Étudiantes du Canada: Mobilisez-vous! Journée d’Action pancanadienne, 24 Mars

Étudiantes du Canada: Mobilisez-vous! Journée d’Action pancanadienne, 24 Mars

Ce printemps, des étudiant.e.s de partout au Québec iront en grève contre l’austérité. Le mouvement du Printemps 2015 rassemble les étudiant.e.s et travailleurs/euses dans la lutte pour une éducation gratuite et accessible en profitant de l’expérience acquise lors du Printemps Érable en 2012. En s’organisant à l’extérieur des syndicats étudiants traditionnels, le comité du Printemps 2015 a déjà organisé plusieurs événements afin de promouvoir la grève qui approche. Par exemple, 80 000 étudiants sont entrés en grève pendant une journée le 31 octobre dernier pour combattre l’austérité. Tout ceci mène au mois de février lorsque les étudiant.e.s du Québec se rassembleront lors d’assemblées générales spéciales pour voter sur un mandat de grève. Avec l’appui de plusieurs syndicats, ce printemps s’annonce très excitant au Québec.

Et dans le reste du Canada? Bien que des mesures d’austérité y aient frappé les étudiant.e.s de façon plus dure qu’au Québec—l’Ontario, par exemple, a les frais de scolarité les plus élevés au pays, et la plus faible subvention par habitant pour l`éducation—rien ne se fait. Les principales associations étudiantes (la Fédération Canadienne des Étudiantes et Étudiants (FCÉÉ) et l`Alliance Canadienne des Associations Étudiantes (ACAE)) sont silencieuses sur le mouvement qui se développe au Québec. Comme en 2012, elles ne se mobilisent pas pour une grève ou pour des actions de solidarité. Au lieu de cela, elles pratiquent le lobbying auprès des gouvernements. Et bien que nous ayons eu trois ans pour apprendre des expériences du Printemps Érable, le FCÉÉ et ACAE se sont contentées de maintenir leurs structures bureaucratiques et anti-démocratiques, qui se sont révélées inefficaces pour protéger les intérêts des étudiant.e.s.

Assez c’est assez.

Le mouvement étudiant révolutionnaire appelle à une journée d`action pancanadienne contre l’austérité et en solidarité avec le mouvement Printemps 2015 le 24 mars 2015. Nous appelons à la création de comités de mobilisation sur les campus à travers le Canada avec l’intention d’organiser des actions—des grèves, des manifs, des arrêts de travails, etc. —le 24 mars. Ces comités de mobilisation seront sûrs et accessibles à toutes les personnes qui souhaitent y participer; en bref, aucun type de comportement oppressif (le racisme, le sexisme, l’homophobie, le capacitisme, le chauvinisme nationale, etc) ne sera toléré dans ces comités. Les comités doivent s’efforcer d’être anticolonial, féministe, et inclusif aux personnes LGBTQ2S, tel qu’exprimé par la direction politique des comités et par leurs actions.

Utilisons cette occasion afin de construire un mouvement étudiant à travers Canada qui n’aura pas peur de combattre et de gagner. Utilisons cette occasion pour construire un mouvement étudiant qui ne se contente pas de mendier des restants au gouvernement. Et utilisons cette occasion pour montrer aux étudiant.e.s du Québec que le reste du Canada est à leurs côtés dans cette lutte.

Nous demandons:

L’abolition des frais de scolarités à tous les niveaux de l’éducation! L’annulation de toutes les dettes étudiantes!

Les étudiant.e.s ne devraient pas avoir à payer pour leur éducation. Les étudiant.e.s qui ne peuvent pas se permettre une éducation postsecondaire ne devraient pas avoir besoin d’être pénalisé par des prêts à intérêt élevé.

 

Libre accès à l’éducation postsecondaire pour tous et toutes!

La gratuité scolaire ne garantit pas l’accès à l’éducation. Nous demandons l’admission aux institutions postsecondaires pour chaque étudiant€. Une éducation de qualité ne devrait pas être réservée seulement à l’élite. Chacun a droit d’accéder au programme et à l’école de son choix.

 

L’éducation au service du peuple, pas du profit!

L’éducation devrait servir les intérêts de la population et non des compagnies privées. La recherche devrait être faite pour le bénéfice de tous et toutes et non pour lees entreprises privées. Nous demandons qu’une éducation scientifique et démocratique remplace le curriculum impérialiste, colonialiste et patriarcal des institutions postsecondaires actuelles. L’éducation devrait nous préparer à lutter pour la justice et la libération et non seulement nous préparer à une vie de travail.

 

Accès à l’éducation postsecondaire pour tous les peuples autochtones, et un volet anticoloniale dans tous les programmes!

Nous reconnaissons que le Canada est un pays colonial bâti sur un territoire volé et fondé sur le génocide des peuples autochtones. Des subventions plus importantes doivent être rendues accessibles aux autochtones pour qu’ils et elles aient accès à une éducation postsecondaire, ainsi que la création de collèges et universités pour les peuples autochtones. Nous demandons que cette éducation s’efforce de préserver les cultures et les langues autochtones et que tous les programmes comportent un volet anticolonial.

 

Contrôle démocratique des institutions postsecondaires!

Les collèges et universités devraient êtres dirigées par les personnes qu’elles servent et non par un conseil d’administration non-élu composé de représentants de banques et des grandes compagnies. Nous demandons l’abolition de ces conseils d’administrations et leur remplacement par un comité représentatif composé de membres de la faculté, des étudiant.e.s, du personnel et de la communauté universitaire, tous pouvant être sujet à un rappel à n’importe quel moment.

En s’unissant partout au Canada et au Québec nous pouvons construire un mouvement qui fera trembler la société sur son socle. Nous pouvons remporter un système d’éducation réellement libérateur et démocratique, au service la société. Qu’attendons-nous?

En espérant vous voir dans la rue le 24 mars!
Pour plus d’informations, envoyez un courriel à: mobilization@mer-rsm.ca

LE MER-UOTTAWA CONDAMNE L’ASSAUT RENOUVELÉ D’ISRAËL SUR LA PALESTINE

Le Mouvement étudiant révolutionnaire de l’Université d’Ottawa en partenariat avec GRIPO — Ottawa dénonce l’assaut continu par l’état israélien sur les Palestiniens de la bande de Gaza. Cet assaut a déjà produit des milliers de Palestiniens morts et blessé, dont la grande majorité est civile (des enfants, femmes, hommes et personnes âgées non militaires).

En écrivant cette déclaration, on souhaite exprimer notre solidarité avec la lutte palestinienne pour mettre fin à l’oppression coloniale et au nettoyage ethnique dont ils sont victimes dans leur propre territoire. On veut exprimer nos condoléances et peines profondes aux familles des victimes de ces actes israéliens atroces.

L’état israélien est engagé dans un massacre intensifié contre les Palestiniens pour presque trois semaines. Puisque l’Israël est un allié historique de l’impérialisme occidental, et particulièrement de l’impérialisme étatsunien, les gouvernements des États-Unis, du Canada et de l’Europe ne cessent pas à renforcer ce massacre sans remords par des moyens diplomatiques, militaires et financiers.

Penadant que l’Israël continue a massacré les Palestiniens dans la bande de Gaza et à violer la loi internationale, la communauté internationale ne fait rien. Le général-secrétaire des Nations-Unies, Ban Ki-Moon, démontre cela en exprimant sa version atténuée de la réalité: « Le peuple de Gaza n’a pas d’option pour s’évader. Ils sont enfermés dans un territoire minuscule et encerclé. Chaque quartier est un quartier civil… » Pourtant, Il n’y a aucune action effective de la part de l’ONU.

Le gouvernement israélien a utilisé l’enlèvement et le meurtre de trois jeunes Israéliens dans la Cisjordanie occupé pour justifier son attaque meurtrière sur le peuple de Gaza, toutefois les investigateurs israéliens travaillant sur la disparition et le meurtre des trois jeunes n’ont établi aucune connexion à Hamas ou à la bande de Gaza. La raison véritable pour l’offensive est le refus israélien envers une entente de paix avec les Palestiniens et son but est de briser la nouvelle unité politique entre le Hamas en Gaza et le Fatah dans la Cisjordanie occupée. Ceci démontre encore que le seul intérêt de l’établissement israélien est l’oppression continue des Paléstiniens.

Cependant, les médias bourgeois travaillent sans cesse à justifier les actes sanguinaires d’Israël selon le « droit à l’autodéfense », malheureusement ce droit n’est jamais également accordé au peuple palestinien opprimé. Ce « droit » est exploité par l’Israël comme justification pour le bombardement des hôpitaux, des écoles, des résidences et même des refuges de l’ONU dans la bande de Gaza, résultant dans la mort de civils en cherche d’abri. L’assaut courant est un autre chapitre dans la mission de l’État d’Israël pour renforcer l’apartheid et un nettoyage ethnique complet contre le peuple palestinien. La classe dirigeante au Canada et d’autres pays occidentaux, à travers leur média, expriment clairement leurs supports pour ces ambitions sanglantes. Pour eux, une guerre contre les Palestiniens est simplement une opportunité pour s’engraisser.

En appuyant l’Israël, les gouvernements occidentaux tel que celle du Canada appuie une des forces les plus violentes et rétrograde au Moyen-Orient. Les Palestiniens de la Cisjordanie occupée souffrent de l’abaissement et de la violence quotidiennement, soit aux points de reprise israélienne ou par la violation israélienne continue de leurs droits humains fondamentaux. Les travailleurs palestiniens se font exploiter par les bourgeois israéliens qui opèrent leurs usines dans le territoire occupé, ce qui leur permet à payer des salaires particulièrement bas sans fournir de droits ouvriers. Non seulement est-ce que l’appui de l’état israélien renforce l’oppression historique des Palestiniens, elle prive les habitants d’Israël de paix, de sécurité et d’espoir pour un futur amélioré.

L’Israël doit cesser son attaque sur le peuple de la bande de Gaza, enlever le blocus illégal, arrêter l’apartheid dans la Cisjordanie occupée et reconnaitre le droit du peuple palestinien à leur territoire dont ils se font expulsé sans cesse depuis 1948. Arrêtez le massacre du peuple palestinien! Arrêtez l’occupation et l’oppression israélienne!

DES NOUVELLES DES CAMARADES L’UNIVERSITÉ D’OTTAWA

L’Association des Étudiantes et Étudiants Marxistes de l’Université d’Ottawa est impliquée avec le Mouvement Étudiant Révolutionnaire (MER) depuis sa conception. Lors des dernières années, notre mouvement s’est agrandi de façon étonnante autant à Ottawa que dans le reste du Canada. Le MER s’est répandu dans plusieurs provinces et nous avons établi de nouvelles organisations sur de nombreux campus. Ici à l’Université d’Ottawa, nos capacités d’organisation se sont aussi grandement développées. Ce fut une bonne année. Cependant, comme l’AÉÉMUO a un nom différent des autres sections du MER nous avons commencé à discuter des étapes requises afin de formaliser le MER en tant qu’organisation (i.e. s’éloigner d’une série d’organisations indépendantes en faveur d’une structure, de politiques et de méthodologie communes).
 On nous demande souvent quelle est la relation qu’a le club avec le MER. Bien que l’Association des ÉtudiantEs Marxistes l’Université d’Ottawa a toujours été en faveur de la construction d’un MER formel, notre organisation précède l’effort pour établir un MER, d’où la différence de nom entre les deux organisations. Le nom Association des ÉtudiantEs Marxiste l’Université d’Ottawa reflète également une approche différente dans l’organisation des étudiantEs que celle qui existe actuellement. Au moment de la formation de l’Association nous étions surtout concentrés sur l’étude et la théorie davantage que sur l’aspect pratique. Cette ligne a été corrigée lors de la construction du MER national. L’Association des ÉtudiantEs Marxiste de l’Université d’Ottawa souhaite éliminer toute ambiguïté au sujet de sa relation avec le MER. C’est pourquoi nous changeons officiellement le nom de l’organisation à « Mouvement Étudiant Révolutionnaire – Université d’Ottawa ». 
Nous croyons que ceci reflète mieux notre méthode d’organisation. Ceci nous unit aussi avec les autre MER à Montréal, Québec, Guelph, Toronto et même ici à Ottawa à l’Université de Carleton et au collège Algonquin. Mais surtout, nous faisons ceci pour montrer que nous sommes sans équivoque en faveur de la construction d’un mouvement canadien d’étudiantEs révolutionnaires uniEs et que nous avons pleinement confiance dans le processus déjà en cours. Nous invitons tout le monde qui souhaite faire partie de ces efforts à participer à la troisième Conférence Nationale de la Jeunesse et des ÉtudiantEs Révolutionnaires qui se tiendra le 1-2 mars à Montréal.

Pourquoi la Grève?

Aux étudiant-e-s au premier cycle à l’université d’Ottawa,

L’année dernière, l’université d’Ottawa est devenue la première à se doter d’assemblée générale comme corps décisionnel suprême dans leur fédération étudiante. Pour continuer cet élan, le Mouvement étudiant révolutionnaire demande pour une grève étudiante au printemps 2015 pour se battre contre nos frais de scolarité élevés ainsi que contre le nouveau code de conduite qui est en tain de se faire introduire de façon silencieuse par l’université cette année. Ce document expliquera d’avantages sur ces deux enjeux importants et répondra aux questions des étudiant-e-s qui s’interrogent sur la nature d’une grève.

1) Les frais de scolarités sont-ils si pires que cela?
Oui. Nos frais ont augmenté de façon consécutive pendant 9 ans. Cette année, les frais ont monté de 3% pour les étudiant-e-s locaux, 5% pour ceux dans des programmes professionnels et de 10% pour les étudiant-e-s internationale. Pendant ce temps, la qualité de notre éducation diminue. Nous avons des classes de plus en plus grandes, des salles de classe inaccessibles et des programmes se font couper. Les étudiant-e-s n’ont pas accès à de bons espaces d’étude et ils/elles payent beaucoup trop cher pour rester dans les résidences. Plusieurs ont des emplois à temps partiel ou temps plein (parfois plus d’un!) pour être capable se payer l’école et ceci leur cause plus de problèmes dans leurs études en conséquence de leur division de temps. Les frais de scolarités sont donc un grand obstacle pour les étudiant-e-s

2) Et notre représentation au bureau des gouverneures (BdG)?
Oui elle existe, mais l’histoire nous démontre qu’elle ne peut faire grand-chose. Cette année, le représentant des étudiant-e-s au premier cycle, Vincent Mousseau, a présenté une résolution pour un gèle des frais de scolarité pour l’année 2014-2015. Sa camarade étudiante Myriam Whalen à elle aussi proposer une résolution qui pourrait considérer un gèle. Les deux résolutions furent défaites par une grande majorité du BdG. Il est donc clair que le BdG ne va pas considérer des alternatifs à l’augmentation des frais qu’il n’est pas près à travailler avec les étudiant-e-s. La FÉUO tente la même tactique supportée par de petites manifestations étudiantes année après année, mais sans succès. Pourquoi? Parce que nous avons seulement 3 sièges au BdG. Les étudiant-e-s au Québec n’ont pas ces problèmes. Leur frais de scolarité le plus bas du pays n’est pas le produit d’une participation étudiante sur un BdG mais d’une culture forte de militantisme et de grève. Si nous voulons véritablement bloquer les hausses, il faut considérer la grève comme notre arme la plus puissante.

3) C’est pas un peu extrême de faire la grève? Pourquoi ne pas utiliser d’autres tactiques comme les manifs ou les pétitions?
La grève est un dernier recours. Les autres tactiques ont déjà échoué par le passé. Cependant, elles pourraient avoir plus d’impact dans le contexte d’une grève. La grève doit nécessairement inclure une palette d’actions pour être efficace. Cela peut inclure des marches, des occupations, des actions artistiques, des vigiles; on ne peut négliger aucune tactique tant qu’on les mette au service des demandes de la grève et qu’elles soient décidées par les étudiant.e.s. Il doit aussi y avoir une escalade des actions tout au long de la grève pour plus d’impact.

4) Mais les grèves c’est au Québec que ça se passe, on n’a pas la culture pour ça ici… On n’a pas encore la culture.
La culture des grèves n’est pas apparue spontanément au Québec. Elle se construit depuis 1968 avec une série de grèves qui visaient à ouvrir l’éducation postsecondaire à la classe ouvrière. Il y a eu deux autres grèves en 1974 et ainsi de suite, jusqu’à aujourd’hui alors que les associations étudiantes québécoises planifient une autre grève pour le printemps 2015. Contrairement aux pionniers de 1968, on peut s’appuyer sur toute l’histoire des grèves au Québec, et de la même manière nos luttes pourront aider les étudiant.e.s au Québec et partout au Canada pour faire des gains.

5) La grève a-t-elle une fin?
La grève durera aussi longtemps que les étudiant.e.s le souhaitent. Pour que la grève ait lieu il faut que la masse des étudiant.e.s soient mobilisé.e.s et en solidarité. Les étudiant.e.s peuvent voter pour mettre fin ou pour prolonger la grève à n’importe quel moment; l’idée c’est qu’on décide quand elle se termine, pas l’université.

6) Ça risque de compliquer la fin de mon programme, non?
Oui, une grève pourrait retarder la session et l’obtention de votre diplôme. Mais la dette et les frais en hausse ont le même effet. Plusieurs étudiant.e.s lâchent l’école plusieurs fois avant de terminer leur programme pour travailler afin de payer leurs études. La grève est un moyen de renverser la hausse des frais et la dette montante, sinon on laisse un passe-droit à l’université pour nous exploiter.

7) Ça veut dire quoi pour les étudiant.e.s diplomé.e.s?
Étant donné que les étudiant.e.s diplomé.e.s sont regroupé.e.s sous une autre fédération (la GSAÉD), ils et elles ne sont pas concerné.e.s par ce vote de grève. Nous enjoignons tout de même la GSAÉD à aller en grève à nos côtés. Un campus uni ne sera jamais vaincu!

8) C’est pas un peu égoïste tout ça?
Non, puisqu’aucun étudiant.e n’a eu son mot à dire sur la hausse des frais. La plupart d’entre nous préfèreraient épargner pour l’avenir étant donné la situation de l’emploi. On ne parle pas d’avarice, mais simplement de survie et de bonheur. Les intérêts nous écrasent et beaucoup d’entre nous ne réussiront jamais à tout payer, peu importe les efforts et la persévérance. En plus, si les frais de scolarité suivent le même rythme notre génération ne pourra pas envoyer ses enfants à l’école. On ne parle pas juste de sauver un peu de change, on soutient que ce modèle d’éducation n’est pas durable.

9) Je trouve les frais abordables, pourquoi ça me concernerait?
Les enfants de ta génération ne pourront peut-être pas en dire autant; même nos frères et sœurs plus jeunes auront de la misère à payer si on ne se bat pas maintenant. Il faut aussi penser à nos camarades de classe et à tous ceux et celles qui voudraient aller à l’université, mais qui ne peuvent pas se le permettre.

10) Qu’arrivera-t-il si la grève échoue?
L’échec est toujours une possibilité, mais il y a aussi la possibilité d’une victoire. Si la grève échoue, nous continuerons d’essayer jusqu’à nous ayons éliminé les frais universitaires et permis l’accès à une éducation gratuite. Nous continuerons d’essayer jusqu’à ce que nous vaincrons. S’il vous plait, votez en faveur de la grève ; nous n’avons rien à perdre si ce n’est les frais universitaires ; nous avons un monde à gagner.

Solidairement,

Le Mouvement Étudiants Révolutionnaire

EtudiantEs révolutionnaireEs du Canada et du Québec: Impliquez-vous avec le MER!

EtudiantEs révolutionnaireEs du Canada et du Québec: Impliquez-vous avec le MER!

En décembre 2012 un groupe d’organisations étudiantes anticapitalistes, inspirées par leurs expériences lors du Printemps Érable, se sont rassemblées avec le but de construire une organisation étudiante pancanadienne anticapitaliste. Depuis décembre 2012 nous avons vécu plusieurs succès. Nous avons réussi à nous unir autour d’une ligne politique mettant l’emphase sur la lutte de classe à l’intérieure du mouvement étudiant et avons répandu cette ligne partout au Canada. Nous avons bâti de nouvelles sections tout en agrandissant celles déjà existantes. Nous avons initié et réussis plusieurs campagnes politiques et en avons fait une synthèse.

Nous sommes maintenant prêts à annoncer la complétion de ce projet – la fondation du Mouvement Étudiant Révolutionnaire pancanadien!

Nous savons par expérience que le mouvement militant et révolutionnaire dont nous avons besoin ne sera pas bâti par les syndicats étudiants bureaucratiques reliés aux partis politiques capitalistes ou en restant dans les limites de ce que la classe dirigeante considère comme «acceptable». Nous ne devons pas avoir peur de nous distancer des vieux modèles d’activisme. Ce sont ces forces qui ont travaillé contre la construction d’un mouvement étudiant et il est temps de les laisser de côté! Nous devons nous unir autour d’une ligne politique qui met l’emphase sur l’action directe, la militance, la démocratie et le syndicalisme combatif.

Le capitalisme ne peut pas être réparé ou amélioré. Loin d’être un billet vers le confort de la classe moyenne, l’éducation sous le capitalisme est de plus en plus un moyen par lequel une dette massive est attelée aux cous de la jeunesse ouvrière. Au mieux, le système d’éducation sous le capitalisme sert à former les travailleurs à accomplir les tâches nécessaires aux capitalistes ou à consolider la jeunesse de la classe capitaliste – la classe dirigeante de demain. L’éducation qui devrait être libérant ne l’est pas. Pour être directs, nous ne pouvons plus niaiser. Nous avons besoin d’un mouvement qui n’a pas peur de s’organiser, de se mobiliser et de lutter. Ceci est le mouvement que nous bâtissons.

Mais que fait réellement le MER? Le MER était très actif lors de la grève au Québec en 2012, soit avec les organisations étudiantes ou lors de la manif à Victoriaville. Nous unifions les étudiants anticapitalistes au Québec et au Canada afin de partager les leçons apprises lors de la grève de 2012; nos membres hors du Québec ont organisé des actions de solidarité avec la grève. En Ontario, nous avons organisé un boycottage des élections provinciales. Cet été lors de la Conférence des Mouvements Étudiants à Montréal, nous avons mené la charge des étudiants radicaux et avons réussi à adopter une proposition lors de la conférence qui dénonce les lobbyistes bureaucratiques de la Fédération Canadienne des Étudiantes et Étudiants (FCÉÉ), l’Alliance Canadienne des Associations Étudiantes (ACAÉ), la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ). Au Collège Algonquin, nous avons fait campagne avec succès pour le transport en commun abordable pour les étudiants. Ce ne sont que quelques-uns des succès qui ont formé nos expériences.

Plus récemment, avec l’approche d’une grève au Printemps 2015, nos membres au Québec luttent pour rendre cette grève aussi grande et militante que possible. Au Canada anglais, nous combattons pour amener des Assemblées Générales réellement démocratiques au plus grand nombre de campus possible. En fait, le MER de l’université d’Ottawa a déjà été victorieux sur ce point et mène de l’avant un plan pour une grève d’un jour en solidarité avec le Printemps 2015 – la première de son genre au Canada anglais!

Lors de notre plus récente conférence, nous avons solidifié nos perspectives politiques sur une fondation révolutionnaire et anticapitaliste. De plus, nous avons ratifié la constitution du MER pancanadien. Ce sont des bornes qui représentent la convergence de tout notre travail lors des deux dernières années et qui servira de point de départ pour les années à venir. Dans les années précédant cette conférence, le MER a émergé en temps que l’organisation étudiante anticapitaliste la plus active, militante, et la plus présente au Canada. Nous avons pu construire des liens et travailler avec des étudiants radicaux partout au Canada. Nous continuerons sur ce chemin lors des années qui suivront en avançant la lutte de classes, en combattant pour les étudiantEs de classe ouvrière et en mettant ces luttes au service de la classe ouvrière en général.

Bien sûr, nous ne pouvons pas faire ceci sans aide. Malgré le fait que nos perspectives et nos activités se sont avancées de façon significative depuis 2012, nous sommes loin d’être parfaits. Nous cherchons à nous unir avec toutes les étudiantEs anticapitalistes dans le pays, que ce soit des individus ou des groupes, pour construire une organisation qui fera trembler les fondations de notre société – une organisation capable de faire la révolution. Nous appelons toutes les étudiantEs révolutionnaires au Canada de se joindre à cet effort en rejoignant un chapitre du MER ou en organisant leur propre chapitre là où il n’en existe pas. Nous appelons les ÉtudiantEs et organisations révolutionnaires à s’engager avec le MER afin de construire le mouvement de grève du Printemps 2015. Vous pouvez nous contacter par courriel à info@mer-rsm.com . Nous sommes impatients d’avoir de vos nouvelles!

Soit nous détruirons le capitalisme ou le capitalisme nous détruira. Les conditions de vie des travailleurs continuent de détériorer. Le taux de chômage augmente chez les jeunes et les emplois de qualité disparaissent. L’austérité est une réalité toujours présente pour un nombre croissant de personnes. Une nouvelle série de guerres impérialistes viennent d’être lancées contre l’Iraq, la Syrie, L’Ukraine et l’Afghanistan. Les populations autochtones canadiennes continuent d’être ravagées par le colonialisme. La crise environnemental s’aggrave et est ignorée. Plus que jamais nous avons la chance et la responsabilité de changer l’histoire. Ne ratons pas notre chance.

APPEL À LA QUATRIÈME CONFÉRENCE DU MOUVEMENT ÉTUDIANT RÉVOLUTIONNAIRE – VILLE DE QUÉBEC, NOVEMBRE 2014

APPEL À LA QUATRIÈME CONFÉRENCE DU MOUVEMENT ÉTUDIANT RÉVOLUTIONNAIRE – VILLE DE QUÉBEC, NOVEMBRE 2014

Dans les deux années qui ont suivi la Conférence inaugurale des étudiants radicaux et jeunes révolutionnaires, tenue à Toronto en décembre 2012, le Mouvement étudiant révolutionnaire (MER) a fait d’immenses progrès. De plus, il a reconfiguré la mosaïque des forces étudiantes au Canada en construisant une alternative révolutionnaire viable afin de mettre de l’avant la lutte des classes sur les campus. Grandissant d’une poignée de groupe plus ou moins affiliés à Toronto, Montréal, Ottawa et Québec, le Mouvement étudiant révolutionnaire s’est développé en une organisation présente dans 10 villes. Il s’est aussi développé en une union se renforçant de jour en jour autour des questions politiques et stratégiques les plus pressantes pour les révolutionnaires de nos jours et, notamment, autour de la question : comment bâtir la voie révolutionnaire?

Cette unité a récemment été exprimée en Ontario pendant la campagne électorale provinciale quand les membres du MER ont rejoint des révolutionnaires de partout dans la province dans la campagne «Boycott the Elections». Cette campagne a vu plus de huit villes tenir des événements pour dénoncer la démocratie bidon de la législature ontarienne.

Notre unité s’est aussi démontrée à la «Montreal Student Movement Conference» où le MER a joué un rôle de leadership prononcé parmi les étudiants radicaux en ciblant la FCÉÉ (CFS) comme étant un obstacle à l’émergence d’un mouvement militant pan-canadien et comme étant une nuisance à la démocratie sociale pour freinant ainsi l’initiative des jeunes et des étudiant-e-s d’aujourd’hui. Cette position politique avant-gardiste au Canada anglophone fut fermement soutenue en débat et adoptée par l’entièreté de la Convention.

La pertinence de notre approche stratégique ne peut mieux se démontrer que par les succès du MER-UOttawa. Nos camarades y ont initié et mené une solide campagne en faveur de l’instauration d’une Assemblée générale (AG) en organisant les masses; ce qui leur a valu une victoire à 69% du vote – et ce en le faisant ouvertement en tant que communistes!

De tous ces exemples, un thème commun émerge : Nous progressons et Nous avons de l’initiative. Plus que jamais, le Mouvement étudiant révolutionnaire s’impose comme une option incontournable en tant qu’organisation pan-canadienne d’étudiants et d’étudiantes révolutionnaires. Ceci démontre ainsi deux choses : (i) que les conditions pour l’émergence d’un mouvement révolutionnaire plus large existe au Canada et (ii) que l’approche du MER est la mieux outillée pour prendre avantage de ces conditions.

Au printemps dernier lors de la Troisième conférence des jeunes révolutionnaires et étudiants radicaux à Montréal, Nous avons adopté quantité de propositions afin de guider notre travail et afin de mettre sur table les éléments nécessaires à l’édification du MER en tant qu’organisation révolutionnaire pleinement pan-canadienne. De l’expansion à Vancouver en passant par la rédaction d’une constitution jusqu’à un travail rejoignant et regroupant de plus en plus de gens, la majorité des objectifs que nous nous sommes imposés ont été remplis. Il est nécessaire que nous nous rencontrions à nouveau afin de faire le suivi des progrès faits depuis et afin de tracer la voie à suivre pour les mois à venir.

C’est en cet esprit que le Mouvement étudiant révolutionnaire annonce fièrement la 4e Conférence de jeunes révolutionnaires et étudiantes radicaux, tenue cette fois-ci à Québec du 15 au 16 novembre 2014.

Avec des invités d’une rive à l’autre du pays, ceci promet d’être un nouveau bond en avant historique dans l’édification de forces révolutionnaires au Canada! Nous assisterons à et guiderons la transformation de la carte politique du pays, et nous bâtirons la voie révolutionnaire!

Les camarades intéressé-e-s sont encouragé-e-s à s’enregistrer soit auprès de leur branche locale du MER, soit en utilisant le formulaire en ligne disponible à ce lien ici. Nous recueillons présentement jusqu’au Novembre 5, 2014 les propositions qui guideraient notre travail idéologique, politique et organisationnel de façon à en débattre lors de la Conférence.

Une aide pour les besoins spéciaux en fait de logement ou de transport est fournie : les camarades peuvent compter sur notre aide et notre soutien!

Avec une expérience riche et grandissante en plus d’avoir le momentum, l’avenir s’affiche radieux. Maintenant plus que jamais, nous vivons le slogan: Osez lutter, osez vaincre!

RÉSOLUTIONS DE LA TROISIÈME CONFÉRENCE DES ÉTUDIANTES RÉVOLUTIONNAIRES

RÉSOLUTIONS DE LA TROISIÈME CONFÉRENCE DES ÉTUDIANTES RÉVOLUTIONNAIRES

1) Un comité constitutionnel devrait être établi avec pour tâche d’écrire la constitution de MER-RSM. Ce comité devra prendre en compte les recommandations faites lors de la séance plénière. Toute recommandation devrait être soumise au plus tard deux mois avant la prochaine conférence du MER-RSM. Une ébauche de la constitution devra être préparée et disséminée au plus tard un mois avant la prochaine conférence du MER-RSM.

2) Le MER-RSM est une organisation centrée sur les enjeux touchant la jeunesse et les étudiantEs, incluant les droits économiques et l’accès à l’éducation.

3) Un comité d’information et de propagande devrait être établi. Ce comité est responsable de :

  1. Produire un document exposant l’histoire du mouvement étudiant au Canada afin de mieux comprendre notre situation actuelle.
  2. La traduction et la centralisation de tous les matériaux existants.
  3. Financer et produire ces matériaux.
  4. Assurer un certain degré de régulation de la «marque» du MER-RSM.
  5. Créer et consolider une présence dans les médias et médias-sociaux.
  6. Déterminer les capacités de production de propagande dans les sections du MER-RSM et la coordination de ceux pouvant faire différentes tâches de propagande au niveau de plusieurs sections du MER-RSM.
  7. La production d’une publication pancanadienne contenant des contributions de diverses sections du MER-RSM qui agira comme forum de débat politique ainsi qu’en tant qu’organe de publicisation de nos points de vue et de nos luttes actuelles.

4) Un comité de coordination pour l’intégralité du MER-RSM, composé d’au plus 7 membres, devrait être établi. La composition de ce comité n’est pas basée sur la distribution géographique, mais ceci sera revisité lors de la prochaine conférence. Ce comité sera responsable de :

  1. S’assurer que le comité constitutionnel et comité d’information et de propagande s’occupent de leurs tâches respectives.
  2. Assurer la propagation du MER-RSM (Tels que décidé dans la résolution #7)
  3. La coordination entre différentes sections du MER-RSM.
  4. La coordination des activités annuelles, entre autre la prochaine conférence du MER-RSM.
  5. Assurer la propagation du MER-RSM dans les écoles secondaires, collèges et universités.
  6. Agir en tant que leadership central du MER-RSM jusqu’à ce que la constitution décrivant le leadership formel soit présentée lors de la prochaine conférence.

5) Une quatrième conférence des étudiantEs et de la jeunesse révolutionnaires devra avoir lieu à Québec en octobre 2014.

6) Un code de procédure devra être établi pour la prochaine conférence. Le comité de coordination devra s’assurer que chaque section reçoit les matériaux appropriés afin de se familiariser avec ces procédures.

7) Le MER-RSM établira une section à Vancouver et a Kamloops. Un événement de quelque sorte devrait avoir lieu à Halifax avant la prochaine conférence.

8) Un guide d’étude de base devrait être produit afin de promouvoir le développement idéologique des nouveaux membres. Ce guide sera produit par le comité d’information et de propagande. Le document devrait suivre le modèle du cours de base MLM, mais aussi être adapté pour le public canadien.

9) LE MER-RSM souhaite organiser une série de débats avec la Ligue de la Jeunesse Communiste ayant comme thème «Le rôle des révolutionnaires dans le mouvement étudiant». Nous adressons formellement une invitation afin de débuter ce processus.

APPEL À LA TROISIÈME CONFÉRENCE ÉTUDIANTE RÉVOLUTIONNAIRE

APPEL À LA TROISIÈME CONFÉRENCE ÉTUDIANTE RÉVOLUTIONNAIRE

C’est présentement le meilleur moment depuis plus d’une génération pour être révolutionnaire. Les conditions objectives pour l’émergence d’un mouvement révolutionnaire authentique au Canada sont réunies. Le Mouvement Étudiant Révolutionnaire fait partie d’une tentative de construire les conditions subjectives – l’organisation consciente des communistes – vers un point où l’on sera capables de faire face aux défis et de profiter des opportunités que l’histoire nous offre.
En ce moment, deux phénomènes inter-reliés ont le potentiel de pousser la lutte des classes au Canada à un degré qualitativement plus élevé et on doit répondre aux deux si on souhaite réaliser ce potentiel. D’une part, le taux croissant de jeunes travailleurs et travailleuses, d’étudiants et d’étudiantes qui arrivent spontanément à des conclusions communistes malgré un isolement relatif les un-e-s des autres – culminant parfois en la création de petits groupes indépendants sur un campus ou dans une ville – et qui constituent presque plus rapidement le noyau, quoiqu’encore novice, de la prochaine génération de leaders anticapitalistes et communistes. Ces forces, qui en général appuient le militantisme et la révolution tout en rejetant le réformisme et le révisionnisme qui ne mènent qu’à rien d’autre qu’à l’échec, commencent elles-mêmes à se rallier les unes et les autres alors qu’elles étaient auparavant dispersé-e-s. Cette tendance à l’unité doit être appuyée de façon à s’étendre davantage, se manifestant par l’unité dans la théorie et dans la pratique.
D’autre part, il y a une conscience politique plus avancée parmi les masses en général. Les travailleurs et les travailleuses qui négligent de participer au simulacre d’élections de la bourgeoisie constituent un nombre record. Les étudiant-e-s du Québec ont montré à nouveau la force de l’unité, de l’action et du militantisme. Les Premières Nations résistent à l’appropriation coloniale de leurs territoires et à l’exploitation de leurs ressources aux mains des entreprises capitalistes avec une fréquence et un militantisme que l’on n’avait pas vu depuis plus d’une décennie. Bien qu’aucun de ces groupes ne soient absolument corrects dans leur vision ou leur stratégie, ils représentent un mécontentement croissant par rapport à l’état actuel des choses et nous indiquent une occasion de rallier les éléments les plus avancés parmi ces tendances dans une ligne politique cohérente qui peut motiver les gens à agir. Les masses n’ont pas été aussi prêtes à être ralliées à une ligne politique révolutionnaire depuis un bon bout de temps.
La spontanéité est commune aux deux phénomènes. Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est d’une part la capacité à organiser cette spontanéité, pour la rendre cohérente, stable et permanente. D’autre part, nous devons fournir des réponses révolutionnaires aux questions pressantes de notre temps de façon à faire des avancées parmi les étudiant-e-s prolétarien-nes qui sont de plus en plus à voir leurs diplômes liés à une économie qui n’a plus rien à leur offrir, sauf le chômage, les dettes et une vie où l’on s’en sort à peine. Ce n’est pas une question que nous devrions laisser au hasard, c’est plutôt une raison pour laquelle on doit s’organiser et se préparer. Cette préparation va demander que l’on développe une approche théorique solide, une capacité pratique et une structure organisationnelle.
Ce phénomène est l’impulsion pour le mouvement étudiant révolutionnaire national uni que nous construisons. Imaginez : une organisation nationale, unie autour d’une politique explicitement communiste et active dans la construction d’un mouvement révolutionnaire avec le souffle et la profondeur nécessaires pour réellement menacer le capitalisme. Une organisation avec de la propagande systématique, des campagnes coordonnées et une perspective politique claire. Une organisation qui peut puiser dans les expériences des organisatrices et des organisateurs révolutionnaires partout au pays, qui peut synthétiser ces expériences dans des stratégies et développer la théorie et la pratique pour être capables d’amener des sections significatives des masses à agir.
Avec ce but en tête, le Mouvement Étudiant Révolutionnaire lance un appel pour toute la jeunesse, tous les étudiants et toutes les étudiantes révolutionnaires à se rassembler pour la 3e Conférence de la jeunesse et des étudiant-e-s révolutionnaires! Prévue en Mars 2014 à Montréal, cette conférence a pour but de :
  • Déterminer les pré-conditions nécessaires pour fonder une organisation nationale
  • Évaluer la situation actuelle à la lumière de ces pré-conditions;
  • Déterminer les étapes nécessaires pour rencontrer ces pré-conditions
Suivant les 1ère et 2e conférences à Toronto et Ottawa, notre réseau s’est étendu substantiellement en taille et en portée. Notre travail des derniers mois, que ce soit en organisant des communistes conscient-e-s ou en amenant nos politiques vers les masses où nous les avons rejoints dans les luttes qu’elles ont initiées, a généré des gains significatifs et des leçons importantes qui devraient être systématisées, et cette conférence sera l’occasion parfaite pour le faire.
L’époque où l’on se contentait de cacher nos politiques communistes, en les effaçant toujours plus dans chaque mouvement pour une nouvelle réforme socio-démocrate, est désormais révolue. Nous avons appris dans le développement de nos luttes respectives que si nous ne mettons pas le communisme sur la table, personne ne le fera.
Nous invitons les organisations locales et les individus à produire des contributions concernant ces questions et à les soumettre six semaines avant la conférence pour les compiler dans un document qui sera remis aux participant-e-s à la Conférence.
C’est maintenant le temps d’avancer et de créer quelque chose qui pourra changer le paysage politique sur les campus et au-delà. C’est le moment d’aller plus loin que les limites du monde dans lequel nous sommes nés et de commencer à transformer le monde pour nous-mêmes. C’est le moment de nous affirmer nous-mêmes, c’est à nous maintenant de marquer l’histoire.
On se voit en mars.
RÉSOLUTIONS DE LA 2E CONFÉRENCE

RÉSOLUTIONS DE LA 2E CONFÉRENCE

Le comité d’organisation de la Seconde Conférence des Étudiant-e-s et de la Jeunesse révolutionnaires souhaitent remercier chaleureusement tous ceux et toutes celles qui y ont assisté. Nous invitons par ailleurs tous les militants, toutes les militantes intéressées par les questions d’organisation révolutionnaire au Canada à prendre note des propositions adoptées et à se joindre au travail en vue de la 3e conférence, qui aura lieu au début de l’année 2014, à Montréal.

Solidairement!


 

1) Que l’on continue à bâtir le MER en:

a. Formant de nouveaux groupes où il n’en existe pas déja
b. Travaillant avec les organisations existantes, où elles existent
c. Rallier de nouveaux groupes à la prochaine conférence
2) Que l’on travaille vers un nouveau mouvement pratique et théorique servant le peuple, ayant les principes révolutionnaires suivant :

a. Anticapitalisme
b. Radicalisme
c. Combativité
d. Internationalisme
e. Indépendance envers l’État
f. Antiréformiste
g. Lutter pour une éducation de base scientifique et prolétarienne
3) Que l’on développe une ligne prolétarienne quant aux luttes féministes, anti-racistes et contre toute autre forme d’oppression
4) Que l’on tienne une 3e conférence en début 2014, à Montréal
5) Que l’on organise une tournée d’assemblées publiques, à la fin de 2013, en différents lieux, afin de promouvoir le MER et la 3e conférence
6) Que l’on organise un évènement à Vancouver à l’automne afin de promouvoir le MER
7) Chaque ville/campus/organisation choisira une personne qui sera en charge de maintenir contact avec le MER et de mobiliser pour la prochaine conférence
8) Chaque ville/campus/organisation, dans une perspective
anti-impérialiste, devra:

a. Mobiliser pour la campagne de solidarité avec la guerre populaire en Inde le 1er juillet
b. Démontrer sa solidarité contre l’agression impérialiste envers le peuple Syrien
c. S’opposer à l’impérialisme canadien sous toutes ses formes
9) Que l’on intégre de nouvelles traditions de lutte révolutionnaire.
Que l’on forme un noyau révolutionnaire auprès des étudiants.
Que l’on dirige la lutte contre la bourgeoisie et l’État capitaliste.
Que l’on fasse de chaque lutte une menace à la paix sociale, un problème politique qui incitera à la lutte pour le socialisme et le pouvoir prolétarien.


 

Les limites du mouvement étudiant actuel

Les limites du mouvement étudiant actuel

Les limites du mouvement étudiant actuel

 

Pour beaucoup, la réalité politique s’appréhende essentiellement à travers des catégories telles que « gauche/droite », « radicaux/modérés ». Catégories utiles, certes, mais qui offrent un portrait grossier, du moins très approximatif de la réalité. Elles sont essentiellement relatives, sans  contenu ou orientation politiques précis ; elles renvoient à des éléments changeant au gré des flux et reflux de la lutte des classes. Être à gauche, au Canada, en 2013, est-ce que ça signifie la  même chose que dans la Russie de 1917, ou l’Espagne de 1936, la France de 1968? Et au fait, être à gauche de quoi ?

Pour étayer un projet révolutionnaire, il faut s’armer d’une conception infiniment plus précise de la réalité sociale et politique. Il faut en fait s’appuyer sur une conception scientifique du monde. À cet effet, l’absence, ou la faiblesse de l’analyse de classe dans le mouvement étudiant est un sérieux obstacle à une pratique politique plus avancée, plus ambitieuse. Si on ne comprend pas le caractère multi-classiste du mouvement étudiant, et qu’on se borne à penser la communauté étudiante comme sujet politique, on n’arrivera ni à définir d’objectifs clairs ni à savoir sur quelles forces s’appuyer pour avancer; bref, il sera impossible de formuler une stratégie révolutionnaire cohérente. Or la confusion en matière de transformation sociale est toujours récupérée par la bourgeoisie, qui elle sait ce qu’elle veut faire de cette société.

Une analyse de classe implique de chercher comment les différents enjeux de société, en éducation comme ailleurs, renferment les intérêts contradictoires, conflictuels de différentes classes sociales; comment les différentes luttes témoignent d’un problème global, celui de l’émancipation d’une classe face à une autre. Se sentir à gauche et plaider la justice sociale ne suffit pas. Ce qui importe, c’est de bien discerner où passe la ligne de démarcation de cette contradiction et choisir clairement de quel côté on se positionne. C’est à cette condition qu’on peut espérer avoir prise sur la réalité et s’affranchir de la poursuite vaine d’un illusoire « bien commun », pour reprendre une conception social-démocrate aussi répandue que pernicieuse. Qu’on se le dise, entre la bourgeoisie et le prolétariat, il n’y a pas de bien commun, il n’y a qu’un irréductible rapport de domination et d’exploitation. Prétendre le contraire, c’est entretenir la confusion, c’est handicaper le prolétariat dans sa conscience de classe. Pour que la société réalise un bien commun, il faudra d’abord que la bourgeoisie ait été renversée, éradiquée en tant que classe dominante.

Penser les luttes en termes d’intérêts d’une classe précise, et chercher d’abord et avant tout à s’y appuyer, ça évitera également d’en appeler inutilement à la conscience de la dite « société civile », autre concept vaseux du réformisme contemporain. La société civile, ce sont toutes les classes à la fois telles qu’elles s’organisent dans la vie civile, c’est-à-dire en dehors de l’État, et plus souvent qu’autrement ça renvoie à des organisations bourgeoises qui prétendent parler au nom de la société toute entière. Encore une fois, derrière cette façade unitaire, il importe de départager les camps pour construire un projet politique autour de la seule classe qui a véritablement intérêt à se débarrasser du capitalisme, la seule classe « révolutionnaire jusqu’au bout ».

Pour les militant-e-s du mouvement étudiant, il s’agit plus précisément de dépasser l’idée de construire l’unité autour des intérêts étudiants. Une telle chose n’existe pas. Il faut choisir entre les  intérêts du prolétariat en matière d’éducation et ceux de la bourgeoisie. Et il faut les défendre en tant que tels. Que l’on veuille ou non, considérer la formation d’un rapport de force pour gagner une revendication comme une stratégie, c’est ériger en stratégie la nécessité évidente, dans le cadre de toute lutte, de créer un mouvement suffisamment fort pour atteindre les buts fixés, c’est l’abc de la lutte. Mais, c’est aussi une façon commode d’évacuer la nécessité de développer stratégie à long terme, une orientation de fond avec des buts précis et d’accumuler à travers les combats de nouvelles forces. On se contente au contraire de voguer de grève en grève avec parfois des réussites et, trop souvent des échecs. Trop peu souvent on cherche à comprendre les raisons qui expliquent en quoi nos décisions, nos moyens de luttes soient les bonnes décisions et les bons

 

Le mouvement étudiant et le mouvement ouvrier et syndical

Les faiblesses théoriques du mouvement étudiant s’observent également dans le rapport que trop de militant-e-s espèrent entretenir avec le mouvement ouvrier. Cet espoir trahit une mauvaise compréhension du rôle joué par les syndicats dans cette période de l’histoire du capitalisme. C’est qu’il faudra bien tirer la conclusion suivante: les syndicats sont aujourd’hui un puissant facteur d’adhésion des travailleurs et travailleuses au capitalisme et une force de répression de la combativité ouvrière dans la lutte des classes. Cette erreur prend la forme d’une fétichisation des syndicats, et d’une réduction du mouvement ouvrier à sa forme syndicale.

Combien de fois a-t-on religieusement déclaré une volonté d’agir en solidarité avec le mouvement ouvrier et les mouvements sociaux? C’est une constante de tous les plans d’action, au moins au sein de la frange de gauche du mouvement. On espère tout haut que les syndicats se mettront en lutte, qu’on votera la grève sociale. Il faudra pourtant faire le bilan de cette «solidarité». Qu’en est-il sorti ? Parfois de très timides appuis officiels au bas d’un communiqué, la participation à d’infructueuses coalitions où il faut faire tous les compromis, les témoignages de sympathie pour les luttes étudiantes de la part de militants individuels, mais qui ne peuvent engager leur instance, un discours de bon ton lors d’une manifestation, souvent un simple désaveu public puant de paternalisme.

Jamais il n’y a l’ombre d’une véritable lutte menée côte à côte avec les travailleurs et les travailleuses. Toutes les bonnes intentions sont amorties par le tampon bureaucratique des organisations syndicales. Faut-il en donner quelques indices? La quantité impressionnante de cadres syndicaux, du sommet à la base, qui sont politiquement inféodés au parti patronal que sont les Partis Québécois et le Nouveau Parti Démocratique, et qui ont enterré depuis longtemps la question sociale sous la question nationale, qu’elle soit québécoise ou canadienne.

L’intégration des appareils syndicaux au capital financier par l’intermédiaire des fonds d’investissement, les intérêts ouvriers étant désormais plus que jamais soumis à la rentabilité du capital sous prétexte de sauvegarde des emplois. Les exemples qui s’accumulent de conflits de travail dans lesquels les syndicats font passer au travers de la gorge de leurs membres.

Faire la jonction entre le mouvement étudiant et le mouvement ouvrier est un objectif louable, c’est même un impératif. Mais cette jonction ne doit pas être de pure forme, protocolaire. Elle doit se faire sur des bases politiques appropriées, c’est-à-dire prolétariennes et révolutionnaires, et ceci ne se fera pas par l’intermédiaire des syndicats. Il faut aller directement à la rencontre des travailleurs et des travailleuses, et les organisations pour nous permettre de le faire doivent encore être créées.

 

Faire sauter les verrous

Parmi les verrous idéologiques les plus lourds qui pèsent sur le potentiel révolutionnaire de la jeunesse étudiante, il y a une série de conceptions tactiques erronées ou limitées. Au niveau de la stratégie – c’est-à-dire au niveau des objectifs globaux, fondamentaux – il faut bien constater que plusieurs militants et militantes se situent du côté de l’avant-garde en se réclamant, avec plus ou moins de précision, de la révolution et de l’anti-capitalisme. Or le chemin qui mène à ces objectifs, qui matérialise au jour le jour la stratégie, est fait de choix, d’étapes, de méthodes, de détours, de tactiques.

Les principaux problèmes tactiques de l’extrême gauche révolutionnaires et anticapitalistes sont l’économisme et l’opportunisme. L’opportunisme, au sens où nous l’entendons, ne renvoie pas nécessairement ni même essentiellement à l’attitude malhonnête d’un carriériste ou d’un bureaucrate qui ferait passer ses intérêts personnels au premier plan même si ce genre d’opportunisme existe aussi, mais ce n’est pas le plus problématique. Il s’agit d’une erreur d’analyse politique partagée par des militantes et militants le plus souvent honnêtes et sincères, il s’agit généralement se substituer «les intérêts immédiats aux intérêts fondamentaux de la classe ouvrière, la recherche du succès immédiat à la lutte pour la révolution prolétarienne et pour le socialisme», à aplatir la stratégie révolutionnaire par des considérations tactiques à courte vue. Ce concept d’opportunisme, nous le devons aux révolutionnaires du début du XXe siècle, comme Lénine et Rosa Luxembourg. C’est objectivement une trahison de l’objectif révolutionnaire faite au nom d’impératifs immédiats du processus révolutionnaire.

La forme la plus répandue de l’opportunisme à l’heure actuelle dans le mouvement étudiant pourrait être qualifiée de théorie du radicalisme étapiste, avec des traits tantôt libertaires, tantôt marxisantes, parfois simplement syndicales. C’est essentiellement un processus de radicalisation des masses par les luttes jusqu’à l’éclosion des conditions d’un soulèvement révolutionnaire.  Alimentons le feu, donc, mais surtout, ne l’étouffons pas ! N’alons pas devancer le degré de conscientisation, de radicalisation des masses.

On voit bien ce que permet ce radicalisme étapiste: concilier une pratique essentiellement réformiste et économiste avec l’adhésion en principe à un horizon révolutionnaire. C’est la façon bon marché d’être d’extrême-gauche, où en fait la révolution devient moins une pratique politique qu’une sous-culture de groupe, avec ses symboles, ses chansons, ses micro-polémiques, ses soirées bien arrosées…

Pour l’heure, on s’absorbe tout entier dans les luttes immédiates, on s’immerge dans le mouvement spontané pour y faire progresser les consciences pas à pas, ici et maintenant, sans se préoccuper vraiment de la destination. On ne clarifie jamais les questions politiques, de stratégie et de tactique, relatives à la révolution, car c’est une perspective qui apparaît toujours comme trop lointaine, trop abstraite. Souvent cela prend la forme d’un mépris pour le débat et la réflexion théoriques au nom des réalités concrètes. C’est en bonne partie ce qui explique la pauvreté des luttes idéologiques dans le mouvement étudiant actuel et la stagnation de ses retombées politiques.

La matérialisation de cette conception tactique, c’est le cantonnement du militantisme dans les cadres du syndicalisme étudiant, l’outil de radicalisation des campus. L’association étudiante et l’assemblée générale sont alors le seul horizon; la prochaine proposition, la prochaine manifestation, le prochain congrès et l’impératif absolu d’y remporter des votes deviennent tout et les perspectives politiques à long terme ne sont plus rien. Pire encore, on adopte à qui mieux le vocabulaire de la bourgeoisie, celui qui constitue déjà le discours dominant, sans se préoccuper des graves handicaps idéologiques que cela représente dans la (re)construction d’une conscience de classe ; à cet égard, on choisit souvent les chemins plus faciles, trait caractéristique de l’opportunisme. On ne se prive pas impunément des outils d’une compréhension scientifique du monde sur lequel on cherche à avoir prise pour le transformer.

Sans travail politique révolutionnaire indépendant – nous entendons par là affranchi des structures associatives multiclassistes, pratiqué sur des bases révolutionnaires explicites et non seulement syndicales –, le syndicalisme étudiant, même «de combat», devient vite un plafond dans le processus de radicalisation. D’une part, c’est un mouvement fortement marqué par les cycles, les flux et reflux de mobilisation et de combativité, le renouvellement de ses membres C’est que le statut d’étudiante ou d’étudiant est par définition, dans notre société, transitoire.  Ceux et celles qui ont fondé leurs espoirs dans le syndicalisme ouvrier ou le milieu communautaire s’aperçoivent qu’il est autrement plus compliqué d’y être « radical-e » que dans les bastions de la gauche étudiante. D’autres cèderont à la pression en rentrant dans le rang d’un militantisme bureaucratique et de collaboration de classes. D’autres enfin se résigneront à offrir au meilleur de leur capacité un soutien à des populations en difficulté, se contentant par là surtout de panser les plaies béantes de la société capitaliste, sans réel espoir d’endiguer le mal par cette intervention sociale. En se cantonnant dans les structures et le langage du syndicalisme étudiant de combat, on gaspille une grande part du potentiel politique que recèle ce mouvement. On s’empêche de cueillir les meilleurs fruits de la radicalisation des masses étudiantes en accumulant des forces pour la révolution.

Mais les luttes pour les réformes immédiates sont les racines mêmes de la lutte pour le socialisme. La lutte pour des réformes – ou des revendications immédiates – et la lutte pour la révolution et le socialisme ne sont pas renvoyées dos-à-dos, mutuellement exclusives. Il y a moyen d’articuler les deux, de s’adresser aux besoins pressants des masses sans glisser dans l’opportunisme, sans compromettre les objectifs fondamentaux. Or, les conceptions tactiques dominantes dans les milieux radicaux du mouvement étudiant n’y parviennent pas. Il faut user d’un peu plus d’esprit dialectique, en l’occurrence il apparaît qu’il faut renverser la problématique qui sert de prémisse à la thèse de la radicalisation par étapes.

 

On a beaucoup prétendu que si les luttes sur les revendications immédiates ont tant de mal à aboutir – la lutte récente sur les frais de scolarité par exemple – c’est qu’on n’avait pas suffisamment tapé sur le clou de la préservation des acquis, et qu’on n’avait pas suffisamment construit le mouvement dans ses formes syndicales et réformistes, rassemblé dans un très large front uni ; qu’on avait même effarouché les consciences sociales émergentes par des propositions «extrémistes», à savoir la gratuité scolaire. Nous croyons plutôt que si le front de la préservation des acquis sociaux recule, et qu’à plus forte raison celui de la lutte pour de nouvelles réformes est frappé d’impuissance, le principal facteur en est l’absence d’un mouvement révolutionnaire un peu significatif.

Quel intérêt le gouvernement a-t-il à donner satisfaction, même partiellement, aux revendications actuelles de l’aile « réformiste radicale » du mouvement étudiant ? Aucun. Pour qu’il s’intéresse à ces revendications, il faudrait qu’il y voit pour lui un moindre mal, un façon d’échapper à pire. La bourgeoisie s’engage dans des réformes sociales par peur de la révolution. L’offensive de la bourgeoisie à l’échelle mondiale depuis deux à trois décennies, qu’on appelle souvent néolibéralisme, correspond aux reflux de la révolution. Voilà l’équation. Et la tendance à renverser.

Le jour où il y aura une frange significative de militants et militantes capables de déployer une agitation-propagande révolutionnaire dans le mouvement étudiant, de construire une opposition radicale aux intérêts de la bourgeoisie, alors le besoin se présentera pour le gouvernement d’isoler cette frange, de lui couper ses appuis. Et dans la mesure où la répression seule ne suffira pas, qu’il faudra y offrir une réponse politique, c’est vers le mouvement réformiste que l’État devra se tourner, sur lequel il devra s’appuyer. Et c’est alors que de nouveaux acquis sociaux auront le plus de chance d’être arrachés.

 

Vers un nouveau mouvement

En avançant l’idée qu’il est possible de transformer le mouvement étudiant, nous postulons donc qu’il est possible – et nécessaire – de déployer une activité politique révolutionnaire au sein du mouvement étudiant. Pour cela, il y a selon nous plusieurs obstacles à surmonter, qui sont d’abord d’ordre idéologique. Le militantisme étudiant, même dans ses formes strictement syndicales, politise ceux et celles qui l’animent. Il agit sur plusieurs comme un éveilleur de conscience sociale. Rapidement, toutefois, les armes idéologiques (concepts, principes, notions de stratégie et de tactique, etc.) transmises par ce militantisme s’avèrent insuffisantes pour affronter des tâches politiques plus vastes, pour avancer significativement sur le chemin de la révolution.

Il faut donc pallier la relative pauvreté des repères politiques et théoriques spontanément véhiculés par le militantisme étudiant. Or il existe un riche bagage idéologique révolutionnaire auquel on peut puiser, qui s’est accumulé au long des incessantes luttes de classes des deux derniers siècles passés sous la domination capitaliste, et qui fait la synthèse des expériences révolutionnaires les plus avancées. Faire abstraction de cet héritage historique, c’est faire un spectaculaire recul dans la lutte contre la domination bourgeoise et c’est liquider des leçons chèrement payées par les exploité-e-s du monde entier. Il importe au contraire de faire le bilan du mouvement étudiant à la lumière de ces leçons.

Lutter pour transformer un système social nécessite aussi de s’organiser autrement. Pour avoir un mouvement qualitativement différent de celui qui existe, la question n’est pas tant de former une organisation nouvelle, mais d’unir consciemment à partir de principes et sur des mêmes objectifs, à partir du point de vue révolutionnaire et des aspirations à la révolution, une jeunesse qui est depuis trop longtemps emprisonné par des tendances lourdes dans le mouvement étudiant i.e. le réformisme (radical ou non) et la conciliation de classe.

Les étudiantEs révolutionnaires ne visent pas à faire disparaître les associations étudiantes, leurs instances, etc. Les étudiantEs révolutionnaires luttent contre les courants réformistes qui en emprisonnent le mouvement étudiant et cherchent franchement à organiser, à favoriser, à développer un vaste mouvement de lutte idéologique dans le mouvement étudiant et de ce point de départ, favoriser chez les étudiantEs une nouvelle façon de voir leur implication dans le militantisme étudiant, dans leur façon de s’organiser, de lutter.

Le syndicalisme traditionnel ou de « combat » que l’on veut large et démocratique n’amène rien si les fondations sont basées sur le réformisme. Au nom des intérêts strictement étudiantEs, ce mur d’idéologies, de pratiques et de conceptions isolent et particularisent les étudiantEs et leur confèrent une spécificité qui en fait un groupe à part. Il s’en suit deux mouvements qui s’opposent, qui ne mènent pas le même combat. Le premier réformiste se fixe comme objectif l’amélioration d’une position privilégiée. L’autre, révolutionnaire se fixe comme objectif de s’inscrire dans le mouvement plus général de lutte pour abolir le capitalisme et par le fait même les privilèges. Bref, il faut résolument déployer l’esprit de révolte qui anime les masses exploitées, spécialement dans la jeunesse comme l’ont montré plusieurs moments importants de l’histoire, en l’unissant dans la lutte générale du prolétariat pour faire avancer la lutte révolutionnaire. En organisant des jeunes uniEs autour d’un programme révolutionnaire dans un mouvement qui se base sur la mobilisation consciente de la jeunesse et des étudiantEs, qui permet de lutter pour établir pourquoi nous devons combattre et comment le faire.

Ce mouvement nous voulons le construire où se retrouve la jeunesse prolétarienne dans les polyvalentes, cégeps et universités, dans les quartiers populaires et en solidarité avec le peuple. Nous affirmons qu’il faut travailler pour un mouvement étudiant qui s’unisse aux diverses organisations étudiantes démocratiques et anti-impérialistes existantes, pas hypocritement et sans principe, mais par la discussion et la pratique en déterminant ce qui est juste et ce qui est erroné afin de remettre la politique révolutionnaire au poste de commande et qu’enfin le mouvement étudiant ait une politique réellement correcte qui sert le peuple dans son combat contre le système capitaliste.

Nous savons pertinemment bien que notre entêtement à parler de révolution, de critique du système va déplaire aux habitué-e-s des accommodements en faveur de la bourgeoisie. Or, il ne peut y avoir qu’une seule politique qui vaille, celle de mener la lutte de classe. Cette simple idée, les étudiants et étudiantes révolutionnaires la défendent avec acharnement.

Aux insuffisances de la tactique de la radicalisation, nous opposons la nécessité d’un travail communiste indépendant. Nous postulons qu’il faut non seulement « chauffer » les masses, radicaliser les luttes qui seront toujours spontanément générées par les contradictions du capitalisme lui-même, mais encore, d’un même souffle et dès maintenant, construire concrètement le camp de la révolution. Il faut non seulement gagner les militants et les militantes à l’idée de révolution, mais les encourager à s’organiser sur cette base.

Pour exister et faire ressortir la force motrice dont les étudiantEs du prolétariat ont besoin, il faut qu’elle trouve une direction, un centre d’agrégation qui ouvre le chemin à une action collective. Ce centre d’agrégation c’est un ensemble de pratiques, le parti et sa ligne politique.  La révolution est une démarche de lutte, politique, organisée,dont l’objectif est de détruire cette société dans tous ses fondements et construire le monde nouveau. Sa première étape est la prise du pouvoir d’État, pour donner aux prolétariat les moyens de cette transformation. La révolution nécessite donc une orientation, un programme, une vision de la marche au communisme dans ses différentes étapes.

Cela ne peut s’acquérir sans un parti d’avant-garde.

Seul, le mouvement spontané, éventuellement radical et généralisé, peut voir le jour de façon spontanée; pas la révolution. Car les exploité-e-s, dans leur immense majorité, n’envisagent leur avenir que dans le cadre du capitalisme. Leurs luttes s’orientent plutôt vers une meilleure répartition des richesses, une meilleure organisation de la société, sans remettre en cause l’exploitation et la place des producteurs dans la société; elles sont spontanément réformistes.

La colère que provoque l’exploitation, la perte d’emplois, le logement cher, la pauvreté croissante sont la base indispensable au développement d’une politique révolutionnaire. A partir de ces mouvements, les communistes, par leur activité, peuvent amener les travailleurs à en dépasser les limites, à sortir du cadre étroit des rapports immédiats, pour prendre conscience de la nécessité de la transformation de toute la société; du renversement de la bourgeoisie. Dans tous ces combats, orientations réformistes et orientations révolutionnaires s’affrontent.

Pour rendre notre action politique et pratique plus efficace, il faut avoir une stratégie et des tactiques appropriées. Avoir une stratégie c’est beaucoup plus que d’avoir une philosophie d’organisation. Par exemple on sépare généralement le mouvement étudiant en deux. Un, le plus imposant pour l’instant, est le mouvement étudiant dirigé par les courants réformistes dont le moyen d’action principal est la collaboration de classe avec l’État. L’autre, le plus petit se revendique du syndicalisme de combat et d’une certaine distance avec l’État. En apparence les deux camps sont bien divisés. Pourtant, si on y regarde de plus près, on réalise rapidement que les deux courants ont une fonction similaire, objective, qui est celle d’empêcher la jeunesse de développer de réelles pratiques d’action se situant à l’extérieur des règles imposées par la bourgeoisie.

Le syndicalisme de « combat » en lui même est une coquille vide si on ne se pose pas la question de quels sont nos combats? Comment les menons-nous? Qui défendons-nous? Les intérêts de qui sont mis de l’avant? Se contenter comme aujourd’hui de s’auto étiqueter de gauche parce que l’on rajoute le mot combat à syndicalisme c’est oublier que 9 fois sur 10 c’est le syndicalisme platement réformiste qui l’emporte. Il est certes positif de ne pas vouloir s’engager dans la collaboration avec l’État, mais cela amène aussi l’obligation de développer une stratégie pour enligner ce choix.

Les étudiantEs révolutionnaires se fixent comme tâche essentielle dans leurs écoles, quartiers, lieux de travail, de faire passer une majorité des étudiantEs, quelle que soit leur origine de classe sur les positions révolutionnaires. La première marche vers ce mouvement c’est la participation effective d’une tranche significative d’étudiantEs à la lutte à plus long terme pour la reconstruction d’un mouvement étudiant sur de nouvelles bases prolétariennes et révolutionnaires.

Pour nous, la construction d’un nouveau mouvement étudiant ou la déconstruction de l’ancien mouvement, doit passer bien plus par une profonde réorganisation politique et idéologique du mouvement et cette reconstruction est elle-même subordonnée à la construction du Parti. Sans un parti fort, puissant il est illusoire de penser organiser un mouvement étudiant très différent de celui qui existe.

Nous avons besoin de construire un vaste mouvement, qui en pratique et en théorie s’appuie sur les masses les plus exploitées et opprimées par le système impérialiste. Un mouvement de fond qui met en lumière et s‘attaque aux causes de cette exploitation et oppression et non seulement aux effets. Nous avons besoin d’un mouvement qui renforce la tendance existante dans la jeunesse qui voit que c’est seulement par l’élimination complète, ici et ailleurs, du système capitaliste qu’il est possible de résoudre les problèmes du peuple. Bref, il faut résolument déployer l’esprit de révolte qui anime les masses exploitées, spécialement dans la jeunesse comme l’ont montré plusieurs moments importants de l’histoire, en l’unissant dans la lutte générale du prolétariat pour faire avancer la lutte révolutionnaire.

Pour y arriver, nos devons modifier notre approche au militantisme étudiant en mettant de l’avant les principes révolutionnaires qui permettront de donner vie à un tel mouvement.

 

L’anti-capitalisme

Chaque revendication gagnée à l’intérieur de l’ordre actuel n’est rien de plus qu’un gain temporaire et partiel, et bien que nous devons lutter pour conquérir des revendications, des libertés et des droits, nous devons garder comme objectif le renversement du système capitaliste qui domine actuellement dans notre pays et nous devons lutter contre l’État bourgeois pour pouvoir construire une société complètement nouvelle, où plusieurs des problèmes actuels du peuple commenceront à se résoudre de façon permanente et profonde.

 

Le radicalisme

Il faut chercher à résoudre les problèmes à leur racine, et cela demande de renforcer l’organisation des étudiants et étudiantes en opposition au système économique et politique actuel, et de tout son appareil répressif et ses appareils propagandistes. Nous devons élever les luttes économiques et partielles à des luttes politiques, c’est-à-dire des luttes contre le système qui visent à structurer la société et l’État d’une manière radicalement nouvelle. C’est-à-dire qu’il ne faut pas chercher à faire de petites réformes au système actuel, mais bien à lutter pour construire une société totalement nouvelle, dirigée par les travailleuses et les travailleurs pour le bénéfice du peuple.

 

Doit combattre le système

Ce n’est pas en s’intégrant au système capitaliste ou en collaborant avec lui que se gagnent les libertés et les droits. Peu importe les bonnes intentions qu’ont certainEs, peu importe le gouvernement. C’est un système qui détermine que des milliers de jeunes doivent être gardéEs en dehors des écoles, que nous devons travailler pour enrichir une minorité. C’est un système qui fait appel aux forces armées et à la police pour réprimer le peuple quand il se lève. Les véritables transformations révolutionnaires prennent place seulement avec la lutte de millions de personnes contre la minorité d’oppresseurs qui vont défendre leur système par tous les moyens. S’accomoder des failles du capitalisme n’est qu’illusions.

 

Être internationaliste

Les travailleurs et travailleuses des différents pays – qui sont les piliers de la société dans tous les coins du monde – ont de très grandes similitudes et des conditions de vie presque égales. Bien qu’il existe des particularités liées à la domination et l’oppression impérialiste dans diverses parties du monde, celles-ci sont minimes en comparaison des problèmes communs, tandis que les oppriméEs ont des différences très grandes avec les exploiteurs de chaque pays. Dans ce sens, tous et toutes les oppriméEs du monde doivent unir leurs luttes contre leur ennemi commun, en s’alliant avec les masses d’ouvriers, d’ouvrières et de paysanNEs des autres parties du monde, peu importe s’ils et elles parlent espagnol, anglais ou arabe. Les aspirations des peuples du monde sont déjà semblables, bien qu’il faille encore qu’elles se convertissent en la véritable aspiration et la véritable fonction du prolétariat international: être le fossoyeur du vieil ordre et le créateur d’une société nouvelle.

 

Indépendant de l’État et anti-réformiste

L’État est une machine de répression de la classe dominante contre le peuple. Pour progresser, il faut être clair sur cette question. Il faut clairement refuser toutes les propositions de concertation et de conciliation de classes que l’État actuel cherche à nous enfoncer dans la gorge pour nous contraindre à être participantEs à notre propre oppression. De même, le réformisme doit être combattu car il vise à convertir les organisations étudiantes en un appendice de l’État et à les rendre totalement inutiles pour conquérir et défendre des droits – bref les rendre inutiles pour le peuple, mais fort utiles pour les classes exploiteuses.

 

Combattre pour une éducation prolétarienne et scientifique de masse

L’éducation doit servir à l’immense majorité du peuple à construire une société indépendante de l’impérialisme et unie aux peuples du monde complet. Scientifique dans le sens qui permet au peuple de trouver la vérité dans les faits au moyen de la recherche de la société et de la nature et permet de la transformer au bénéfice de l’immense majorité de la population. De masses, dans le sens que toutes les masses du peuple ont accès et ils s’approprient de ce nouveau type d’éducation. Ceci implique combattre pour une éducation gratuite à tous les niveaux, mais cela implique aussi de combattre par un nouveau contenu de l’éducation en fonction de la libération populaire, étant conscients qu’une éducation vraiment au service du peuple et des masses sera obtenue seulement dans une nouvelle société pour laquelle nous devons combattre.

 

Les tâches actuelles des communistes dans le mouvement étudiant:

Pour les communistes, l’intervention dans le mouvement étudiant comporte deux grands champs d’intervention:

1) La lutte révolutionnaire pour assurer l’organisation révolutionnaire des étudiants, pour préparer les conditions permettant aux étudiantEs de se lier avec les masses populaires, mener la lutte de classes et faire la révolution;

2) la lutte pour des revendication immédiates à partir des demandes actuelles des étudiants et étudiantes.

Ces deux groupes de tâches sont indissolublement liés, et aucune ne peut être négligée.

Dans leur tâche pratique, les militantE ÉtudiantEs révolutionnaires mettent de l’avant la nécessité de la révolution, expliquent aux autres étudiantEs en quoi consiste l’actuel système économique-social, expose les fondements du capitalisme au Canada et son développement, dévoile l’existence de classes sociales et de la lutte de classes, le rôle de l’État, ses institutions et sa relation avec la grande bourgeoisie et l’impérialisme, en démontrant que les améliorations aux bénéfices des masses populaires ne sont jamais donnés par générosité des dirigeants, mais doivent êtres arrachés au moyen de luttes.

Dans ce même ordre de tâches, il s’agit aussi d’élever la conscience chez les étudiantEs que les luttes étudiantes doivent être liées aux intérêts du prolétariat et du peuple, en expliquant le rôle historique du prolétariat, les succès et les échecs des mouvements révolutionnaires dans le monde, la nécessité d’un parti révolutionnaire et en menant la lutte idéologique contre le réformisme, le révisionnisme et l’opportunisme dans toutes ses expressions, en défense de l’idéologie scientifique du prolétariat : le marxisme-léninisme-maoísme.

Les tâches de la lutte revendicative des étudiants incluent l’agitation autour des problèmes conjoncturels qui les affectent, celle que passe naturellement à premier plan pour l’instant, vu le niveau de développement des masses. L’agitation entre les étudiants consiste ce que chaque militantE révolutionnaire prenne part dans les manifestations étudiantes, dans la confrontation entre les étudiantEs et l’État qui tente de freiner le mouvement, dans les luttes motivées par des manques en infrastructure, sur l’enseignement, dans des réformes éducationnelles, dans la dénonciation de l’endettement, etc. Les militantEs révolutionnaires devront apprendre à s’orienter devant ces problèmes, à diriger l’attention vers les abus plus importants et à formuler de manière précise et pratique les revendications.

Avec peu d’organisation et peu d’outils de coordination beaucoup de luttes importantes ont été menées. Il faut maintenant y intégrer de nouvelles traditions de lutte, révolutionnaires. Le mouvement étudiant a montré qu’il était capable, dans certaines conditions, à lutter durement pour des revendications démocratiques et économiques. Pour ces combats, le mouvement étudiant a utilisé, en particulier, l’arme de la grève pour réclamer des améliorations au régime d’aide financière, pour la gratuité scolaire, etc.

En général, les luttes menées par les étudiants et étudiantes sont spontanées i.e. le mouvement pratique des masses avance alors que sa prise de conscience, son organisation et sa direction marquent un retard important et ne répondent pas aux tâches de l’heure. Un des enjeux de la période actuelle, est justement la reprise en main par les étudiants et étudiantes de la lutte idéologique, politique, pratique qui permettra l’émergence d’une orientation politique révolutionnaire et prolétarienne chez les étudiants et étudiantes. Cette lutte est propulsée maintenant par des militants et militantes révolutionnaires sincères et sera portée plus loin par l’émergence d’un vaste mouvement étudiant révolutionnaire en mesure de combattre et le capitalisme et mener la lutte révolutionnaire pour le communisme. Sous n’importe quelle forme et dans n’importe quelles conditions, situations, etc. dans les décisions politiques quotidiennes comme dans la lutte, c’est une question de principe pour tout révolutionnaire, toute révolutionnaire, de ne jamais perdre de vue le but final.

Dans la période actuelle, le MER-PCR entend jouer le rôle de noyau révolutionnaire actif dans le mouvement étudiant. Ce noyau s’emploi de manière conséquente à favoriser l’émergence chez les étudiants et étudiantes d’un véritable courrant de lutte de classe. Nous considérons en être, compte tenu du niveau actuel de nos forces et des conditions générales qui prévalent aujourd’hui, au début d’un long processus qui s’amorce avec l’obligation de déployer largement la propagande révolutionnaire dans le mouvement étudiant.

Bien sûr, il existe des organisations, réformistes, anarchistes qui prétendent toutes mener la lutte contre le capitalisme. Certaines d’entre-elles sont plus anciennes, mieux établies dans le mouvement étudiant et possiblement plus influente aussi. Mais aucune n’a démontré jusqu’à présent une réelle volonté à former et organiser le mouvement étudiant de façon différente de celui qui existe présentement.

Pour l’instant, et compte tenu de nos forces, ce que nous combattons ce sont les tendances et groupements, les idées et conceptions liéEs à la bourgeoisie, au réformisme, etc. En mettant de l’avant la perspective révolutionnaire. Les moyens pour accomplir ce travail sont l’agitation et propagande communiste, l’intervention communiste indépendante dans les luttes revendicatives justes.

Nous interviendrons dans ces luttes en soulignant l’importance d’une direction idéologique claire ayant des perspectives claires. Dans notre participation à la lutte étudiante nous lutterons pour conserver toute notre autonomie vis-à-vis des associations étudiantes en visant plutôt à descendre plus bas dans le mouvement, vers les larges masses étudiantes dans les cégeps, universités et polyvalentes.

Nous encouragerons systématiquement les étudiants et étudiantes à s’organiser et lutter autour du point de vue communiste et révolutionnaire dans le mouvement étudiant en cherchant toujours à séparer l’intérêt du prolétariat de l’intérêt bourgeois et ce, quelque soit le niveau de mobilisation ; en faisant prévaloir l’intérêt collectif et à long terme du prolétariat sur les intérêts sectoriels et à court terme ; en menant des luttes qui correspondent aux intérêts du prolétariat et des masses populaires, qui unifient le camp de la révolution et divisent le camp de la bourgeoisie. Nous entendons lutter dans le mouvement étudiant contre toute conception ou tendance à fonder son action sur les libertés que la bourgeoisie consent. L’accumulation des forces révolutionnaires ne peut se faire dans le cadre des procédures et des libertés inscrites dans les constitutions de la bourgeoisie. Celles-ci ne valent que dans la mesure où elles sont utiles à la bourgeoisie pour conserver son pouvoir et garder soumis le prolétariat et les masses populaires.

Nous chercherons à mener l’attaque contre la bourgeoisie et l’État capitaliste et faire de chaque lutte un problème d’ordre public, un problème politique qui débouche sur la lutte pour le socialisme et le pouvoir prolétarien.

Nous favoriserons l’utilisation des moyens de luttes les plus variés qui s’appuient sur la mobilisation la plus large. En général, les luttes étudiantes, en dehors des manifestations nationales, demeurent trop souvent circonscrites aux institutions en grèves ce qui fait en sorte que le mouvement en arrive à se couper jusqu’à un certain point de l’ensemble de la société. Il faut au contraire viser une participation massive et travailler vers l’extérieur plutôt que de demeuré-e-s prisonniers et prisonnières de nos cégeps, universités et polyvalentes.

C’est pourquoi le MER invite les étudiants et étudiantes, les militants et militantes de la jeunesse qui sont globalement d’accord avec ces perspectives, à construire avec nous le mouvement révolutionnaire étudiant, réponse des jeunes du prolétariat au mouvement étudiant actuel, dominé par le réformisme.