidentale qui n’a évidemment aucun intérêt à mettre à l’avant-plan les methodologies autochtones, sans parler des épistémologies, tout en remédiant à la séparation des étudiant.e.s de leur territoires traditionnels ou à la nécessité de naviguer l’inclusion dans des institutions capitalistes-coloniales européennes situées sur des terres autochtones non cédées.

 

Conclusion

 

A40. Alors que les établissements d’enseignement post-secondaire redeviennent des institutions visant principalement la classe dirigeante et les autres classes privilégiées, les étudiant.e.s prolétaires résistent à ces changements. Ainsi, ces établissements deviennent des sites de lutte de classe. Un des aspects de cette lutte de classe est le combat pour être capable de produire des connaissances subversives dans une perspective prolétarienne, qui sont utiles au mouvement révolutionnaire. Tandis que les universités deviennent de plus en plus bureaucratisées par des gestions administratives non-démocratiques, les étudiant.e.s révolutionnaires doivent s’organiser contre ces structures avec des appels à une plus grande démocratie. Alors que les établissements post-secondaire continuent de devenir des centres de développement capitalistes en recherche, nous devons nous organiser contre l’usage restreint de ressources universitaires pour le capital. Puisque les étudiant.e.s prolétaires sont peu représentées dans les établissements d’enseignement post-secondaire, nous devons aussi nous organiser pour enlever les barrières à l’accès à l’éducation pour les étudiant.e.s prolétaires. Bref, pendant que nous nous battons pour une série de réformes dans le context actuel de l’éducation au Canada, nous devons détruire le système d’éducation bourgeois pour que l’éducation devienne libératrice pour tous. Et parce que l’éducation est un moyen de produire la classe ouvrière, elle est aussi un endroit où nous pouvons intervenir et pertuber cette production pour créer les futur.e.s révolutionnaires anti-capitalistes qui renverseront ce système pourri une fois pour toute. Afin de s’engager dans une pratique révolutionnaire adequate, nous devons avoir une bonne compréhension des contours du mouvement étu

 

B. Le mouvement étudiant

 

Le mouvement étudiant au Québec

 

B1. Le mouvement étudiant actuel au Québec est né dans les années 1960. Il est un produit de cette époque de luttes ouvrières et syndicales, d’adaptation du système d’éducation aux nouveaux besoins du système capitaliste, et de l’entrée de petitEs-bourgeoisEs et de prolétaires dans les Cegeps et les universités. Les étudiantEs du Québec ont décidé de baser leur mode d’organisation sur le modèle syndical (assemblées générales, délégations, comités exécutifs) et son idéologie (syndicalisme de combat), et d’adopter les mêmes formes de lutte : manifestations, occupations, grèves.

B2. Le mouvement étudiant québécois a représenté un pôle de politisation pour de nombreusEs militantEs en lançant ses critiques à l’intérieur d’un large spectre d’enjeux, tels que la guerre du Vietnam, la libéralisation des marchés, la répression policière, et le sexisme. Cependant, c’est autour de questions liées à l’accessibilité financière à l’éducation post-secondaire – droits de scolarité et aide financière – que le mouvement a organisé de réelles luttes de masse. De 1968 à 2015, pas moins de 8 grèves générales ont été déclenchées sur l’un ou l’autre de ces thèmes, la majorité d’entre elles ayant été couronnées de succès. Ces grands moments de lutte ont toujours été organisées par une organisation nationale qui fédérait des associations locales : l’UGEQ dans les années 1960, l’ANEEQ de la moitié des années 1970 aux années 1990, le MDE dans les années 1990, et l’ASSÉ des années 2000 à aujourd’hui.

B3. Bien que le mouvement étudiant de type syndical au Québec ait toujours eu une tradition militante, qui fut parfois très combative, et bien que certains courants d’extrême-gauche (marxisme-léninisme, trotskisme, anarchisme et Marxisme-Léninisme-Maoisme) y ait joué un rôle plus ou moins important selon l’époque, ses demandes ont toujours été articulées de façon à s’inscrire dans la société capitaliste, et l’idéologie politique mise de l’avant concorda la plupart du temps avec la social-démocratie. Ce n’est pas surprenant considérant que la jeunesse bourgeoise et petite-bourgeoise a toujours constitué la majorité de sa base sociale, particulièrement dans les universités.

B4. La grève étudiante de 2012 au Québec fut une mobilisation massive qui émergea après que le gouvernement provincial eut annoncé une augmentation annuelle des droits de scolarité de 1625$ sur cinq ans. Cette mobilisation fut une des plus grandes, sinon la plus grande, mobilisation jamais survenue au Canada. Cette campagne fut mise de l’avant par la CLASSE, la FECQ, et la FEUQ.

B5. La CLASSE (coalition large de l’association pour une solidarité syndicale étudiante) était une coalition dirigée par l’ASSÉ, qui est le cœur du mouvement étudiant, et qui milite essentiellement pour une plus grande accessibilité à l’éducation (l’une de leurs revendications est la gratuité scolaire à tous les niveaux). Ils basent leurs principes sur le syndicalisme de combat, et la démocratie étudiante directe dans les associations. L’instance suprême de l’ASSÉ est leur congrès. En 2012, la base militante de l’ASSÉ était plus ou moins composée d’anarchistes et de sociaux-démocrates «radicaux» (ceux-ci étant proches de Québec Solidaire).

B6. La FECQ et la FEUQ sont principalement des groupes lobbyistes représentant respectivement les CEGEP et les associations étudiantes universitaires. Ce sont des organisations bureaucratiques qui opèrent selon le principe de la démocratie représentative. Elles sont aussi reconnues pour se présenter comme étant des organisations plus «pragmatiques»; elles sont les plus enclines à diluer le messsage des masses. Elles sont aussi bien connues pour être les écoles politiques du Parti Québécois.

B7. La grève de 2012 fut principalement menée par la CLASSE, qui avait le leadership en terme d’actions et d’idées. La FECQ et la FEUQ n’ont pas cherché à empêcher les les actions autant qu’on aurait pu s’y attendre (étant donné leur trahison lors de la grève de 2005), mais ont principalement essayé de bénéficier du mouvement. La CLASSE avait l’initiative et fut en mesure de canaliser pleinement la colère des étudiantEs. Cependant, la FECQ et la FEUQ regroupaient le plus de grévistes en terme de membership, bien que certaines associations liées à la FECQ et à la FEUQ avaient un membership double avec la CLASSE pour la durée de la grève.

B8. Le gouvernement du Québec essaya de mettre un terme à la grève en menaçant d’annuler la session. Cet argument ne convainc pas les grèvistes. Au contraire, l’arrogance du gouvernement et le succès de la représentation médiatique du leadership de la CLASSE amena plus de gens dans la rue. Des négociations furent tenues entre la CLASSE, la FECQ, la FEUQ et le gouvernement. Au début le gouvernement ne voulut pas laisser la CLASSE négocier, mais la FECQ et la FEUQ refusèrent de participer à des négociations sans leur allié le plus fort du moment. Quand les négociations échouèrent, le mouvement de la rue était plus fort que jamais. Des perturbations économiques furent exécutées avec succès et le gouvernement commença à être inquiet.

B9. Nous devons souligner que les grandes centrales syndicales (CSN et FTQ) ont fait campagne contre la grève étudiante en donnant l’ordre aux couches inférieures de la bureaucratie de ne pas encourager la grève. Ce fait sera essentiel pour bien comprendre le mouvement Printemps 2015.

B10. Le parti libéral du Québec mis en place une loi spéciale (loi 78) mettant les étudiantEs en lock-out pour trois mois, faisant en sorte de tenir les associations étudiantes responsables jusqu’à preuve du contraire si un blocage d’école avait lieu, et stipulant que toute marche de 10 personnes et plus devait être déclarée à la police. Des manifestations massives eurent lieu en soutien aux étudiantEs contre les mesures répressives de l’État.

B11. Cependant ce mouvement, étant principalement spontané, manquait de direction. Pour tuer le mouvement, le gouvernement déclencha des élections, lors desquelles le PQ fut élu avec une faible avance, signe d’un mécontentement envers l’arrogance du gouvernement précédent. Bien que la loi spéciale fut abolie et que la hausse des frais de scolarité fut réduite à une indexation, et alors qu’une large proportion d’étudiantEs considérèrent que la grève était gagnée, les éléments les plus radicaux considérèrent la situation comme une mi-défaite mais étaient trop épuisés pour continuer la grève.

Cependant, quelque chose fut changé pour toujours après la grève. Beaucoup d’étudiantEs furent radicaliséEs et misEs en contact avec des théories politiques radicales, principalement grâce à la section anarchiste de la CLASSE. Des centaines de millier de personnes, principalement des gens ordinaires, ont consciemment défié la loi 78 et crièrent ouvertement qu’ils allaient enfreindre la loi (la loi spéciale, on s’en calisse).

B12. On pensait que les militantEs pourraient regagner des forces après des vacances bien méritées (et le temps pour se rattraper dans leurs études!), et que bien vite, une nouvelle offensive serait lancée par l’ASSÉ (la CLASSE s’est dissoute après la grève). Pourtant, les choses se passèrent différemment. Québec Solidaire avait consolidé sa base depuis 2011, et la faction QS de l’ASSÉ était plus décomplexée qu’avant. Le leadership politique et idéologique devint de plus en plus social-démocrate. Il y a deux ans, l’ASSÉ avait adopté le mandat de préparer une campagne pour préparer la grève Printemps 2015. La faction QS, qui constituait la majorité du congrès de l’ASSÉ, fit de l’obstruction. La politique de lutte de classes fut abandonnée contre un réformisme à peine plus combatif que celui de la FECQ et de la FEUQ, basé sur une collaboration de classes et un combat pour l’éducation.

B13. Pendant ce temps, le gouvernement libéral (PLQ) revint au pouvoir et commença une virulente attaque contre le peuple sous plusieurs aspects. Cela inclua : des coupures dans la santé, dans l’éducation et dans les services sociaux et des tarifs de garderie augmentés. Plusieurs de ces coupes étaient des décisions misérables pour alimenter l’économie, au moment même où le gouvernement promettait des centaines de millions en argent et en électricité, cadeaux qui allaient directement dans les poches des capitalistes.

B14. La faction anarchiste (principalement de l’UQAM) décida en 2014 que c’était assez, qu’il fallait s’organiser en dehors de l’ASSÉ pour la prochaine lutte contre le gouvernement. Cette faction appela à organiser des comités Printemps 2015, censés être des espaces de solidarité entre étudiantEs et travailleuses-eurs, lesquels faisaient défaut lors de la grève de 2012. L’objectif de Printemps 2015 était de faire un front commun contre les mesures d’austérité du gouvernement. Le modus operandi du mouvement était de pousser par la propagande la base des syndicats du secteur public à forcer leurs bureaucraties à voter des grèves illégales. Les associations étudiantes auraient voté pour débrayer au début du Printemps. Le sommet de la grève serait atteint le Premier Mai.

B15. Le leadership politique fut monopolisé par un petit groupe surnommé le Comité Invisible (en référence au Comité Invisible français dont la ligne politique est proche du groupe québécois). Son idéologie, résumée sommairement, est fondée sur une absence de confiance dans les organisations et une confiance totale dans les groupes affinitaires (ou groupes d’amiEs). Le Comité Invisible français s’autoproclame communiste, mais il serait plus approprié de lui donner l’étiquette d’anarcho-insurectionnaliste. Le Comité Invisible (québec) était un groupe d’une dizaine de personnes de l’UQAM, gravitant autour de l’AFESH (Association facultaire étudiante des sciences humaines). Ces personnes étaient aussi des anarchistes impliquéEs avec l’ASSÉ en 2005 et en 2012. Le Comité Invisible a tenté de faire une liste de demandes politiques pour le mouvement Printemps 2015 (par exemple, le système de garderies du gouvernement devrait être à l’abri des coupures). Cependant, les demandes ont été rejetées, principalement par quelques anarchistes, selon le principe que d’imposer ces demandes politiques au groupe entier serait trop autoritaire.

B16. Dans le cadre de la Journée d’Action Pan-canadienne appelée par le MER-RSM, une série de manifestations furent organisées à Montréal et à Québec le 24 Mars 2015. Ces manifestations furent durement réprimées; à Québec, la police fit feu à bout-portant sur les manifestantEs à l’aide d’armes «non-léthales». La manifestation nocturne à Montréal, qui rassembla environ 10 000 personnes, fut aussi réprimée violemment par la police, mais réussit à se poursuivre après les premières confrontations gagnées par les manifestantEs. L’un de nos militants fut envoyé à l’hôpital pour avoir été blessé lors de la marche.

B17. Les manifestations qui eurent lieu après la Journée d’Action Pan-canadienne eurent de moins en moins de succès avec le temps. Il y eut de moins en moins de participantEs : les blessures ou la peur des blessures découragèrent beaucoup de personnes. Néanmoins, certaines manifestations sont dignes de mention : les manifestations féministes et la manifestation du premier mai organisée par la CLAC (convergence des luttes Anti-Capitalistes). Deux grandes manifestations féministes eurent lieu. La seconde fit face à une répression particulièrement brutale. La manifestation du premier mai organisée par la CLAC fut globalement un grand succès. Quelques syndicats de professeurs de CEGEP ont décidé de débrayer illégalement le premier mai. Bien que la participation à l’événement fut moindre que prévu, ce fut quand même une action qui n’avait pas été vue depuis des décennies.

B18. La plupart des grèves étudiantes furent terminées deux semaines après avoir commencé au début du printemps. Seules les associations étudiantes avec la culture militante la plus enracinée, principalement à l’UQAM, étaient toujours en grève après cela. La répression administrative et policière fut terrible.

B19. L’implication de l’ASSÉ dans la lutte contre le gouvernement était moyenne. À chaque étape, l’exécutif de l’ASSÉ s’impliqua dans le conflit simplement en raison de la pression des associations étudiantes, et lorsqu’il prit part au conflit, il essaya de faire obstruction au déploiement des forces en appelant systématiquement à une retraite. L’ASSÉ organisa le 2 avril sa marche annuelle, mais avait appelé à la fin de la grève dans le but de préparer une autre grève à l’automne 2015 avec l’aide de la bureaucratie syndicale. Cependant, la mauvaise foi de la bureaucratie syndicale était bien connue à ce moment, et les défis logistiques allant avec le fait d’organiser une mobilisation populaire avant le début de l’hiver découragèrent beaucoup de personnes. Printemps 2015 rédigea un pamphlet incendiaire s’intitulant L’ASSÉ ne fait pas le printemps, qui dénonçait directement l’exécutif de l’ASSÉ. Après s’être fait lancer des roches lors de l’une de leurs propres manifestations, l’exécutif démissionna. Toutefois, pour la cades de l’ASSÉ proches de Printemps 2015, c’en était trop. L’exécutif de l’ASSÉ fut destitué après avoir déjà soumis sa démission.

B20 Pour le MER-RSM, il fut facile de travailler avec le Comité Invisible, beaucoup plus facile qu’il aurait été de travailler à l’intérieur de l’ASSÉ. Le fait que le MER-RSM soit, par définition, anti-capitaliste et révolutionnaire attira de la sympathie dans le Comité Invisible. Les comités printemps 2015 étaient complètement non-structurés, ce qui signifie que n’importe qui pouvait mettre en place un comité et se lier au mouvement. Appliquant la ligne de masse, le MER-Montréal mis en place un service de garde pour permettre aux parents de s’impliquer dans la politique. Cela était supposé répondre à une critique féminisme du militantisme en général et aussi pour amener de nouvelles personnes à se joindre à la lutte. Le comité service de garde fut l’un des derniers à fonctionner et fonctionne toujours sur demande à ce jour. Il faut noter que bien que la plupart des membres du MER-Montréal aient un passé anarchiste et ont donc été formés au féminisme par des anarchistes, aucun homme à l’extérieur du MER-RSM n’est venu prêter main forte au service de garde.

B21. La grève, cependant, ne fut pas un aussi grand succès que certainEs l’auraient espéré. Il était assez difficile de mobiliser les étudiantEs autour de propositions comme la fin de l’austérité et la fin de l’extractivisme. Ces propositions étaient vagues, et ne laissaient aucune place à une petite victoire. Tout devait être gagné ou perdu. Les étudiantEs les plus zélés manquèrent de respect envers les masses qui exprimèrent parfois des doutes légitimes quant à la possibilité de succès de ce combat. Après tout, les grèves sont coûteuses, spécialement pour les étudiantEs prolétaires et celles et ceux avec enfants. À peu près aucune structure ne fut mise en place pour les supporter. Ce qui a tué le Printemps 2015 était l’opportunisme de gauche. Ce problème n’était pas compris par nous avant que la grève n’ait lieu.

B22. Dans ce contexte, il fut donc impossible de bâtir un mouvement de masse avec quelque direction que ce soit sinon d’être contre une chose excessivement vague, impossible de produire un discours ou des arguments. Ce fut également impossible de combattre les diverses oppressions au sein du mouvement. Il fut donc finalement impossible d’intégrer de nouvelles personnes à la lutte. Ce sont tous des dangers présentés par l’opportunisme de gauche qui se trouvèrent dans le mouvement du Printemps 2015.

 

Le mouvement étudiant dans le reste du Canada

   

B23. Le mouvement étudiant au Québec possède une histoire unique et est beaucoup plus développé que celui du reste du Canada. Il devient ainsi pertinent d’examiner les deux processus de façon séparée.

 B24. La Canadian Federation of Students (CFS) est la principale organisation étudiante au Canada anglais. Elle constitue un groupe de pression qui se présente comme étant un corps national de coordination des syndicats étudiants. Elle cherche à unir les syndicats étudiants à la grandeur du pays, à offrir des services à ses membres, et à protéger les droits des étudiantEs. Lorsqu’elle est créée la gauche étudiante cherchait désespérément à s’organiser. La CFS fut fondée en 1981 par un groupe de 61 syndicats étudiants : depuis, elle est devenue la plus grande organisation étudiante mainstream au Canada anglais. Elle représente 500 000 étudiantEs, dont la majorité ne sont même pas au courant de son existence. Elle est composée par une seule organisation nationale avec plusieurs organisations provinciales (telles la CFS-Ontario, la CFS-BC, etc.)

B25. Depuis 1981 la CFS a prétendu être à la tête du mouvement étudiant au Canada anglais et n’a pourtant obtenue que très peu de résultats. La lutte politique principale de la CFS est l’opposition aux frais de scolarités, que ce soit par leur élimination, réduction ou le gel des frais. Elle s’engage aussi dans des campagnes secondaires comme «Non à l’anti-sémitisme, Non à l’islamophobie», «Non veut dire Non!» et d’autres. Bien qu’il n’y a rien à la surface rien de mal avec aucune campagne de la CFS, elles ne vont pas assez loin et les méthodes utilisées (principalement du lobbying et la prise de contrôle des associations étudiantes) sont totalement antagoniques à la lutte. La CFS a été incapable de répondre au défi que l’histoire lui a présenté, en grande partie en raison de son approche politique réformiste et des méthodes bureaucratiques de leadership.

B26. Le MER soutient qu’il y a des limites au mouvement étudiant actuel; ces limites sont mieux observées dans l’analyse incorrecte des conditions actuelles au Canada par la CFS et par l’échec de la pratique du CFS.

B27. Premièrement,la CFS n’a pas une analyse de classe du système d’éducation au Canada. Donc, étant incapable d’analyser scientifiquement et exactement la base et les intérêts de classe de leurs propres membres, la CFS insiste que les étudiants sont un groupe homogène. À cause de cette échec de reconnaitre le caractère multi-classe des étudiants, la CFS doit constamment renégocier ses politiques pour accomoder la volonté des étudiants prolétaires et bourgeois. Toutefois, puisque les étudiants bourgeois, petit-bourgeois et de classe moyenne forment une majorité écrasante dans les universités canadiennes, leurs intérêts sortent habituellement vainqueur.

B28. Donc, la CFS est placée dans une situation difficile. Comme tout groupes socio-démocrates (syndicats, parties, etc.) le role structurel de la CFS est de mettre une façade de gauche pour faire rentrer dans les rangs de potentiels révolutionnaires. Ainsi, la CFS érige une façade radicale a différents degrés quand c’est nécessaire. Toutefois, puisque la majorité des membres de la CFS ne sont pas prolétaires, il n’existe aucune base objective pour même des politiques sociaux-démocratiques dans cette organisation. Ainsi le leadership de la CFS est force d’à la fois modérer son approche politique, et d’avoir recours à des mesures bureaucratiques et anti-démocratiques pour garder le contrôle de l’organisation. Ironiquement, cela à mené à la diminution de l’influence de la CFS parmi ses membres, augmentant donc la nécessité de contrôler l’organisation en premier lieu.

 B29. Deuxièmement, le CFS a aussi une conception incorrecte du rôle du gouvernement et des administrations scolaires. Au lieu de comprendre que les gouvernements et les administrations sont des appareils de l’État bourgeois, ils pensent que de réaliser les buts des politiques du CFS n’est qu’une question de formuler des arguments convaincants et de les adresser aux partis ou aux individus au pouvoir à un moment donné. Le CFS ne comprend pas que les étudiantEs prolétarienNEs ont des intérêts qui divergent de ceux de l’État canadien et des administrations universitaires, et donc ont besoin d’adopter une approche de confrontation pour s’assurer que leurs intérêts sont pris en compte. Cette idée fausse sur le rôle de l’État est la raison pour laquelle le CFS se concentre sur le lobbying auprès du gouvernement.

B30. Leur troisième erreur d’analyse et d’évaluation est leur incompréhension du mouvement syndical. Le CFS conçoit les mouvements syndicaux comme un succès retentissant au Canada. Leur approche, qui reflète celle des grands syndicats, est basée sur la croyance que les l’existence des syndicats est une victoire en soi. Ils conçoivent aussi que les syndicats sont les groupes de pression par défaut (qu’ils fassent pression sur les employeurs ou le gouvernement), plutôt que des organisations pour exercer le pouvoir politique des travailleuses-eurs. Le CFS émule ainsi les pires aspects du mouvement syndical.

B31. Les fondements théoriques sur lesquels le CFS base sa pratique, résumés dans les point précédents, dicte le type de travail pratique engagé au sein du CFS. Le travail principal du CFS est de faire pression, ce qui survient généralement lors des “lobby week” (semaine de pression), lors desquelles tous les autres efforts y sont subordonnés. Cette semaine de pression est supposée être un moment pour que les représentantEs des étudiantEs puissent s’asseoir avec des membres du parlement et les membres du gouvernement, exprimer leurs préoccupations au sujet du système d’éducation et espérer convaincre les politiciens d’apporter des changements positifs pour les étudiantEs. Alors qu’en surface il apparaît que cette approche est inefficace, le CFS n’est même pas en mesure d’adopter une pratique sociale-démocrate sincère et honnête. Ce qui se produit réellement durant la semaine de pression est une série de rencontres lors desquelles des promesses vides sont faites, et que les jeunes exécutantEs étudiantEs ont la chance de faire bonne impression auprès de l’élite politique canadienne dans l’espoir d’être remarquéEs par quelqu’unE d’influentE et un jour travailler comme membre d’un parti ou dans une agence gouvernementale. La semaine de pression s’avère plutôt servir à l’avancement des carrières personnelles des représentantEs du CFS (et à la reproduction de la classe dominante !) qu’à réellement faire pression dans l’intérêt des étudiantEs ; c’est une mascarade en soi. La semaine de pression est un excellent exemple du fait que non seulement le lobbying est un processus vide, mais que le leadership du CFS manque de moyens et de volonté pour aller au-delà de la tentative de conjurer les effets du capitalisme sur les campus.

B32. Le CFS est actuellement en train de s’effondrer. Plusieurs locaux ont tenté de se désaffilier du CFS, un problème que le CFS a régulièrement combattu en traînant leurs locaux en cour, et parfois, en provoquant la faillite de leurs locaux avec les frais juridiques encourus. En effet, dans les 10 dernières années, le CFS a adopté résolution après résolution visant à rendre difficiles les tentatives de désaffiliation de la CFS, contrevenant ainsi aux principes démocratiques de base. Toutefois, certains locaux ont réussi à se désaffilier. La réponse du CFS à ces processus démocratiques prouve que le leadership du CFS a un mépris flagrant pour la démocratie interne. Les tentatives de désaffiliation deviendront vraisemblablement de plus en plus fréquentes alors que les contradictions de classes entre les étudiantEs prolétaires et bourgeoisES s’intensifient, que les frais de scolarité montent en flèche et que la CFS ne parvient pas à être à l’écoute de ses membres et à suivre l’évolution des temps. En 2009, le magazine Mclean rapportait que 13 associations étudiantes allaient tenir des votes de désaffiliation de la CFS. Ultimement, ces désaffiliations, bien que parfois orchestrées par les forces de droite, sont la faute du CFS et du CFS seulement. Alors que nous comprenons pourquoi les étudiantEs se désaffilient du CFS, nous avons l’impression qu’il s’agit d’une tactique largement inefficace, dans la mesure où la majorité des membres du CFS ne connaissent même pas l’existence du CFS. La désaffiliation, c’est bon ; construire des organisations combatives anti-capitalistes révolutionnaires étudiantes, c’est mieux.

B33. Vu les limitations de l’approche de la CFS envers le travail politique, elle a été incapable de copier les forms organisationnelles du mouvement étudiant québécois et les amenées au reste du Canada. En 2012 il y eu des actions de solidarité mineures organisées avec le Printemps Érable par la CFS, bien qu’elles étaient entièrement innoffensives. Le leadership du CFS n’a pas sérieusement comtemplé organise en direction d’une grève au Canada anglais. En 2015, la CFS était complètement silencieuse à propos du mouvement Printemps 2015. De plus en plus, tandis que la CFS est forcée de se modérer pour satisfaire les intérêts étudiants bourgeois, même le vernis de progressisme s’efface.

B34. La CFS n’est pas une avenue possible pour faire advancer le mouvement révolutionnaire et anti-capitaliste sur les campus. Au mieux, les structures de la CFS sont fermement établient dans les formes bourgeoises de représentation, rendant impossible de les utiliser pour des fins révolutionnaires et anti-capitalistes. La CFS est également une corporation enregistré, voulant dire que ses actifs peuvent être saisis si elle s’engage dans toute forme d’activités illégales (grèves, etc.). Cette limitation structurelle exclue nécessairement toute politique s’éloignant du maintien du status quo. C’est pourquoi nous trouvons souvent de nombreux individus dans la CFS disant être communistes, anarchistes, ou un autre type de gauchiste qui sont forcés de limiter leurs propres politiques pour tenir des positions dans l’institution. Au pire, la CFS abandonne toutes prétentions démocratiques, et punissent- par des mesures légales ou bureaucratiques- toutes dissentions internes.

B35. Présentement la seule alternative institutionnelle à la CFS est l’Alliance Canadienne des Associations Étudiantes (CASA en anglais). CASA fut fondé en 1995. Bien que CASA est très similaire organisationnellement à la CFS, elle est plus libérale dans ces orientations politiques, répétant souvent la politique éducationnelle du Parti Libéral féderal ou provincial local. Quand les contradictions s’aiguiseront et que plus de syndicats étudiants sortiront de la CFS, ceux sans une présence de gauche révolutionnaire forte pourrait très bien être absorbée par la CASA. Il peut être argumenté que la CASA fut fondée en reaction à la CFS et ces efforts de lobbying auprès du gouvernement en faveur de changements au système d’éducation. Ceci étant dit, il y a très peu de differences fondamentales entre la CFS et la CASA outre la politique de façade et le fait que la CFS a eu davantage de succès pour acquérir un siege à la table de la classe dominante en raison de sa taille. Les révolutionnaires devraient s’opposer à la fois à la CFS, à la CASA et à leurs organisations affiliées

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Organisations Étudiantes Indépendantes

 

B36. La Ligue des Jeunesses Canadiennes (LJC) a été fondé en 1922 et est étroitement connectée au Parti Communiste du Canada. Après être disparu lors de la Guerre Froide, la version actuelle de la LJC a été reconstitué en 2004. Leur travail dans les dernières années a été entre autre: de travailler sur les campagnes de la CFS, des conférences jeunesses, présenter des candidats dans les élections étudiantes, de faire campagne pour une charte des droites des jeunes, et de participer dans la Brigade de Travail Volontaire Che Guevara à Cuba. Géographiquement, La LJC semble être confinée à la Colombie-Britannique, au Manitoba, à l’Ontario et au Québec.

B37. La LJC reconnait que le mouvement étudiant est un mouvement multi-classe. Toutefois, au lieu de s’aligner avec les éléments prolétariens dans ce mouvement , elle commet la même erreur que la CFS, en tentant d’organiser les étudiantEs comme étudiantEs, et plus largement, tous les jeunes comme jeunes. La LJC voit le mouvement étudiant comme un mouvement «démocratique», et pense qu’il serait désastreux d’étendre les politiques de lutte de classe au milieu étudiant. À cause de cette conception erronée, la LJC s’aligne avec la CFS, qu’elle voit comme une organisation de masse, disant que «l’unité» dans le mouvement étudiant est plus importante que la politique.

B38. Le focus de la LJC sur la CFS a mené a la diminution de l’importance de l’organisation dans les dernières années. La LJC a adopté un style de travail rappellant les méthodes ultra-bureaucratiques des organisateurs de la CFS. Elle a orienté ses efforts de recrutement vers la CFS et les bureaucrates d’associations étudiantes. En présentant des candidats aux élections étudiantes dans des listes larges ‘’progressives’’ pro-CFS, la LJC a été force de faire paraitre un certain niveau de respectabilité bourgeoise qui les à aliéné de recrues potentielles. Ici nous pouvons penser à Zidane Mohamme (élu organisateur central de la LJC en 2014) dont les commentaires anti-polices furent ressortient par les medias lors des élections de l’association étudiante de Ryerson en 2015. Zidane a plus tard retiré ses propos, condamnant toutes formes de violence contre les personnes innocents, tombant dans le libéralisme afin de maintenir une image publique particulière.

B39. La LJC prône que les jeunes travailleurs s’impliquent dans leurs syndicats locaux tout en ignorant la réalité que la majorité de la jeunesse prolétarienne travaille dans des situations précaires et non-syndiquées. De plus, comme avec son emphase sur la CFS, elle n’est pas critique du mouvement syndicale actuelle au Canada; elle n’a pas de programme pour promouvoire des politiques révolutionnaires ou en menant la lutte de classe dans les syndicats existant. En pratique, cela veut dire qu’ils demandent aux jeunes travailleur-euse-s et étudiant.e.s de soutenir des institutions qui ne luttent pas pour eux ou leurs intérêts.

B40. Les Socialistes Internationales est une organisation Trotskyste. Bien qu’ils furent très grands et omniprésents lors des jours de gloire du mouvement altermondialiste, dans les dernières années leur influence a grandement diminuée, maintenant uniquement confinée à Toronto et Vancouver. Ceci est largement du à leurs politiques indéfinies et libérales; ils ont une rotation importante de leurs effectifs, qui fut encore davantage compliqué quand le NPD est devenue l’opposition officielle. Les SI géraient auparavant des groupes d’étudiant.e.s sur divers campus comme des ailes étudiantes de leur parti-organisation. Ils n’avaient aucune pratique réelle autre que de suivre des initiatives des syndicats étudiants et de la CFS. Ainsi, avec l’effondre des SI à travers le Canada et la faiblesse de leurs ligne politique, les sections étudiantes des SI ont aussi en grande partie disparue.

B41. Fightback est une autre organisation Trotskyste. Elle est reconnue pour sa pratique entriste. Il y a plusieurs niveaux à cette approche; à la surface, elle argumente que le NPD est vers qui la majorité des travailleur-euse-s se tournent en temps de crise, et donc, des révolutionnaires devraient être présent.e.s dans le NPD. Sous cette justification est une compréhension que le NPD ne sera pas capable de tourner vers la gauche, et va donc se séparer dans un temps de crise, Fightback espérant prendre une portion substantielle des membres du NPD avec eux. Fightback a eu une très petite présence dans le mouvement étudiant. À Toronto ils ont organise les Jeunes Nouveaux Démocrates de Toronto (une organisation de niveau municipale et non de circonscription) ce qui leur a permis de prendre contrôle des Jeunes Nouveaux Démocrates de l’Ontario, desquelles ils ont été promptement expulse.e.s. Fightback est aussi entré dans la LJC de Toronto, utilisant des tactiques déshonnêtes, détruisant cette organisation. L’approche de Fightback est fondamentalement limitée par une mauvaise comprehension de l’état et d’illusions sur la social-démocratie, en plus d’une pratique incroyablement déshonnête.

 

Conclusion

 

B42. Le Mouvement Étudiant Révolutionnaire a émergé dans un contexte de stagnation et d’institutionnalisation d’une grande partie de la gauche canadienne. Se basant sur notre experience d’organisateur-trice-s, nous avons rejeté les erreurs du mouvement étudiant existant, et avons tenté de tracer un nouveau chemin. Nous avons internalisé les succès- notamment le Printemps Érable de 2012- tout en maintenant une distance critique. Plus important encore, nous avons tenté d’étendre la politique de la lutte des classes aux campus, comme un moyen de consciemment renforcer le mouvement révolutionnaire émergent à travers le Québec et le Canada. Très rapidement nos politiques ont dépassé le stade du rejet et de la critique; la prochaine section est une évaluation de notre courte histoire, comme un moyen d’aller en avant.

 

C. Le travail du Mouvement Étudiant Révolutionnaire

 

La première conférence et l’idée du MER-RSM

 

C1. En décembre 2012, le Premier congrès des étudiantEs et de la jeunesse révolutionnaire, une initiative du PCR-RCP, a ressemblé des forces anti-capitalistes étudiantes de Toronto, Ottawa, Montréal et Québec. Inspiré par le printemps érable, le but du congrès était un partage d’expériences et de pratiques politiques entre les divers groupes. Certains d’entre eux, comme le MER Toronto était nouveau tandis que d’autres, comme l’Association des étudiantes et étudiants marxistes de l’Université d’Ottawa, existaient déjà depuis un moment.

C2. Bien que durant ce congrès il y a eu quelques discussions sur le sujet de former une organisation définie, aucune tentative de consolidation ne fut entreprise. Le congrès fut précédé par la publication d’un document qui fit analyse du printemps 2012 pour fournir une compréhension plus scientifique du mouvement et milieu étudiant. Ce document a fait la suggestion que, contrairement au discours officiel d’organisations étudiantes traditionnelles, la population étudiante n’est pas un groupe homogène, mais plutôt une mosaïque de différentes classes sociales avec des intérêts divergents. Cette publication deviendra la fondation politique du MER.

C3. Le congrès a produit très peu de résultats immédiats. Au sens large on s’est entendu que les participantEs retournent sur leur campus afin de commencer du travail indépendant et ouvertement anticapitaliste sur leur campus afin d’unir les forces étudiantes nouvellement radicalisées, au lieu de se rapprocher de la gauche réformiste préexistante. Contrairement aux initiatives étudiantes dans le passé, ce travail politique avait pour but de s’organiser avec les forces prolétaires parmi la population étudiante  et mettre de l’avant les intérêts de la classe ouvrière et non des étudiantEs en générale. Le congrès a aussi pris la décision d’organiser un deuxième congrès avec un comité chargé de l’organiser.

C4. Le premier congrès fut très utile pour les camarades en Ontario et leur a permis de corriger leur approche du travail politique. L’expérience du printemps érable a démontré l’importance de rejoindre les masses. Dans les semaines qui ont suivi le congrès, l’Association des étudiantEs marxistes de l’université d’Ottawa a lancé sa campagne pour avoir des assemblées générales et le MER de l’université de Toronto on entreprit leur initiative pour sauver le Programme d’année transitoire.

 

Les assemblées générales (AG) à l’université d’Ottawa;

 

C5. En sortant de la grève étudiante de 2012, une des choses qui nous inspira le plus de cette longue lutte fut la culture de démocratie directe telle que vue dans les assemblées générales étudiantes. Ces assemblées ont rassemblé des centaines de milliers d’étudiantEs avec pour but de gouverner leur syndicat étudiant; quelque chose de très absent à l’extérieur du Québec.

C6. En février 2013 une campagne fut lancée par le chapitre uOttawa du MER pour établir des AG comme le corps décisionnel suprême de la Fédération étudiante de l’université d’Ottawa (FÉUO). Le MER-uOttawa (encore connu sous le nom d’Association des étudiantEs marxistes) a fait de cette demande politique une réalité durant l’année scolaire 2013-2014 après deux référendums et des mois de campagne difficiles. Ceci ne représente pas seulement un succès historique pour les camarades d’Ottawa, mais aussi un exemple formidable de travail pour le MER pancanadien ainsi qu’une victoire important pour les étudiantEs prolétaires qui luttent pour que leurs voix soient entendues sur les campus partout au Canada.

C7. Cette campagne est importante pour l’histoire du MER pour plusieurs raisons :

D’abord, on a pu prouver que la ligne de masse est une méthode efficace pour l’organisation politique sur les campus.

Ensuite, cela nous a démontré que non seulement la lutte de classe existe sur les campus, mais aussi que les communistes sont capables de s’intégrer avec des étudiantEs prolétaires en mettant de l’avant des demandes qui représentes leurs intérêts. En d’autres mots, cela a défait le mythe d’une population étudiante homogène avec des intérêts similaires.

Finalement, ceci a forcé la rupture entre le MER et le mouvement étudiant sociodémocrate et bureaucratique. Ces derniers ont tenté de retenir ces structures populaires pour favoriser des méthodes bureaucratiques et réformistes pour la mobilisation étudiante. L’effet est que ces bureaucrates fut exposés en tant qu’antidémocratiques dans les yeux de la population étudiante.

C8. En plus de tout ceci, le chapitre a vu une augmentation importante dans son nombre de membres et s’est construit la réputation d’être un groupe qui n’a pas peur de s’engager dans du travail demandant, une réputation qui donna une nouvelle légitimité au mouvement pancanadien. On voyait que le MER n’était pas simplement une autre secte gauchiste, il avait fait ses preuves dans l’action.

C9. C’est grâce à cette campagne que l’action du 24 mars l’année d’après fut possible sur ce campus. Aussi, ceci a permis au chapitre de mettre de l’avant une motion de grève à la première AG. Malheureusement on n’a toujours pas voté sur cette motion grâce à un manque de quorum ainsi en conséquence de l’interférence directe des représentants élus de la FÉUO, tous biens surs supportés par la FCÉÉ.

C10. Bien que les AG n’ont pas encore eu lieu, nous restons optimistes. Ultimement ce que nous avons accompli avec les AG à l’uOttawa n’est pas une solution parfaite au problème du manque d’implication de la population étudiante hors Québec, mais nous avons quand même construit un espace où l’agitation et la lutte de classe sont possibles sur le campus. Ceci peut seulement être positif pour le MER et les autres groupes de gauches qui cherchent à changer la façon de lutter pour la population étudiante, maintenant nous devons répéter ceci sur les autres campus du pays pour construire une culture révolutionnaire parmi les masses étudiantes prolétaires.

 

Le deuxième, troisième et quatrième congrès et la consolidation du MER

 

C11. Le deuxième Congrès des étudiantEs et de la jeunesse révolutionnaire a pris place en juin 2013 dans la ville d’Ottawa. Il a rassemblé une grande variété de forces anti-capitalistes de partout au Canada qui se sont consolidées autour des perspectives mises de l’avant durant le premier congrès. Ceci inclut des camarades de Saskatoon, Kamloops, ainsi que de plusieurs endroits au Québec et en Ontario.

C12. Cette conférence a rendu explicite le désir du nouveau MER de s’étendre dans le pays. Une attention particulière fut mise sur la côte ouest, où le MER n’avait pas encore une présence. Elle a aussi permis une consolidation de l’approche politique du MER (tel que vus dans les résolutions de la conférence) qui est resté depuis. C’est ici que pour la première fois on discuta d’une standardisation pour le mouvement pancanadien, car on donna un mandat chaque section de choisir un.e représentant.e pour garder le contact avec l’organisation nationale.

C13. Suivant ce congrès, nous avons entamé une stratégie de promotion dans certains endroits du pays. Une tourné de présentation sur le MER eu lieu en Ontario et au Québec, mais ceci reporta peu de résultats. L’organisation a aussi envoyé des camarades en CB où elles et ils ont été capables de partir un autre chapitre du MER.

C14. Entre le deuxième et troisième congrès, le comité responsable de les organiser, se basant sur les succès du MER jusqu’à présent, a fait un appel pour la création d’une organisation définie. Le comité appela donc les participant.e.s à soumettre des motions nécessaires selon eu pour la création d’un vrai mouvement étudiant anti-capitaliste. C’est donc avec ce but qu’on lança le troisième congrès des étudiantEs et de la jeunesse révolutionnaire.

C15. Le troisième congrès prit place à Montréal en février 2014. En plus des chapitres déjà existants, le congrès a vu la présence de contacts de Vancouver, Kamloops, Kitchener-Waterloo et Guelph. La Ligue de jeune communiste (YCL/LJC) envoya elle aussi ses observateur-trice-s, mais ces derniers se sont prouvés perturbateurs, sectaires et ont nui à l’avancement du congrès.

C16. Les participant.e.s du congrès ont discuté des points nécessaires pour la formation d’une organisation pancanadienne réelle. Elles et ils se sont entendu qu’il devait avoir des activités politiques dans toutes les régions importantes du pays que le MER soit réellement une organisation pan-canadienne. De ceci est né un comité mandaté avec la tâche de préparer un brouillon de constitution. Le MER aussi avait aussi pour but de construire un guide d’étude politique pour les chapitres. Ce congrès a aussi vu la naissance d’un comité de coordination pour le MER qui, en plus d’organiser les congrès, aurait la responsabilité de diriger l’organisation nationale. Finalement, dans l’esprit de l’unité politique le MER a tenté d’entrer dans une série de débats sur le rôle des révolutionnaires dans le mouvement étudiant avec la LJC; ces derniers n’ont toujours pas répondu à notre demande. Le prochain congrès fut planifié pour la fin 2014.

 C17. Durant l’été 2014, le but principal- avoir des activités à la grandeur du pays- fut réalisé avec le premier événement du MER sur la côte est, spécifiquement à Halifax. En plus le MER était maintenant actif un peu partout au Québec et en Ontario, avait un chapitre à Vancouver et avait rallié des contacts (Saskatoon et Winnipeg) dans les prairies. Le projet d’un MER pan-canadien était en train de se réaliser.

C18. Le quatrième Congrès des étudiantEs et de la jeunesse révolutionnaire a eu lieu dans la ville de Québec en novembre 2014. Bien que le MER était maintenant la plus grosse organisation de gauche au Canada, notre chapitre à Vancouver s’est liquidé en conséquence de leurs erreurs dans leur conception de l’organisation des masses étudiantes. Malgré ceci, les participant.e.s à la conférence ont décidé d’aller de l’avant et de formellement déclarer la création du MER pancanadien. Une constitution fut adoptée, et un plan d’action fut mis en place pour la prochaine année. De façon spécifique le MER a décidé de supporter le printemps 2015 et une série d’actions d’une journée ont été planifiées un peu partout au pays pour démontrer de la solidarité avec la lutte anti-austérité au Québec. De plusieurs façons, l’adoption d’une constitution et la déclaration formelle du MER était un moment décisif pour le processus qui s’était commencé deux années plus tôt à Toronto.

C19. Les quatre premières conférences du MER – le processus par lequel le MER s’est transformé d’une approche à une organisation – ne représente qu’une seule période dans l’histoire du MER. Pendant cette période l’organisation a consolidé ses perspectives politiques, les a mis à l’épreuve en s’engageant dans le travail de masse et a élargi sa présence. Alors que ce processus fut largement un succès – les chiffres en disent beaucoup – ce ne fut pas un succès absolu. Le MER éprouve de la difficulté à développer le nouveau leadership et à solidifier les perspectives politiques dans certains chapitres, ce qui a ultimement causé la perte de la section à Winnipeg. Malgré que nous tenions une position anticolonialiste abstraite, nous avons de la difficulté à créer des liens permanents avec les étudiantEs autochtones. Certaines sections du MER ont eu de la difficulté à remplir le vide laissé par le départ de membres expérimentés du milieu étudiant. Le comité InfoProp, qui a été créé lors de plusieurs conférences, n’a jamais complété son mandat. Malgré ces difficultés, nous considérons que le processus de formation a été un succès, avec quelques autocritiques mineures à noter.

C20. Avec la formalisation de la structure du MER pancanadien, le MER s’apprête à débuter sa première action majeur au Canada – la Journée d’Action Pancanadienne du 24 Mars, en solidarité avec la Grève Étudiante de 2015 au Québec. La conférence à appeler au organisateurs/trices du MER au Québec de se joindre aux comités d’organisation et à la formation de comités au Canada anglais en solidarité avec la grève. Cette action coordonnée partout au Canada, qui a été l’action la plus complexe entreprise par le MER, n’aurait pas été possible sans le processus de lutte-unité qui a eu lieu lors des quatre conférences. Les méthodes de travail, les directions politiques et les organes de travail du MER-RSM qui se sont établi lors des quatre conférences précédentes étaient des préconditions nécessaires pour le développement d’un groupe de clubs étudiants anticapitalistes disparates en un Mouvement Étudiant Révolutionnaire réellement pan-canadien.

 

La Journée d’Action Pancanadienne du 24 Mars

 

C21. La quatrième conférence a aussi adopté une motion pour une Journée d’Action Pancanadienne partout au Canada anglophone. Les chapitres du MER devaient établir des comités de mobilisation sur leurs campus pour se mobiliser autour d’une série de demandes déterminé par le Comité de Coordination du MER. Les comités de mobilisation devaient organiser les étudiantEs pour une journée d’action le 24 mars, avec les détails de cette action à être déterminé par ce comité. Ces comités fourniraient aux membres du MER l’occasion de lutter aux côtés d’une section plus large de la base étudiante. Dans ce processus de lutte, l’idée était que les comités de mobilisation attireraient les gens plus près du MER idéologiquement et de façon organisationnelle.

C22. Au Québec, la Journée d’Action Pancanadienne du 24 mars a vu une participation incroyable. Montréal a organisé 10 000 participantEs lors d’une marche mené par le Parti Communiste Révolutionnaire, et la ville de Québec a vu une participation de 350-450 personnes.

C23. Le Canada anglophone a aussi vu une bonne participation à certaines des actions et une participation modérée à d’autres. L’Association d’ÉtudiantEs Socialistes de Saskatoon ont atiré 250 personnes à leur Journée d’Action le 24 mars. Par contre, le MER uOttawa, qui originalement visait pour une grève, a tenu une manifestation de 35 personnes. L’action à Toronto a assemblé tous les campus de la ville pour une action à l’université de York avec environ 12 personnes. En tout, il y a eu des actions organisées dans 16 villes partout au Canada.

C24. Le MER a continuellement fait face à un comportement de saccage de la part de la FCÉÉ dans ses chapitres au Canada anglais jusqu’à la Journée d’Action le 24 mars. À Winnipeg, la FCÉÉ décourageait les étudiantEs en privé de participé à la Journée d’Action. À Halifax la FCÉÉ a tenté de détourner les efforts du comité de mobilisation et d’étouffer des actions militantes en décourageant l’occupation du bureau du Président et en demandant à l’Initiative Anarchiste Maritime de se joindre aux campagnes de la FCÉÉ. Ailleurs, la FCÉÉ a simplement ignoré les comités de mobilisation, tel qu’à UTSC, York, Ottawa et Algonquin.

C25. Nous considérons que la Journée d’Action du 24 mars a été un succès avec de l’espace pour l’amélioration. En total, nous avons mobilisé plus de 11 000 étudiantEs partout au Canada. Nous avons pu se mobilisé autour d’une séries de demandes spécifiques avec des matériels de propagande coordonnés pour toutes les sections. La Journée d’Action a agi en tant que tremplin pour le chapitre de Montréal et a propagé la réputation du MER plus loin qu’auparavant. Par contre, un manque d’organisation et une incapacité d’appliquer la ligne de masse à résulter a une faible mobilisation dans certaines sections. À Toronto, un Toronto-centrisme a abouti à un manque d’importance mis sur la journée d’action, par opposition à des événements locaux. Il y a beaucoup de place à l’amélioration pour notre prochaine action coordonnée.

 

La Grève des Travaileur-euse-s Académique de SCFP 3902/3903

 

C26. En même temps que le mouvement du Printemps 2015, une grève parmi les travaileur-euse-s en éducation s’est développé à Toronto. Dans les mois précédant la grève à l’université de Toronto personne, incluant les membres du MER, ne croyait que les membres du SCFP 3902 (Assistant.e.s d’enseignement de l’université de Toronto) rejetteraient l’accord provisoire déterminé en février par le comité de négociation. Alors que la section locale a été en mesure d’obtenir un vote de grève très élevé en entrant en négociations, l’exécutif du SCFP 3902 avait bien affaibli toute véritable sentiment pro-grève et n’avait pas de plans pour une éventuelle grève. Lorsque les membres du SCFP 3902 ont voté pour rejeter l’entente conclue par l’équipe de négociation, les membres du MER, et la gauche sur le campus en général, ont été pris complètement par surprise.

C27. A ce point en fin février et début mars, SCFP 3902 était seul à faire la grève. L’exécutif avait, d’une façon typique capitulationniste, complètement renoncé toute préparation pour une éventuelle grève lors des négociations. Ainsi, SCFP 3902 n’était nullement prêt ou organisé pour entrer en grève.

C28. Le MER à l’université de Toronto était plutôt petit. Le MER a publié une lettre en support de la grève et dénonçant l’exécutif qui était des traitres bien connus. Le MER, plutôt que d’embarquer au hasard ses membres sur la ligne de piquetage sans plan en tête on prit un certain temps avant de se joindre à la grève, continuant au lieu leur travail vers la Journée d’Action du 24 mars.

C29. Après la première semaine de grève à l’université de Toronto, SCFP 3903 (travailleur-euse-s en éducation à l’université de York) ont voté en faveur d’aller en grève. SCFP 3903 était aussi atteint de leadership collaborationniste, surtout composé de membres d’International Socialists, qui ont tout fait pour faire échouer la grève. Au lieu de deux équipes dirigeantes de grève médiocres, le MER (y compris le MER York, qui entrait maintenant dans la mêlée) a rencontré des membres radicalisé.e.s du SCFP 3902 et 3903, ainsi que le Comité révolutionnaire prolétarien d’action (PRAC) au début de Mars afin de rédiger une plan coordonné pour le soutien de la grève. A cette rencontre, les gens ont voté en faveur de créer le comité de grève commun (qui est plus tard devenu le comité d’action des travailleur-euse-s en éducation). Le rôle du MER dans ce plan d’action était d’organiser les étudiant.e.s au baccalauréat et non-membres afin de supporter les lignes de piquetage.

C30. À l’université de Toronto Scarborough, les comités de support étaient cruciaux afin d’introduire les étudiant.e.s et grévistes au MER. Le support de la grève s’est montrer utile pour attirer de l’attention vers le comité de mobilisation et le comité de mobilisation a servi de base pour le support des étudiant.e.s de premier cycle. Le MER a pu augmenter son nombre de membres lors de cette lutte.

C31. Au campus St-George de l’université de Toronto, les efforts d’organisation des étudiant.e.s de premier cycle de la part du MER ont mené à une concentration du travail des organisateur-trice-s du MER vers le piquetage et le comité de grève commun. Des efforts continus d’organisation pour la Journée d’Action du 24 mars n’ont pas attiré d’attention et plusieurs événements reliés à la grève étudiante n’ont pas eu un bon taux de participation. La majorité du travail des membres du MER était en rapport avec le comité de grève commun. Malgré que le comité ait été un succès lors de la grève, le MER St-George s’est dissout lors de cette période.

C32. Le MER de York a été capable de gagner de nouveaux membres et ont bâti de contacts avec d’autres organisations étudiantes progressistes sur le campus, incluant le York United Black Student Alliance.

C33. Les efforts du soutien de la grève ont culminé avec la décision du comité de grève commun de tenir une « Longue Marche » de York à l’université de Toronto en support des deux grèves. Le leadership de SCFP 3902 et 3903 ont tous les deux tenté d’étouffer les efforts mais ont ultimement échoué. Dans une dernière manœuvre désespérée le leadership de SCFP 3902 ont avisé leurs membres d’accepter d’aller en arbitrage, ce qui a eu lieu. Malgré ceci, la marche a eu lieu et a rassemblé près de 1000 personnes le 25 mars 2015. La semaine suivante l’administration de York a accepté les demandes des grèvistes et la grève s’est terminé. La Longue Marche organisé par le comité de grève commun a joué un rôle important dans cette victoire.

C34. Suite à la grève, le leadership collaborationniste du SCFP 3903 a été défait et une liste anticapitaliste (incluant des membres du comité de grève commun) s’est fait élire.

C35. Pourquoi donc se fait-il que, malgré le succès de la grève a York et les succès modérés du MER à York et l’université de Toronto Scarborough, que le MER de St-George se soit écroulé? Le MER du campus de St-George a surtout mis ses efforts dans la construction du comité de grève commun et tous les deux ont cessé presque toutes activités suite à la grève. Le MER a été incapable de consolider les contacts bâtis lors de la grève ou de démontrer pourquoi le MER était utile et nécessaire. Ceci démontre le danger de la « poursuite d’ambulance »; le MER s’est jetée dans une pratique mouvementiste et s’est ainsi écroulé lorsque ce mouvement s’est terminé.

 

Conclusion :

 

C36. À la suite de la Journée d’Action du 24 mars, le MER a subit une croissance rapide avec des camarades nous rejoignant de Woodstock NB, Fredericton, Hamilton, St-Catherine, IPE et une nouvelle section à Vancouver. En septembre 2015, nous avons 20 sections existantes ou en processus de formation. Nous sommes actifs dans toutes les régions majeures du pays et sommes sans doute le groupe révolutionnaire de masse le plus large et étendu au Canada.

C37. Notre expansion s’explique par nos perspectives politiques et notre volonté de lutter. Nous étions impliqués dans des rôles principaux lors des deux plus grands événements étudiants du system éducatif de l’année 2015, indiquant la pertinence de nos politiques. Nous avons des organisateur-trice-s d’expérience, plusieurs provenant du mouvement étudiant socio-démocrate, qui amènent avec eu une vaste expérience.

C38. Malgré nos succès, il nous reste beaucoup de travail à accomplir. Tandis que notre mouvement pan-canadien est fort, plusieurs de nos sections sont faibles. La première génération de leadership – ceux qui ont bâti le MER – auront quitté l’organisation suite au cinquième congrès. Nous devons approfondir nos perspectives politiques et bâtir des liens avec de plus large sections des masses. Nous avons besoin de politiques révolutionnaires qui répondent aux besoins des étudiantEs prolétaires partout au Canada. Nos approches politiques et notre volonté de combattre est ce qui nous permettra de faire face aux obstacles qui nous font face. Nous continuerons de former des organisateur-trice-s communistes et d’organiser les étudiantEs de la classe ouvrière dans l’intérêt de notre classe entière et du mouvement révolutionnaire. Nous avons un monde à gagner; passons à l’action.

 

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