La crise à la FÉUO, et comment nous en sortir

Jusqu’à présent, on a à peine gratté la surface en ce qui concerne la crise financière de la fédération étudiante (FÉUO). En tant qu’organisation militante anti-capitaliste active sur le campus depuis maintenant 6 ans, nous avons participé, observé et lutté avec la FÉUO pendant un bon bout de temps et pris en note les faiblesses structurelles qui mènent à son effondrement inévitable en tant que lieu de pouvoir pour les étudiant.es sur le campus. C’est pourquoi les membres fondateurs de l’organisation qui nous a précédé, l’Association des étudiant.es marxistes, ont divergé de l’approche politique prise par le noyau militant gauchiste qui luttait pour le contrôle de la FÉUO à la fin des années 2000[1]. La crise actuelle est un autre signe du pourrissement des idées libérales dans la FÉUO, et les étudiant.es dans leur ensemble sont affecté.es.

Malheureusement, le problème va plus loin que la situation budgétaire de cette année. Le courant politique qui en mène large à la FÉUO est principalement le résultat d’une prise de pouvoir par des politicien.nes étudiant.es libéraux et social-démocrates avec l’appui de militant.es radicaux vers la fin des années 2000. Les militant.es qui allaient former l’Association des étudiant.es marxistes faisaient partie d’une coalition élargie de militant.es en lutte contre les frais de scolarité et en soutien à d’autres causes progressistes, comme l’opposition aux guerres impérialistes. Un des moments forts de cette époque a été la fois où des centaines d’étudiant.es ont manifesté sur le campus contre une allocution d’Ann Coulter, qui a été forcée de l’abandonner, en 2010. Bien qu’elle ne soit jamais passée proche de résister à la hausse des frais et à d’autres mesures négatives de l’administration, la coalition a néanmoins réussi à bâtir une base de soutien assez forte pour dominer la politique étudiante sur le campus pendant plusieurs années, et à réintégrer par référendum la FÉUO à la Fédération Canadienne des Étudiantes et Étudiants (FCÉÉ), un syndicat étudiant social-démocrate qui regroupe des associations de campus (dont plusieurs sont en dispute) à travers le Canada mais surtout en Ontario. Le mouvement combatif et radical qui était derrière cette poussée s’est ensuite progressivement tourné vers des points de vue réformistes et des tactiques bureaucratiques, formant une clique de politicien.nes étudiant.es. En même temps,  à travers l’intégration dans la FCÉÉ (CFS en anglais), les bureaucrates étudiant.es ont positionné la FÉUO dans le réseau des organisations social-démocrates, dominé par des syndicats comme le SCFP (fonction publique) et le Nouveau Parti Démocrate (NPD), faisant de la FÉUO un tremplin et une porte-tournante pour les aspirant.es politicien.nes. En d’autres termes, la FÉUO a été absorbée dans une machine bureaucratique et devenue la proie d’organisations plus importantes.

Plus précisément, une faction du noyau militant initial a poursuivi l’élargissement de la bureaucratie plutôt que de se concentrer sur la construction d’un soutien de masse et d’une démocratie sur le campus. Du haut de leur poste élu en tant qu’exécutifs de la FÉUO, ils et elles ont tissé un réseau de bureaucrates à travers les départements et les divers centres de service de la FÉUO, créant un base d’appui pour transformer la FÉUO comme tremplin vers les organisations syndicales et le NPD. En multipliant les postes et en embauchant leurs partisans – avec la promesse d’avancements futurs miroité par le passage de plusieurs anciens exécutifs vers des postes confortables avec la FCÉÉ, le SCFP et auprès de député.es du NPD – ces bureaucrates ont établi une bonne base qui travaillait continuellement à maintenir ce courant politique en place et à diriger les ressources de la FÉUO et le militantisme sur le campus vers ces objectifs.

Mais pour que le tout se déroule tranquillement, il était nécessaire de protéger la mécanique interne des regards externes. Le peu de transparence et de redevabilité qui existait dans la politique étudiante à uOttawa à l’époque a été la première victime du système. Cela a notamment été rendu possible par le dégriffage du syndicat des employé.es de la FÉUO, le SCFP 4943, pour le rendre incapable de défendre ses membres face au courant politique dominant. Des partisans de l’exécutif se sont fait promouvoir à la direction du syndicat au fil des années pour permettre à leurs ami.es d’affaiblir la capacité de l’entente collective à résister à la direction, ce  qui leur a ouvert la voie pour manipuler l’embauche à leur avantage. Une atmosphère toxique de libéralisme et d’opportunisme s’est installée dans la FÉUO, ce qui a causé beaucoup de douleur parmi les employé.es. Le contrôle bureaucratique a aussi été renforcé par la création du poste de coordination à l’exécutif; cet emploi non-élu, permanent, plutôt confortable et apparemment sans supervision a été taillé sur mesure pour maintenir le libéralisme de la FCÉÉ aux commandes, au cas où malgré tout des postes exécutifs étaient perdus lors d’élection, le plus souvent face à des conservateurs. La FCÉÉ a régulièrement recours à cette tactique dans ses syndicats affiliés. Il va sans dire que ce poste a été occupé par des partisans de la FCÉÉ qui avaient déjà porté le drapeau pour l’organisation et qui ont occupé d’autres postes bureaucratiques au sein du mouvement par la suite. Avec cette approche, les social-démocrates ont pu garder le contrôle pendant un certain temps, malgré une opposition continue de la droite anti-FCÉÉ.

C’est aussi l’énergie des éléments combatifs de la gauche sur le campus qui a été détournée pour alimenter la machine. Tout le fond de combativité et d’autonomie qu’on pouvait retrouver dans les centres de services pour les femmes, pour les personnes queer, pour les personnes avec des incapacités, pour les étudiant.es internationaux et autres, a été redirigé aux mêmes fins. Ces centres avaient été mis en place suite à des luttes intenses de la part de groupes opprimés qui voulaient un centre à partir duquel organiser leur résistance, mais ils ont fini par être cooptés par le courant politique libéral de la FÉUO. De la même manière, le mouvement pour la justice climatique qui émergeait au début des années 2010 a été détourné vers des gains bureaucratiques, et les victoires plus récentes issues d’un travail de masse intense, comme la U-Pass et l’assurance-santé, ont été gérés comme de simples services « apolitiques », servant à justifier plus bureaucratisation. Ça explique en partie l’écart entre les cotisations payées pour l’assurance-santé et les coûts, que la FÉUO a laissé s’accroître depuis 2011; l’assurance-santé n’était pas considérée un intérêt matériel pour les étudiant.es, nécessitant une lutte constante. C’est comme ça que la FÉUO a commencé à perdre de son efficacité même dans les services de base, surtout envers les étudiant.es qui en ont le plus besoin. Chaque scandale qui a fait les manchettes était  que la machine était à bout de souffle, de la débâcle des feux d’artifice au Yogagate, des licenciements en masse du printemps passé aux files d’attente interminables pour la U-Pass de cet automne.

Le plus triste dans toute l’affaire est peut-être que le leadership libéral sur la FÉUO a été incapable de s’attaquer aux problèmes émergeant sur le campus. Les ravages de la culture du viol et du harcèlement sexuel, les tentatives d’une professeure d’organiser un groupe anti-féministe, misogyne et transphobe, par exemple, requièrent une action de résistance de masse. Des individu.es au sein des assos étudiantes sur le campus ont certes fait du bon travail, menant notamment à faire parler publiquement de la question de la culture du viol et des instances spécifiques de harcèlement et de violence, mais l’enjeu a jusqu’à maintenant été laissé entre les mains de l’administration. Il faut bâtir le pouvoir des étudiant.es, surtout celles qui sont opprimées par le genre, pour pouvoir se défendre contre de telles menaces. C’est pourquoi nous proposons de nous organiser pour combattre l’organisation anti-féministe mentionnée ci-haut, un groupe dénommé CAFE, qui nie activement l’existence de la culture du viol et qui considère les féministes comme un danger, tout en accueillant dans ses rangs des militants islamophobes et suprémacistes blancs. De même, le cafouillage honteux de l’administration dans la perte des données personnelles d’étudiant.es ayant eu recours aux services d’accessibilité est un enjeu qui demande une réponse plus militante. Sous le contrôle démocratique de la masse des étudiant.es, la FÉUO pourrait être mise au service de telles campagnes.

On peut en dire autant en ce qui concerne la lutte contre les frais de scolarité, qui est souvent utilisée pour justifier l’existence de la FCÉÉ mais pour laquelle des résultats concrets se font toujours attendre. La stratégie de la FCÉÉ consiste essentiellement à faire du lobbying auprès des politicien.nes, sous le couvert d’un discours progressiste et d’une journée d’action tous les 2 ou 3 ans. Lors des moments de lutte les plus intenses des dernières années, la FCÉÉ et la FÉUO n’ont fait presque aucun effort pour exprimer leur solidarité envers le mouvement étudiant québécois et pour en tirer des leçons, alors que c’est le seul mouvement à avoir eu le moindre succès au Canada en termes de lutte contre les frais. En 2015, alors qu’une nouvelle tentative de lancer une grève étudiante faisait face à une répression intense, et alors que le MER organisait une journée d’action en solidarité, la FCÉÉ et ses acolytes locaux étaient trop occupés à réseauter sur la colline parlementaire pour accorder leur attention. Au mieux, la FCÉÉ organise une « journée d’action » tous les 5 ans environ, histoire de montrer un peu de combativité, mais ces efforts ne font rien pour miner le pouvoir du gouvernement bourgeois et de ses administrations universitaires. Le fait que l’université ait augmenté ses frais une onzième année consécutive, y compris une hausse exponentielle pour les étudiant.es internationaux, devrait suffire à s’interroger sur l’approche qui a été préconisée tout ce temps.

Depuis le début, avec l’Association étudiante marxiste et ensuite avec le MER, nous appelons à prendre une autre voie, à s’attaquer aux racines du système. Nous nous sommes rendu compte que la lutte contre les frais de scolarité faisait partie d’un combat plus vaste contre notre exploitation et notre oppression en tant que classe; les cadres définis par l’État oppresseur et ses institutions sont créés pour nous désarmer et nous manipuler. En tant qu’étudiant.es de la classe ouvrière, nous devons nous lier à la grande lutte pour la libération; et dans notre contexte particulier, ça veut dire de construire un contre-pouvoir pour défendre nos intérêts et accumuler les victoires.

C’est pourquoi en 2013 et en 2014 nous avons fait campagne, avec succès, pour les assemblées générales (AGs), et ce malgré l’opposition de groupes bien en vue comme les ailes du Parti Libéral et du Parti Conservateur sur le campus. Ça a été plus difficile depuis d’utiliser efficacement les AGs, mais nous allons continuer d’encourager les étudiant.es à y avoir recours, et cette année, les étudiant.es de la classe ouvrière ont toute une occasion pour retourner les choses en leur faveur.

Les politicien.nes social-démocrates qui ont dominé la FÉUO pendant toutes ces années et fait tombé tant de militant.es dans leur piège, constituent une véritable clique d’étudiant.es petit-bourgeois, qui essayent d’utiliser le pouvoir de leurs postes bureaucratiques pour avancer en se tissant une base de supporteurs loyaux. Il est intéressant de noter d’ailleurs que la première vague de ces politicien.nes étudiant.es étaient dans leur grande majorité d’origine blanche et colonisatrice, alors que la vague plus récente qui leur a succédé sont pour la majorité d’origines racialisées et issues de nations colonisées, et ce sont ces derniers qui doivent ramasser tous les pots cassés alors que leurs prédécesseurs sont parvenus à des postes bien confortables, plus haut dans la chaîne de commande. Ces politicien.nes petit-bourgeois ont fait assez de dommage comme ça, et on ne peut leur permettre de reprendre le leadership du militantisme de gauche. Plus que jamais, les étudiant.es de classe ouvrière doivent forge leur propre voie et organiser leur propre pouvoir.

Le MER-RSM poursuivra ses efforts pour organiser les étudiant.es en ce sens. Si vous voulez participer à nos initiatives, venez à nos prochaines réunions et rejoignez les luttes en cours! Rien n’est perdu! Avec un travail de masse et de l’organisation, nous pouvons non seulement renverser la crise mais faire de notre syndicat étudiant une arme puissante au service du peuple!

[1] Sur ce sujet, vous pouvez trouver sur internet et lire une analyse détaillée écrite en 2010 par un des militants de l’époque, intitulée « Whither the student movement in Ottawa »

LE MER-UOTTAWA CONDAMNE L’ASSAUT RENOUVELÉ D’ISRAËL SUR LA PALESTINE

Le Mouvement étudiant révolutionnaire de l’Université d’Ottawa en partenariat avec GRIPO — Ottawa dénonce l’assaut continu par l’état israélien sur les Palestiniens de la bande de Gaza. Cet assaut a déjà produit des milliers de Palestiniens morts et blessé, dont la grande majorité est civile (des enfants, femmes, hommes et personnes âgées non militaires).

En écrivant cette déclaration, on souhaite exprimer notre solidarité avec la lutte palestinienne pour mettre fin à l’oppression coloniale et au nettoyage ethnique dont ils sont victimes dans leur propre territoire. On veut exprimer nos condoléances et peines profondes aux familles des victimes de ces actes israéliens atroces.

L’état israélien est engagé dans un massacre intensifié contre les Palestiniens pour presque trois semaines. Puisque l’Israël est un allié historique de l’impérialisme occidental, et particulièrement de l’impérialisme étatsunien, les gouvernements des États-Unis, du Canada et de l’Europe ne cessent pas à renforcer ce massacre sans remords par des moyens diplomatiques, militaires et financiers.

Penadant que l’Israël continue a massacré les Palestiniens dans la bande de Gaza et à violer la loi internationale, la communauté internationale ne fait rien. Le général-secrétaire des Nations-Unies, Ban Ki-Moon, démontre cela en exprimant sa version atténuée de la réalité: « Le peuple de Gaza n’a pas d’option pour s’évader. Ils sont enfermés dans un territoire minuscule et encerclé. Chaque quartier est un quartier civil… » Pourtant, Il n’y a aucune action effective de la part de l’ONU.

Le gouvernement israélien a utilisé l’enlèvement et le meurtre de trois jeunes Israéliens dans la Cisjordanie occupé pour justifier son attaque meurtrière sur le peuple de Gaza, toutefois les investigateurs israéliens travaillant sur la disparition et le meurtre des trois jeunes n’ont établi aucune connexion à Hamas ou à la bande de Gaza. La raison véritable pour l’offensive est le refus israélien envers une entente de paix avec les Palestiniens et son but est de briser la nouvelle unité politique entre le Hamas en Gaza et le Fatah dans la Cisjordanie occupée. Ceci démontre encore que le seul intérêt de l’établissement israélien est l’oppression continue des Paléstiniens.

Cependant, les médias bourgeois travaillent sans cesse à justifier les actes sanguinaires d’Israël selon le « droit à l’autodéfense », malheureusement ce droit n’est jamais également accordé au peuple palestinien opprimé. Ce « droit » est exploité par l’Israël comme justification pour le bombardement des hôpitaux, des écoles, des résidences et même des refuges de l’ONU dans la bande de Gaza, résultant dans la mort de civils en cherche d’abri. L’assaut courant est un autre chapitre dans la mission de l’État d’Israël pour renforcer l’apartheid et un nettoyage ethnique complet contre le peuple palestinien. La classe dirigeante au Canada et d’autres pays occidentaux, à travers leur média, expriment clairement leurs supports pour ces ambitions sanglantes. Pour eux, une guerre contre les Palestiniens est simplement une opportunité pour s’engraisser.

En appuyant l’Israël, les gouvernements occidentaux tel que celle du Canada appuie une des forces les plus violentes et rétrograde au Moyen-Orient. Les Palestiniens de la Cisjordanie occupée souffrent de l’abaissement et de la violence quotidiennement, soit aux points de reprise israélienne ou par la violation israélienne continue de leurs droits humains fondamentaux. Les travailleurs palestiniens se font exploiter par les bourgeois israéliens qui opèrent leurs usines dans le territoire occupé, ce qui leur permet à payer des salaires particulièrement bas sans fournir de droits ouvriers. Non seulement est-ce que l’appui de l’état israélien renforce l’oppression historique des Palestiniens, elle prive les habitants d’Israël de paix, de sécurité et d’espoir pour un futur amélioré.

L’Israël doit cesser son attaque sur le peuple de la bande de Gaza, enlever le blocus illégal, arrêter l’apartheid dans la Cisjordanie occupée et reconnaitre le droit du peuple palestinien à leur territoire dont ils se font expulsé sans cesse depuis 1948. Arrêtez le massacre du peuple palestinien! Arrêtez l’occupation et l’oppression israélienne!

DES NOUVELLES DES CAMARADES L’UNIVERSITÉ D’OTTAWA

L’Association des Étudiantes et Étudiants Marxistes de l’Université d’Ottawa est impliquée avec le Mouvement Étudiant Révolutionnaire (MER) depuis sa conception. Lors des dernières années, notre mouvement s’est agrandi de façon étonnante autant à Ottawa que dans le reste du Canada. Le MER s’est répandu dans plusieurs provinces et nous avons établi de nouvelles organisations sur de nombreux campus. Ici à l’Université d’Ottawa, nos capacités d’organisation se sont aussi grandement développées. Ce fut une bonne année. Cependant, comme l’AÉÉMUO a un nom différent des autres sections du MER nous avons commencé à discuter des étapes requises afin de formaliser le MER en tant qu’organisation (i.e. s’éloigner d’une série d’organisations indépendantes en faveur d’une structure, de politiques et de méthodologie communes).
 On nous demande souvent quelle est la relation qu’a le club avec le MER. Bien que l’Association des ÉtudiantEs Marxistes l’Université d’Ottawa a toujours été en faveur de la construction d’un MER formel, notre organisation précède l’effort pour établir un MER, d’où la différence de nom entre les deux organisations. Le nom Association des ÉtudiantEs Marxiste l’Université d’Ottawa reflète également une approche différente dans l’organisation des étudiantEs que celle qui existe actuellement. Au moment de la formation de l’Association nous étions surtout concentrés sur l’étude et la théorie davantage que sur l’aspect pratique. Cette ligne a été corrigée lors de la construction du MER national. L’Association des ÉtudiantEs Marxiste de l’Université d’Ottawa souhaite éliminer toute ambiguïté au sujet de sa relation avec le MER. C’est pourquoi nous changeons officiellement le nom de l’organisation à « Mouvement Étudiant Révolutionnaire – Université d’Ottawa ». 
Nous croyons que ceci reflète mieux notre méthode d’organisation. Ceci nous unit aussi avec les autre MER à Montréal, Québec, Guelph, Toronto et même ici à Ottawa à l’Université de Carleton et au collège Algonquin. Mais surtout, nous faisons ceci pour montrer que nous sommes sans équivoque en faveur de la construction d’un mouvement canadien d’étudiantEs révolutionnaires uniEs et que nous avons pleinement confiance dans le processus déjà en cours. Nous invitons tout le monde qui souhaite faire partie de ces efforts à participer à la troisième Conférence Nationale de la Jeunesse et des ÉtudiantEs Révolutionnaires qui se tiendra le 1-2 mars à Montréal.

Pourquoi la Grève?

Aux étudiant-e-s au premier cycle à l’université d’Ottawa,

L’année dernière, l’université d’Ottawa est devenue la première à se doter d’assemblée générale comme corps décisionnel suprême dans leur fédération étudiante. Pour continuer cet élan, le Mouvement étudiant révolutionnaire demande pour une grève étudiante au printemps 2015 pour se battre contre nos frais de scolarité élevés ainsi que contre le nouveau code de conduite qui est en tain de se faire introduire de façon silencieuse par l’université cette année. Ce document expliquera d’avantages sur ces deux enjeux importants et répondra aux questions des étudiant-e-s qui s’interrogent sur la nature d’une grève.

1) Les frais de scolarités sont-ils si pires que cela?
Oui. Nos frais ont augmenté de façon consécutive pendant 9 ans. Cette année, les frais ont monté de 3% pour les étudiant-e-s locaux, 5% pour ceux dans des programmes professionnels et de 10% pour les étudiant-e-s internationale. Pendant ce temps, la qualité de notre éducation diminue. Nous avons des classes de plus en plus grandes, des salles de classe inaccessibles et des programmes se font couper. Les étudiant-e-s n’ont pas accès à de bons espaces d’étude et ils/elles payent beaucoup trop cher pour rester dans les résidences. Plusieurs ont des emplois à temps partiel ou temps plein (parfois plus d’un!) pour être capable se payer l’école et ceci leur cause plus de problèmes dans leurs études en conséquence de leur division de temps. Les frais de scolarités sont donc un grand obstacle pour les étudiant-e-s

2) Et notre représentation au bureau des gouverneures (BdG)?
Oui elle existe, mais l’histoire nous démontre qu’elle ne peut faire grand-chose. Cette année, le représentant des étudiant-e-s au premier cycle, Vincent Mousseau, a présenté une résolution pour un gèle des frais de scolarité pour l’année 2014-2015. Sa camarade étudiante Myriam Whalen à elle aussi proposer une résolution qui pourrait considérer un gèle. Les deux résolutions furent défaites par une grande majorité du BdG. Il est donc clair que le BdG ne va pas considérer des alternatifs à l’augmentation des frais qu’il n’est pas près à travailler avec les étudiant-e-s. La FÉUO tente la même tactique supportée par de petites manifestations étudiantes année après année, mais sans succès. Pourquoi? Parce que nous avons seulement 3 sièges au BdG. Les étudiant-e-s au Québec n’ont pas ces problèmes. Leur frais de scolarité le plus bas du pays n’est pas le produit d’une participation étudiante sur un BdG mais d’une culture forte de militantisme et de grève. Si nous voulons véritablement bloquer les hausses, il faut considérer la grève comme notre arme la plus puissante.

3) C’est pas un peu extrême de faire la grève? Pourquoi ne pas utiliser d’autres tactiques comme les manifs ou les pétitions?
La grève est un dernier recours. Les autres tactiques ont déjà échoué par le passé. Cependant, elles pourraient avoir plus d’impact dans le contexte d’une grève. La grève doit nécessairement inclure une palette d’actions pour être efficace. Cela peut inclure des marches, des occupations, des actions artistiques, des vigiles; on ne peut négliger aucune tactique tant qu’on les mette au service des demandes de la grève et qu’elles soient décidées par les étudiant.e.s. Il doit aussi y avoir une escalade des actions tout au long de la grève pour plus d’impact.

4) Mais les grèves c’est au Québec que ça se passe, on n’a pas la culture pour ça ici… On n’a pas encore la culture.
La culture des grèves n’est pas apparue spontanément au Québec. Elle se construit depuis 1968 avec une série de grèves qui visaient à ouvrir l’éducation postsecondaire à la classe ouvrière. Il y a eu deux autres grèves en 1974 et ainsi de suite, jusqu’à aujourd’hui alors que les associations étudiantes québécoises planifient une autre grève pour le printemps 2015. Contrairement aux pionniers de 1968, on peut s’appuyer sur toute l’histoire des grèves au Québec, et de la même manière nos luttes pourront aider les étudiant.e.s au Québec et partout au Canada pour faire des gains.

5) La grève a-t-elle une fin?
La grève durera aussi longtemps que les étudiant.e.s le souhaitent. Pour que la grève ait lieu il faut que la masse des étudiant.e.s soient mobilisé.e.s et en solidarité. Les étudiant.e.s peuvent voter pour mettre fin ou pour prolonger la grève à n’importe quel moment; l’idée c’est qu’on décide quand elle se termine, pas l’université.

6) Ça risque de compliquer la fin de mon programme, non?
Oui, une grève pourrait retarder la session et l’obtention de votre diplôme. Mais la dette et les frais en hausse ont le même effet. Plusieurs étudiant.e.s lâchent l’école plusieurs fois avant de terminer leur programme pour travailler afin de payer leurs études. La grève est un moyen de renverser la hausse des frais et la dette montante, sinon on laisse un passe-droit à l’université pour nous exploiter.

7) Ça veut dire quoi pour les étudiant.e.s diplomé.e.s?
Étant donné que les étudiant.e.s diplomé.e.s sont regroupé.e.s sous une autre fédération (la GSAÉD), ils et elles ne sont pas concerné.e.s par ce vote de grève. Nous enjoignons tout de même la GSAÉD à aller en grève à nos côtés. Un campus uni ne sera jamais vaincu!

8) C’est pas un peu égoïste tout ça?
Non, puisqu’aucun étudiant.e n’a eu son mot à dire sur la hausse des frais. La plupart d’entre nous préfèreraient épargner pour l’avenir étant donné la situation de l’emploi. On ne parle pas d’avarice, mais simplement de survie et de bonheur. Les intérêts nous écrasent et beaucoup d’entre nous ne réussiront jamais à tout payer, peu importe les efforts et la persévérance. En plus, si les frais de scolarité suivent le même rythme notre génération ne pourra pas envoyer ses enfants à l’école. On ne parle pas juste de sauver un peu de change, on soutient que ce modèle d’éducation n’est pas durable.

9) Je trouve les frais abordables, pourquoi ça me concernerait?
Les enfants de ta génération ne pourront peut-être pas en dire autant; même nos frères et sœurs plus jeunes auront de la misère à payer si on ne se bat pas maintenant. Il faut aussi penser à nos camarades de classe et à tous ceux et celles qui voudraient aller à l’université, mais qui ne peuvent pas se le permettre.

10) Qu’arrivera-t-il si la grève échoue?
L’échec est toujours une possibilité, mais il y a aussi la possibilité d’une victoire. Si la grève échoue, nous continuerons d’essayer jusqu’à nous ayons éliminé les frais universitaires et permis l’accès à une éducation gratuite. Nous continuerons d’essayer jusqu’à ce que nous vaincrons. S’il vous plait, votez en faveur de la grève ; nous n’avons rien à perdre si ce n’est les frais universitaires ; nous avons un monde à gagner.

Solidairement,

Le Mouvement Étudiants Révolutionnaire