Étudiant.es d’Ontario, levons-nous! Le Printemps rouge arrive!

Les ennemis du peuple à la tête du gouvernement, toujours aussi fidèles aux intérêts des capitalistes, viennent de porter un coup dur aux étudiant.es de la classe ouvrière. Cette fois-ci, ils font augmenter le coût de l’éducation d’une manière assez sournoise : après avoir d’abord annoncé une coupure de 10% des frais de scolarité pour l’année 2019-2020, ils ont ensuite promis que les frais seraient gelés au même montant pour l’année suivante. Mais il ne s’agissait là que d’un mirage pour cacher la vraie nouvelle. Des changements beaucoup plus importants seront ainsi apportés au système des prêts et bourses du RAFÉO. Comme toujours, à mesure qu’on s’aventure derrière les effets d’annonce et la rhétorique, on se rend compte que l’unique but du gouvernement pour le système d’éducation est de former une génération de travailleurs et travailleuses équipés spécialement pour les emplois dans lesquels on veut nous exploiter, tout en nous imposant la discipline via la dette et la propagande.

 

En quoi consistent ces changements? Premièrement, la période de grâce post-graduation de six mois est éliminée, donc l’accumulation des intérêts sur la dette débutera immédiatement après l’obtention du diplôme. Ça veut dire que les étudiant.es accumuleront plus de dette et plus vite qu’avant. Bien des étudiant.es se verront aussi poussé à accepter des emplois en-dehors de leur domaine d’étude. On verra alors l’écart se creuser encore plus entre la classe ouvrière et la bourgeoisie : les étudiant.es de classe ouvrière vont s’endetter massivement et n’auront pas le temps de chercher du travail dans leur domaine parce que forcé.es à rembourser leurs prêts. Le deuxième changement sera apporté à la façon de calculer le financement disponible,  avec dorénavant un plafond de la proportion de bourses fixé à 50%. Ce changement frappera encore une fois plus durement les étudiant.es de classe ouvrière, vu qu’illes sont en majorité à faible revenu. Auparavant, le ratio bourse-prêt était échelonné selon le revenu et le nombre de personnes dépendantes à charge. Dorénavant, les étudiant.es à faible revenu devront prendre une plus grande part de dette. Les étudiant.es de la classe ouvrière qui ont le moins de capacité à payer les prêts se retrouveront encore plus endetté. Ces changements nous rappellent à quel point notre système éducatif a été bâti pour servir les intérêts des capitalistes. Ces changements renforcent la division de classe entre les étudiant.es et heurtent tout particulièrement la classe ouvrière. Ne soyons pas naïf en pensant qu’un politicien pourrait dans les conditions actuelles nous fournir un système éducatif qui sert nos intérêts. Préparons-nous plutôt à combattre pour en construire un nouveau en résistant à ces changements dans le moment présent et en bâtissant un mouvement pour refonder radicalement notre société. Nous pouvons bâtir un mouvement pour faire la révolution.

 

En plus des coupures, s’ajoute la soi-disant Student Choice Initiative. Le choix a bien sûr déjà été fait pour les étudiant.es par le gouvernement, sans aucune forme de consultation. Le but derrière cette initiative est d’altérer les règles qui entourent les frais accessoires, de manière à permettre aux étudiant.es de se retirer individuellement des services «non-essentiels». La manœuvre sera exécutée de la manière suivante :

  1. Les frais en lien avec les assos étudiantes et départementales seront rendus optionnels. Il est bien de se rappeler qu’en dehors du Québec, ces associations ne sont pas vraiment démocratiques, ni redevables ou en lien avec l’intérêt de la majorité des étudiant.es. Les syndicats étudiants sont malheureusement connus surtout pour leurs scandales de corruption et leurs actions inoffensives partout au pays. Mais mettons les choses au clair : c’est un enjeu que nous, étudiant.es de classe ouvrière, devons résoudre par nous-mêmes, en nous organisant pour rebâtir le mouvement étudiant selon nos intérêts. Que les politiciens enlèvent leur nez puant de nos affaires! De même pour les administrations scolaires, qui essayent tout le temps de saboter notre avenir.
  2. D’autres frais accessoires qui servent principalement les intérêts d’étudiant.es de la classe ouvrière sont aussi à risque. On pense notamment aux banques alimentaires et aux services de garde. Ces frais, considérés « non-essentiels », aident principalement des étudiant.es de classe ouvrière qui ont besoin d’assistance. Ce changement viendra donc privatiser davantage l’offre de ces services. Ces quelques miettes ne répondaient déjà pas suffisamment aux besoins de la majorité des gens, mais cette nouvelle attaque représente une autre tentative des capitalistes de faire des profits sur notre misère.

 

La plupart des groupes étudiants, y compris ceux de gauche qui s’opposent aux hausses de frais, ont adopté une position simpliste rejetant tout le blâme sur un gros méchant – Doug Ford, le premier ministre de l’Ontario.  C’est certainement un homme cruel, mais nous faisons face à des changements qui dépassent les actions d’un seul homme – ce sont les politiques du Parti Conservateur au pouvoir. Et pour remonter plus loin encore, ce sont les résultats logiques du fonctionnement de l’État canadien, à travers ses échelons fédéral, provincial et municipal. C’est le résultat d’un système qui sert exclusivement les intérêts d’une classe dirigeante composée de capitalistes richissimes. Il nous manque encore une éducation universelle, gratuite et sans barrières. Il nous manque encore un système d’éducation qui sert le peuple. Au lieu de ça, nous avons un système qui nous force à nous endetter pour devenir suffisamment qualifié à travailler pour des patrons capitalistes. Notre système d’éducation ne fait que reproduire la société telle qu’on la connaît – une société bâtie selon une logique oppressive et carrément criminelle de relations capitalistes, colonialistes et impérialistes. Ce système ne nous aide aucunement à créer un avenir meilleur, un monde différent. Et les personnes qui ne peuvent se permettre les études supérieures sont obligées d’accepter du travail de plus en plus précaire, mal payé et épuisant, qui suffit à peine pour avoir les moyens de survivre.

 

On a raison d’être indigné face aux actions de ce gouvernement. Mais on ne réussira pas à changer les choses simplement avec notre indignation morale et à travers des réactions impulsives à chaque mauvaise nouvelle annoncée par ce gouvernement. Les étudiant.es, travailleurs et travailleuses doivent s’organiser autour d’objectifs à long terme. Nous devons nous unir dans une lutte pour un monde meilleur, comme nous le voulons. Nous ne pouvons plus rester dispersés et sur la défensive tout le temps!

 

Ce gouvernement a déjà lancé une offensive contre tous les membres de la classe ouvrière dans la province, en nous dépouillant de l’augmentation du salaire minimum, si petite et tardive qu’elle était. Il nous a attaqué en nous volant les quelques congés maladie payés qui nous étaient garantis, de même que d’autres nécessités de base sur le lieu de travail. En droite ligne avec le patrimoine d’oppression coloniale de ce pays, il a effacé tout le travail qui a été fait pour intégrer les pratiques, coutumes et traditions des peuples autochtones dans les cours de géographie, d’histoire et d’études sociales au primaire et au secondaire. Il a forcé les écoles secondaires à revenir à un programme d’éducation sexuelle dépassé, annulant ainsi des années de progrès dans la compréhension de relations plus saines. Il a dépouillé les communautés francophone de l’Ontario de financement pour leurs programmes éducatifs. Ce gouvernement a déjà causé tant de souffrance, et il s’apprête à en apporter encore plus!

 

Voilà pourquoi nous appelons toutes les communautés, groupes et personnes lésées et indignées par ces attaques envers le peuple à se joindre à nous pour prendre les choses entre nos mains. Nous appelons à une grève d’une journée et à des manifs le 15 février à midi. Nous allons organiser des sorties de classe à travers la province, et nous allons avoir besoin de votre solidarité et votre appui!

 

Notre visée est de faire progresser la résistance et nous appelons donc tous les étudiant.es en Ontario à rejoindre notre journée d’action pour un Printemps Rouge le 20 mars! Des étudiant.es d’à travers le pays vont se mobiliser pour une grève d’une journée afin de fermer les écoles et de faire valoir les cinq revendications suivantes:

 

  1. Une éducation au service du peuple, pas du profit!

L’éducation doit servir les intérêts du peuple, pas les entreprises et leurs profits. Tout le monde doit avoir accès à l’éducation post-secondaire. La recherche doit être menée pour le bénéfice de tout le monde, et non pour le bénéfice des capitalistes et de leurs guerres. Une éducation démocratique et scientifique devra remplacer le programme actuel qui reflète des valeurs impérialistes, colonialistes et patriarcales. L’éducation doit nous préparer à lutter pour la justice et la libération, pas simplement nous préparer à nous faire exploiter au travail.

  1. Des stages payés garantis pour tout le monde

Les stagiaires sont des travailleurs et des travailleuses qui méritent d’être payé équitablement pour le même travail qui est effectué dans leur domaine. Plus de 300 000 stagiaires ne reçoivent pas de salaire adéquat à travers le Canada. Le temps est venu de mettre fin à l’exploitation sans paye imposée par les patrons aux employés stagiaires!

  1. L’abolition des frais de scolarité à tous les niveaux d’éducation! L’effacement de toute dette étudiante!

Les banques et le gouvernement exploitent les étudiant.es comme une véritable vache à lait, à mesure que les frais de scolarité et l’endettement deviennent insoutenable pour la majorité d’entre nous. Fini d’être tenu en otage par ces charlatans qui nous font payer les yeux de la tête pour un besoin de base!

  1. Un accès sans entrave à l’éducation supérieure pour les autochtones et un volet anti-colonial dans tous les programmes!

Le Canada est un État colonial qui a été érigé sur un territoire volé et via le génocide des nations autochtones. Tous les peuples autochtones doivent avoir accès sans entrave à l’éducation post-secondaire. Nous appuyons la création de départements, de collèges et d’universités indépendantes sous le contrôle des peuples autochtones. Le système d’éducation doit favoriser les cultures et les langues autochtones et inclure un volet anti-colonial obligatoire dans tous les programmes.

  1. Un contrôle démocratiques des institutions post-secondaires!

Les universités et les collèges doivent être dirigées par le peuple, et non par des conseils de gouverneurs non-élus remplis de représentants du grand capital. Nous voulons l’abolition des conseils de gouverneurs. À la place, les écoles seront dirigées par des comités élus lors d’assemblées générales composées des étudiant.es, des professeur.es, du personnel de soutien et des membres de la communauté.

 

Nous pouvons et nous allons nous battre, mais pour gagner, il faudra faire plus que de simplement repousser les réformes nuisibles qu’on nous jette dessus sans arrêt et qui nous empêchent de nous organiser pour résister efficacement. Notre seul espoir de gagner est de bâtir un mouvement étudiant et ouvrier capable de soutenir une lutte prolongée. Ce mouvement va s’accroître à travers chaque lutte, jusqu’à l’avènement d’un monde où l’éducation sert le peuple et non le profit, et où la société sera régie non par l’oppression et l’exploitation, mais par le support mutuel et la solidarité au sein de la classe ouvrière. Afin d’atteindre cet objectif, nous devons mettre fin au capitalisme et au système d’éducation capitaliste. À l’heure actuelle, ça veut dire qu’il faut se rassembler et contre-attaquer.

Rejoignez-nous partout à travers l’Ontario le 15 février, et d’un bout à l’autre du pays le 20 mars. Soyons l’étincelle qui mettra le feu à la plaine et fera tomber en flammes ce vieux système, illuminant la voie vers un monde nouveau!

 

À bas les frais, les dettes et les barrières à l’éducation!

Osez lutter, osez vaincre!

Le comité de coordination du MER-RSM

Pour savoir comment vous impliquer, écrivez au: info@mer-rsm.ca

Trouvez-nous sur facebook: https://www.facebook.com/RevolutionaryStudentMovement/

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